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Auto-diagnostique

 
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sico
Plume de Kookaburra


Inscrit le: 08 Nov 2007
Messages: 827

MessagePosté le: 10/05/2012 22:42:26    Sujet du message: Auto-diagnostique Répondre en citant

Stephen King énonce dans "Ecriture" la règle impérative si l'on espère écrire bien, et surtout si on espère écrire assez bien pour être publié. Lire beaucoup, écrire beaucoup.
Honnête avec moi-même, je reconnais volontiers que jusqu'à dix-huit ans je ne lisais que modérément et n'écrivais que modérément, avec en plus une sale tendance à ne jamais lire en entier les livres qui me tombaient entre les mains, de même
que je commençais souvent cinq histoire pour n'en finir qu'une, et encore, j'en restais le plus souvent au premier jet.
Fort d'avoir lu les commandements du maître de l'épouvante pour affuter son marteau à encre, je me suis mis à lire beaucoup plus, à commencer et à finir des romans de genre divers, et à en recommencer un autre chaque fois que j'avais fini le précédent. Et je poursuis à ce rythme jusqu'à ce soir, en trouvant tout de même étrange que je me fasse un devoir de lire, et plus vraiment un plaisir, en trouvant étrange que je me force de plus en plus.

Pourtant la lecture constitue la partie facile du travail d'écrivain, parce que le boulot a déjà été fait par quelqu'un d'autre quand vous lisez un roman, et que vous pouvez vous laisser porter par l'histoire, au sens propre du terme. La partie ardue de cette activité - et merde, je ne vous apprends rien - c'est l'écriture.
Bien sûr, je ne parle que de ma propre situation. Oubliez l'enthousiasme de l'auteur qui affirme que le temps qu'il consacre à écrire est pour lui une véritable récréation. Oubliez qu'on écrit mieux quand on est sobre. Oubliez qu'on écrit mieux défoncé, ou légèrement ivre. D'ailleurs, oubliez au passage que l'écriture a un jour été un plaisir pour vous, peut-être parce que vous étiez gosse et que vous ne réalisiez l'effort que vous demanderait plus tard d'écrire la première ligne de votre putain d'histoire, souffler, laisser traîner les choses pendant deux, trois, quatre jours, deux semaines, six mois. Oubliez que vous avez un jour considéré l'écriture comme un loisir et non comme une putain de matière à réviser tous les soirs que vous en ayez envie ou non, parce que vous vous êtes fixé comme lubie de faire ça à titre professionnel un jour. Oubliez jusqu'au plaisir de l'épuisement devant le travail accompli. Vous lisez tous les après-midi au boulot, et tous les soirs chez vous, et une fois le bouquin refermé, alors que des dizaines d'ébauches de récits vous viennent en tête, vous faites finalement tout pour éviter d'ouvrir une page Word tellement la peur de ne pas pouvoir écrire un mot vous paralyse. Quoi ? j'ai dit un mot ? Oui, un seul mot.
Oubliez aussi les meilleurs conseils du monde pour passer au travers du redouté "blocage" ou peur de la page blanche ; oubliez ceux qui vous ont dit que la chose à faire est d'écrire, même quelque chose de très court, même n'importe quoi. La pensée du récit et ses articulations, ses personnages et ses moments de suspens et de révélations tombent comme une cascade incontrôlable, et si riches que soient les univers que vous brossez dans votre tête, ils ne se matérialiseront au mieux que sous la forme de quelques phrases maladroites sur la simulation de feuille A4, le curseur qui clignote vous nargue. Vous en pleureriez presque. Votre dernière histoire finie, la seule, en fait, que vous jugez potable, fait 8 pages, ce qui serait formidable si vous n'aviez pas mis plus de cinq semaines à les chier.

Voilà. Ce message, je l'ai tapé à toute vitesse, les mots sont venus tout seuls ; peut-être d'une manière trop chaotique. Bizarrement, j'écris facilement à toute vitesse quand je parle de moi. Quand j'écris une fiction qui s'inspire d'un épisode de ma vie, de ma dernière année de fac, et de ma famille dont frères et mère et soeurs sont tous plus fêlés les uns que les autres. J'écris facilement sur moi parce que je connais mon histoire par coeur. Mais quand il s'agit d'inventer l'histoire de quelqu'un d'autre, je rame, je végète. Ca me désespère tellement que j'aurais regardé nombre de vidéos idiotes et relevé au moins cinq fois fois l'absence de nouveaux mails sur ma messagerie avant de me résigner à aller me coucher sans avoir consigné la quantité minimum de milles mots quotidiens. C'est comme se punir en s'envoyant au lit sans avoir mangé. Aucune phrase ne s'articule correctement ni se s'articule tout court, et merde, y a plus rien dans le frigo.

Mes bien chers frères, à tous ceux qui ont eu envie de se pendre devant une page blanche, I got the blues.
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MessagePosté le: 10/05/2012 22:42:26    Sujet du message: Publicité

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tobermory
Administrateur


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 6 988

MessagePosté le: 17/05/2012 09:53:57    Sujet du message: Auto-diagnostique Répondre en citant

Rassure-toi, Sico, tu n’es pas le seul, j’ai souvent désespéré devant une page blanche ou reculé devant elle, et parfois aussi devant la page noircie.
Tu me mets en danger en disant que la lecture fait partie du travail d’écrivain. Pour moi jusqu’ ’ici, c’était plutôt une récompense. J’ai un livre sous le coude, souvent plusieurs, que je brûle d’envie de lire et je me dis « pas avant d’avoir accompli telle démarche pénible, rempli ta déclaration d’impôts ou écrit ce Jph pour lequel tu n’as encore aucune idée. » Pour moi, lire est un plaisir sans mélange alors qu’écrire est un plaisir mitigé, largement teinté de doute et d’angoisse. Souvent je me demande pourquoi perdre à écrire une nouvelle le temps qu’on pourrait passer à en lire plusieurs, voire un roman, et bien meilleurs en plus. Réponse : c’est évidemment que ça apporte, parfois, une satisfaction différente et plus intense que celle de la lecture.
A propos de la nécessité de lire, il y a longtemps Don Lo, avait donné sur Avp (pléonasme : Don Lo sur avp, c’est forcément il y a longtemps) le lien avec le blog d’un certain Aloysius Chabossot, qui définissait des critères pour évaluer le potentiel des apprentis écrivains, et entre autres le nombre de livres lus. Je crois que le blog n’existe plus, mais tu peux trouver ses conseils dans son livre « Comment devenir un brillant écrivain ». C’est pertinent, bourré d’humour et ça a le mérite de ne pas caresser l’aspirant écrivain dans le sens du poil.
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Lunatik
Plume de Griffon


Inscrit le: 16 Nov 2008
Messages: 2 314

MessagePosté le: 17/05/2012 10:45:04    Sujet du message: Auto-diagnostique Répondre en citant

En googlant Aloysius Chabossot, on trouve ça : Comment écrire un roman
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Tous crocs dehors.
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EmmaBovary
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Inscrit le: 05 Oct 2007
Messages: 3 064

MessagePosté le: 20/05/2012 15:25:59    Sujet du message: Auto-diagnostique Répondre en citant

T'inquiète pas Sico: on bouffe, on engrange, on se force, on peine, on en reprend, on souffle et après on digère (le soi et les autres). Tout ce que tu auras lu ou appris apportera du grain à moudre à ton écriture. Faut juste le dépasser, laisser glisser et se laisser aller. Tu verras, ça reviendra.
Et puis, tu devrais peut-être essayer les feuilles de sumac, ça brûle mais visiblement, ça fait partie de l'apprentissage... Mr. Green
_________________
"Mais si vous n’avez pas envie de vous casser le cul, ce n’est pas la peine de vous imaginer que vous écrirez bien un jour ; contentez-vous de la compétence que vous avez et réjouissez-vous de pouvoir au moins compter dessus."
Stephen King
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MessagePosté le: 21/01/2017 11:37:01    Sujet du message: Auto-diagnostique

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