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Manque

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    A vos plumes ! Index du Forum -> Plumes d'écrits -> Petits textes sans conséquences
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galysse
Plume de Quetzal


Inscrit le: 08 Nov 2014
Messages: 22

MessagePosté le: 14/03/2015 10:01:37    Sujet du message: Manque Répondre en citant

Manque




J’ai envie, c’est terrible cette envie, elle balaye toute raison, fait abdiquer toute résolution, elle me prend comme cela surtout la nuit. Dans sa main titanesque je ne suis plus qu’un fétu de paille, elle me terrasse littéralement, je ne suis plus rien que cette chair qui hurle. Je tente de lutter, de résister, mais le combat est inégale. Cette force du désir me saisie et me jette contre les murs avec une violence qui brise tout. J’ai mal j’hurle, mais os craquent dans les choques.
Alors j’abdique, je me rend et laisse la chair parler. La transformation s’effectue. Je tombe au sol, et l’homme se transforme dans une transe douloureuse. La chair craque et se déchire pour faire apparaître la peau souple au pelage soyeux du prédateur. La pupille s’élargie, et se teinte de phosphorescence jaune, les bras s’étirent, s’effilent, pour se terminer en de solides griffes acérées, sous lesquelles se lovent des coussinets silencieux. Mais le plus cruel et le faciès qui se distend, les lèvres s’agrandissent, s’allongent en un rictus effroyable où le goût de la chair filtre entre les crocs.
Je me relève et plus rien d’humain ne m’habite une fois de plus. Les gestes sont souples et précis, l’ombre est mon domaine, et je me fonds en elle. L’escalier en un trot ondulant, et la rue, la ville pleine de proies aux odeurs factices dans leurs chairs lourdes. Je sent, je sais les présences avant de les croisées. Dans cette prescience animal je plonge dans la foule. Personne ne me vois, je suis ombre mouvante dans cette marée de chair aveugle qui dérive sur les trottoirs de leurs vies. Les néons aux lumières crues électrisent de rouge, de bleu, les visages sans yeux. Les murs de calcaire lumineux cherchent l’apaisante douceur de la lune qui se réfugie loin des lampadaires. Je glisse dans un recoin baigné d’opalescence, et m’immobilise silencieusement pour disparaître, tel un caméléon du néant. Le désir revient, plus fort, il se distille en moi à chaque pulsation de mon sang, envahie toute ma chair et je feule de silence.
Je ressent chaque mouvement de la rue à l’intérieur de moi, dans des flashs stroboscopiques, là en haut, ces chiens de combats décérébrés, tatouages, cranes rasées, chairs épaisses est lentes qui suintent la haine, plus bas cet homme en boubou dont la lenteur des gestes trahies la faim longue et nuageuse. Mais yeux se posent sur lui telle une caresse de respect pour l’ode de sa vie. J’entrevois les déserts, les émanations de l’animisme. Il s’immobilise et se retourne pour scruter l’ombre, et me pressent sans me voir, puis repart, enveloppé de l’incantation des siens.
Je replonge dans la foule et glisse entre les corps aux odeurs de poussières écœurantes, parfums qui agressent irritent l’odorat. Une ruelle vide s’offre à moi, et j’y glisse. La ville y vieillis progressivement, les murs se parent de lèpre, se tavellent de taches buboniques. De vielles louves décrépites attendent, dans des chairs dénudées aux morsures du froid. Pauvres animaux attendent la mort les yeux ouverts, qui sera distillée en petites doses par des hommes pour qui le plaisir remplace la conscience. Les lumières s’espacent, s’amenuisent, et la nuit reprend ces droits.
Là le danger est palpable et sourd, des meutes attendent dans des portes cochères les accrocs de l’oublie. Un genoux à terre et la meutes attaque, lapide éviscère. Je ne suis plus qu’une ombre de la nuit sans visage et furtive, les muscles souples, élastiques, prêt à bondir hors de portée des hydres aux regard vitreux. Je traverse le territoire des damnés dans le crépuscule lunaire de leurs vies flétries.
Le désir reprend, et fait trembler les contreforts de mon âme, il est en moi dans mes veines, dans mon sang, mon être est désir, je la veux, coûte que coûte. Elle est si douce, si sereine, et sa présence repeint chaque instant d’une torpeur lascive. Puis ce plaisir enivrant qui te transporte en frémissant si loin de ce sordide quotidien. J’ai envie d’elle, mon amante aux yeux de verre. Je me rapproche d’une meute, l’échange a lieu, elle est enfin là contre ma cuisse, je me sent bien avec elle, et la promesse qu’elle détient. Nos corps se mélange, c’est ma propre chair que je dévore. Elle est enfin en moi, en chaque cellule de mon être. Je la sent glisser en ma chair tel une source souterraine et glacée.

Enfin les bâtiments rapetissent, des champs en friche remplacent la croûte coagulé du goudron. Je marche serein sur le chemin baigné de l’irradiante. Une ombre approche, je sens sont pas qui tremble face à la constance sereine du mien, la peur acre et glacé envoie ces effluves, et l’on se croise dans la tremblance de ses gestes. La nuit s’égoutte au fil de mes pas, demain je serait lavé de cet autre que l’on m’a inoculé froidement pour faire de mon être cet esclave servile. Le vent caresse tendrement ma pelisse, et assouplie l’effroi de l’oublie. Puis le froid me mord, et trahis l’approche de l’aube. Je retourne vers la ville qui s’éveille, inconsciente de l’individualisme mortuaire qu’elle engendre. Le temps d’un douche, d’un café, de revêtir la mue transparente qui gît sur le sol, et je peut enfin me soumettre, rejoindre ma cage. Aujourd’hui je serai un maillon de métal froid et silencieux dans le fracas de fer des machines.
_________________
credo quia absurdum
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MessagePosté le: 14/03/2015 10:01:37    Sujet du message: Publicité

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Safrania
Plume de Quetzal


Inscrit le: 22 Mar 2015
Messages: 31

MessagePosté le: 29/03/2015 14:48:06    Sujet du message: Manque Répondre en citant

Bonjour,
En premier lieu, je trouve ton écrit vraiment intéressant avec un bon vocabulaire. On ne sait pas grand chose sur ton protagoniste donc je dirais qu'il est plus intriguant qu'attachant. Les descriptions sont bien développées, je pense notamment à la transformation, ou encore à l'atmosphère de la ville qui est finement retranscrite. De plus, on perçoit vraiment la tension omniprésente, l'ambiance sinistre et inquiétante, l'agitation irrépressible mais silencieuse... Bref, l'intensité.
Cependant, ton récit est interrompu par les nombreuses fautes d'orthographe que je ne peux malheureusement pas toutes relever. Donc, je pense que tu devrais te relire méticuleusement, et en particulier revoir la conjugaison des verbes au présent de l'indicatif. D'ailleurs, je tiens à signaler cette phrase: «J’ai mal j’hurle, mais os craquent dans les choques.» qui a littéralement fait sortir mes yeux de leurs orbites.
Enfin, j'ajouterais que j'ai eu du mal à me lancer dans la lecture de ton texte qui est, selon moi, pas assez aéré. Deux gros blocs de description, je trouve que cela rend ton récit ardu à lire et à comprendre.
Pour conclure, je dirais que l'âme de ton texte, qui est plutôt plaisante, est à dissocier du corps, vu que celui-ci est fâcheusement malmené par l'orthographe et la conjugaison.
Au plaisir de te relire,
Safrania.

Excusez-moi, je pensais être dans la section "critiques constructives" mais je m'en suis aperçue après avoir rédigé mon pavé. Je n'ai pas eu le cœur de tout supprimer et je ne voulais pas laisser ce texte sans commentaire. Je ferai plus attention. Sincèrement navré. :'(
_________________
«Je crois qu'il profita, pour son évasion, d'une migration d'oiseaux sauvages.»
Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry
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MessagePosté le: 06/12/2016 03:53:16    Sujet du message: Manque

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