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pour Donaco

 
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djin
Plume de Griffon


Inscrit le: 10 Juin 2007
Messages: 1 722

MessagePosté le: 14/03/2016 11:23:12    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

J'ai peu de textes de moi. Ma production a toujours été restreinte et elle est désormais quasi inexistante.
La plupart de mes nouvelles ont été éditées et mes JPH sont de l'histoire ancienne.
Je t'ai récupéré un JPH (le dernier auquel j'ai participé) et qui cette année est paru, remanié, dans ECOUTE édité par LA CAUSE DU POULAILLER que Emmabovary ou Khéops connaissent ^^. http://avosplumes.clicforum.fr/t5997-Les-r-sultats.htm
Autre récupération dans les archives du Net : http://newcalipso.eklablog.com/lever-d-etoiles-06-a112877498
Et un petit dernier, qui a figuré dans l'agenda 2014 (je crois) de JFE... donc est périmé... donc livrable à la lecture d'autrui sans achat préalable... mais que je ne suis pas fichue de t'envoyer en dossier joint, je suis obligée de faire un copier coller du texte Rolling Eyes . J'espère avoir répondu à ton voeu. Cela me fait zarbi de rapatrier dans l'actualité de si vieilles histoires mais je te remercie de t'être intéressée à mon "éminent" cas -lol-

Tickson vert pour le Pays Noir

Les voyages, ça le connaît : enfant, il a lu tout Tintin.
Mais depuis qu’investir le Pays Noir lui sert d’échappatoire, il ne cauchemarde plus d’autres ailleurs. Aux oubliettes celui d’or pétrolier des tintinophiles où des Dupont-d à la pilosité vert chlorophylle se ridiculisaient dans le sillage de l’invincible héros à houppette ! Un vert qu’il voyait jaune, au grand dam de son père. Oubliés le Tibet, le Congo et même la Lune.
D’un pas sûr, il remonte le couloir qui vibre… Il a des kilomètres de couloirs à son actif. Toujours le même sempiternel trajet –aller et retour- plusieurs fois par jour. C’est la raison pour laquelle, maintenant, il souffre de voûtes plantaires affaissées. Les gens se trouvant sur son passage s’écartent d’instinct, sans vraiment lui accorder un regard. Derrière la longue vitre qui court et se morcelle de wagon en wagon, la morne plaine décline le riche nuancier de ses bruns. L’automne bruine sur les labours. Quelques points noirs parasitent le ciel gris : des corneilles, à coup sûr.
A mi-parcours du couloir surchauffé, une trentenaire vêtue d’ocre sableux joue les dures en treillis, clope au bec serré. Il n’aime pas cette mode : la mode para. Il déteste aussi le rouge, cet inconnu. Pas la violence, le rouge exclusivement. Au Pays Noir, le sang verdit le monde alentour. Une belle couleur, le vert. Son vert à lui, en tout cas. Qui faisait sortir son père de ses gonds.
La femme le repère, écrase sa « nuit grave » gauloisée et gagne les toilettes dont elle laisse la porte entrouverte. A peine a-t-il franchi ce cap qu’elle ressort, briquet déjà réarmé. Il hausse les épaules. Les guerrières ne le font pas bander. Pourquoi se forcerait-il ? Son nez furète, sa salive se rancit d’un goût de vieille encre, ses yeux matent l’intérieur de chaque compartiment avec avidité… Peine perdue ! Que des usagers cravatés, addict au portable, certains pianotant sur leur ordinateur miniaturisé, d’autres feuilletant sans conviction la presse du jour, la plupart déconnectés, tête ballante. Que des inconnus familiers : eux non plus ne le font pas bander.
Il quitte l’enfilade des wagons à l’ancienne, tous rénovés, pour attaquer la travée centrale d’une des voitures-salon de l’Aqualys. Ici, les voyageurs se font rares. Est-ce la modernité futuriste de l’espace qui veut ça ou l’odeur douceâtre de confort « chicos » exsudé par le cuir des sièges turquoise ?
Ni l’une ni l’autre sans doute…
Nombre des occupants ont simplement dû descendre à Blois. Effet du hasard ou effet de masse ? Stop-là : il se pose trop de questions. A quoi bon ? Il s’en tape et a les statistiques en horreur. De plus aucune réponse ne saurait le consoler. Sa vie s’achève aujourd’hui. Et puisqu’il faut une fin à toute chose, il doit s’y résigner. Non sans regret !
La nostalgie du Pays Noir vague sous son crâne embrumé mais nulle houle n’assujettit son bas-ventre. Tant pis… Il salive encore de l’amertume mais cesse de flairer à droite, à gauche. Tant mieux… Car, s’il s’en tient au strict horaire, il manque de temps pour une telle escapade. Derrière les fenêtres encadrées de rideaux plissés, la sombre campagne aux sillons émottés lui prédit une arrivée imminente. En effet, chaque pouce de terrain englouti dans le chronométrage ferroviaire lui est d’une lecture facile.
La force de l’habitude… Bientôt les Aubrais-Orléans : Terminus.
Les quelques personnes présentes le fuient des yeux, au rendez-vous des petits souliers, une main agrippée à leur sac ou les doigts dérivant jusqu’au portefeuille remisé dans leur veste. Naguère, il s’en amusait. Aujourd’hui, peu lui importe. L’échéance fatale est trop proche pour qu’il se laisse encore distraire par tant de réflexes conditionnés !
Soudain un voile émeraude lui filtre la vue. Si vif qu’il en est ébloui. Un frisson le saisit. Il vient de capter dans son champ d’action un adolescent fadasse et propre sur lui. Une proie. Son cœur coince dans sa poitrine, il reconnaît la falaise, sent qu’il va se laisser glisser contre cette paroi vertigineuse, tapissée de mousse cobalt.
Le décor est vert de vert au Pays Noir…
A quand remonte son dernier trip ? Il ne saurait dire.
Le voici moite et surexcité à chuter en silence le long du versant satiné, jusqu’au fossé bourbeux, recouvert de lentilles d’eau. Il aime que cette fange végétale l’engloutisse. Au sein de ce magma amniotique, il renaît à lui-même, meurtrier en jouissance. Le garçon tourne son visage mièvre vers lui, lèvres tremblantes. Un soupçon de barbiche dore son menton juvénile. Notre homme avance en terre conquise, gagnant la grotte herbue, lieu de tous ses supplices. Le gosse paniqué esquisse un geste en direction de son fourre-tout échoué sur la tablette grise fixée à la cloison. Dérisoire autodéfense ! Lui, ricane, bouche close, proche à le toucher du gamin piégé. La grotte est vaste, chaude, secrète. Elle recèle des trésors accumulés depuis près de trente ans, des trésors dont il a oublié la plupart, sa mémoire n’y suffisant plus. L’autre farfouille fébrilement dans sa sacoche rebondie et il se repaît de son affolement, immobile, galvanisé par une puissante érection. Puis il porte la main à sa poche de pantalon, se saisit de son instrument rituel, guette le moment propice. La grotte baigne dans une brume enivrante couleur absinthe. Des corps déchiquetés y verdoient en suspension. Le Pays Noir regorge de sacrifiés. C’est son paradis à lui. Et à lui seul.
Il observe le garçon convulsé, jette un coup d’œil connaisseur par la vitre : déjà la zone industrielle… L’Aqualys amorce en douceur un ralenti caoutchouteux. Soudain tout se précipite. Le blondinet a trouvé ; enfin ! Pas le genre à truander mais que de précieuses secondes envolées… Pourtant, en psychopathe patenté et assumé, il s’offre le luxe de le dominer du haut de sa petite taille une ultime longue minute –la meilleure-, conscient que rien dorénavant ne sera plus pareil. Une voix neutre et récitative annonce l’entrée du train en gare. C’est le signal attendu. Brusquement il se penche vers le jeune bécassin sans méfiance, l’entraîne à sa suite dans la grotte béante et se met à frapper, frapper, frapper. Il œuvre dans l’urgence et ne fignole pas le boulot. Inutile : il a appris à se contenter vite et mal. Du visage éclaté sourd un sang vert qui l’éclabousse.
Un orgasme foudroyant l’éjecte alors de la grotte. En tout point semblable à celui ressenti cette lointaine première nuit où le Pays Noir, dérivé de ses songes livresques, s’était ouvert à ses pulsions pubertaires pour qu’il goûte au plaisir sadique d’y violenter Tintin. Depuis, ah, depuis…
D’un coup sec, il perfore le billet de sa victime, validant son titre de transport. Le moutard monté en graine lui dédie un sourire pâlichon. Autour d’eux, les autres usagers du wagon sont tous debout, prêts à se disperser. Lui, se projette déjà sur le trajet du retour, « en rails vers Saint Pierre-des-Corps », sans siamois casquetté pour le ventouser… et ce, malgré les instructions officielles. Mais poinçonner en duo va à l’encontre de ses désirs. Le Pays Noir est réservé à sa seule volupté ; c’est un pays exigeant, sujet à dérobades, qui mérite quelques petites illégalités. Un pays voué au vert qu’il ne finira jamais d’explorer si ses fantasmes privés du train-train des trains ne tarissent pas à la source. Pareil qu’autrefois les albums de Tintin… Quand son cul-terreux de père, saoul comme un Haddock et saisi de nomadisme éthylique, l’obligeait à voyager en boucle dans le vaste monde d’Hergé !
Avec force raclées prometteuses. Ceinture levée : « j’t’en foutrai, moi, du vert !». Ceinture abattue : « tu s’ras un globe-trotteux, mon fieu ! ».
Il enrage de débander si vite et se fait un sacré mouron post-orgasmique. L’échéance ; toujours cette échéance butoir qui, ce soir, validera sa retraite autour d’un pot festif entre collègues… ! Bah, pourquoi y penser ? Demain sera un nouveau jour.
Il se sait homme à voyager loin sans ménager son fauteuil. Après tout, il ne cause de tort à personne : chacun a bien le droit de rêver un peu.
Même contrôleur. Même daltonien
_________________
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MessagePosté le: 14/03/2016 11:23:12    Sujet du message: Publicité

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Donaco
Plume de Griffon


Inscrit le: 22 Oct 2015
Messages: 1 587

MessagePosté le: 14/03/2016 13:07:51    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

Ah merci Djin ! Smile

J'ai eu du mal à trouver ce post dans la jungle de cette rubrique.
Je lirai ton texte plus attentivement plus tard.Smile


ps: quand je vois toutes ces belles plumes ici, je me demande si on a déjà envisagé un recueil des jhp ?...
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Hori
Administrateur


Inscrit le: 21 Aoû 2009
Messages: 1 824

MessagePosté le: 14/03/2016 22:39:40    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

Oui on a déjà ! Smile A plusieurs reprises...et c'est une idée qui mérite de refaire surface quand je repense à certaines productions !
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SirMK
Plume de Phoenix


Inscrit le: 18 Oct 2007
Messages: 1 352

MessagePosté le: 15/03/2016 11:57:11    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

Ah, les fameux débats sur le recueil JPH...
Sur quels critères se baser ? Grande question, s'il en est. Smile Mais ce serait vraiment sympa de relancer le projet.
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"Julien Lepers, c'est metal" : https://www.youtube.com/watch?v=hXoIzEe6gCQ

Pour votre soutien et votre aide sur le forum, merci à tout le monde. Bon courage et bonne continuation ! Smile
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Orcus
Plume de Kookaburra


Inscrit le: 05 Juin 2013
Messages: 909

MessagePosté le: 15/03/2016 14:31:42    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

Ce post m’interpelle. À titre personnel, je travaille depuis deux ans, au fil de l’eau, à une compilation où se mélangent mes propres textes du JPH et quelques-uns des vôtres. Cette compilation alterne chapitres de JPH et chapitres de « vie courante » où je parle de ma découverte d’AVP, des règles qui régissent ce microcosme et de ce que j’en pense.
Conçu au départ comme une simple compilation de mes deux premières années de JPH, ce livre s’est ouvert à d’autres sujets. Il m’a semblé utile, dans un premier temps, de confronter mes textes à ceux de mes compagnons de route. Puis, très vite, pour éviter l’ennui que susciterait la découverte d’une accumulation d’histoires dépareillées, s’est imposée la nécessité de présenter ces histoires dans leur contexte. Un forum, c’est un village. Les gens se connaissent, papotent, se disputent, se réconcilient…
Je comptais vous en parler à l’issue de ce projet, auquel je compte mettre un terme cet été, en particulier pour solliciter des auteurs concernés la permission de citer leurs textes. Je n’ai aucune visée commerciale, juste l’envie de laisser une trace de cette période d’écriture.
Je n’ai pas la prétention d’être exhaustif ni de me comporter en historien du JPH. Ce livre résume une époque où, entre deux livres, j’avais envie de respirer un peu tout en gardant la forme. Je me suis bien gardé de critiquer les textes que je présente sans commentaires. Il s’agit plutôt d’un « presque journal » dans lequel je parle de tout et de rien – mais toujours en relation avec le JPH – et parfois des sujets qui me tiennent à cœur. Cette vision subjective permet de s’affranchir de l’impossible objectif de rendre justice à tous ceux qui ont fait, font et feront cette merveilleuse institution qu’est le JPH.
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Donaco
Plume de Griffon


Inscrit le: 22 Oct 2015
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MessagePosté le: 15/03/2016 17:50:30    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

J'ai bien fait de poser la question ! Smile
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Donaco
Plume de Griffon


Inscrit le: 22 Oct 2015
Messages: 1 587

MessagePosté le: 15/03/2016 17:54:37    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

@Djin

Fameux ce texte! Quelle richesse! Et ce, autant dans le choix du lexique que dans son déroulement. Evidemment, je n'ai rien compris... jusqu'à ce que je lise les deux mots de la fin et ma foi, il m'a fallu relire tout de même le texte, même une fois terminé. Bien sûr, comme tout le monde, j'ai hésité entre le psychopathe et le violeur pédophile !... Sacrée chute! Merci.Smile
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Donaco
Plume de Griffon


Inscrit le: 22 Oct 2015
Messages: 1 587

MessagePosté le: 18/03/2016 18:14:53    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

Orcus a écrit:
Ce post m’interpelle. À titre personnel, je travaille depuis deux ans, au fil de l’eau, à une compilation où se mélangent mes propres textes du JPH et quelques-uns des vôtres. Cette compilation alterne chapitres de JPH et chapitres de « vie courante » où je parle de ma découverte d’AVP, des règles qui régissent ce microcosme et de ce que j’en pense.
Conçu au départ comme une simple compilation de mes deux premières années de JPH, ce livre s’est ouvert à d’autres sujets. Il m’a semblé utile, dans un premier temps, de confronter mes textes à ceux de mes compagnons de route. Puis, très vite, pour éviter l’ennui que susciterait la découverte d’une accumulation d’histoires dépareillées, s’est imposée la nécessité de présenter ces histoires dans leur contexte. Un forum, c’est un village. Les gens se connaissent, papotent, se disputent, se réconcilient…
Je comptais vous en parler à l’issue de ce projet, auquel je compte mettre un terme cet été, en particulier pour solliciter des auteurs concernés la permission de citer leurs textes. Je n’ai aucune visée commerciale, juste l’envie de laisser une trace de cette période d’écriture.
Je n’ai pas la prétention d’être exhaustif ni de me comporter en historien du JPH. Ce livre résume une époque où, entre deux livres, j’avais envie de respirer un peu tout en gardant la forme. Je me suis bien gardé de critiquer les textes que je présente sans commentaires. Il s’agit plutôt d’un « presque journal » dans lequel je parle de tout et de rien – mais toujours en relation avec le JPH – et parfois des sujets qui me tiennent à cœur. Cette vision subjective permet de s’affranchir de l’impossible objectif de rendre justice à tous ceux qui ont fait, font et feront cette merveilleuse institution qu’est le JPH.


Ca alors! ... Je serai vraiment curieuse d'en prendre connaissance ! C'est une drôle d'idée.
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Orcus
Plume de Kookaburra


Inscrit le: 05 Juin 2013
Messages: 909

MessagePosté le: 18/03/2016 19:17:44    Sujet du message: pour Donaco Répondre en citant

J'en reparlerai en temps utile. Il me faut un minimum de jph (une petite cinquantaine) pour étayer mes analyses chiffrées, nombre que je devrais atteindre cet été. Ensuite, je passerai à autre chose.
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MessagePosté le: 03/12/2016 22:48:08    Sujet du message: pour Donaco

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