A vos plumes ! Index du ForumA vos plumes !
Forum littéraire, qu'on se le dise !

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

88

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    A vos plumes ! Index du Forum -> Jeux de plumes -> Archives -> Archives 2016 -> Jeu 229 - les cinq sens de la honte -> Critiques constructives
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
DK
Plume de Benu


Inscrit le: 19 Mai 2011
Messages: 198

MessagePosté le: 13/06/2016 11:07:53    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Il veut que je baisse les yeux. Je le vois à son rictus. Croit-il m’impressionner ? M’effrayer ? Je ne ressens que mépris pour ce petit crapaud ridicule avec son bras en écharpe. Je l’ai manqué de si peu… Il faut mériter l’honneur de combattre pour notre noble cause, et lui est loin d’en être digne. Pourtant, c’est de mon uniforme qu’on a arraché les Sieg Rune et l’aigle prussien. J’en pleurerais de rage et de honte.

Quatre ans plus tôt, ils étaient venus à la ferme, sans prévenir.

« La suprématie de la Sainte Allemagne passe avant tout, avaient-ils proclamé. Nous devons être efficaces. Nous avons une tâche à accomplir, un honneur à restaurer. »

Mon père avait écouté religieusement en opinant du chef de bout en bout. Je fus incorporé la semaine suivante.

L’efficience et l’honneur de servir mon pays me furent effectivement enseignés à la Bann de Siegen.
À seize ans, on m’avait donné un but, une raison de vivre.
À dix-neuf, j’avais déjà débarrassé la terre de centaines de nuisibles. Sans cruauté inutile, sans perte de temps. Efficacement.

Le Rottenführer Kröteklein s’approche de moi, les yeux emplis d’un mélange de haine et de quelque chose que j’ai du mal à définir. J’avais déjà vu ce regard bien souvent lorsqu’il s’acharnait à coups de crosse jusqu’à en faire exploser les têtes comme des pastèques bien mûres. Il m’avait un jour déclaré en éclatant de rire, le visage maculé du sang tiède d’une fillette de six ans, que les cafards avaient le goût de la trouille. Une autre fois, il avait pesté en rejetant au sol un gamin qu’il venait d’étrangler. Il avait serré tellement fort que les vertèbres cervicales avaient transpercé la peau du gosse et coupé les doigts de Kröteklein. Après un bref instant, il avait retrouvé son sourire satisfait et avait comparé le craquement des petits os à la sensation que l’on ressent lorsqu’on écrase un escargot dans la paume de la main. J’ignorais où il voulait en venir. Quelle était l’utilité d’écraser un escargot dans sa main ? Ce type était inutile pour le Reich. Il était un frein au noble dessein du Führer. Il était à éliminer au plus vite.

De son bras valide, Kröteklein trace une croix sur mon torse avec un bout de craie. Il repasse plusieurs fois sur les traits comme pour s’assurer qu’ils sont suffisamment visibles pour les fusiliers. J’ai envie de lui cracher avec mépris que les soldats SS se passeraient de son gribouillage pour m’atteindre, mais je me tais. Je me contente de le fixer avec dédain alors qu’il rejoint mes douze camarades.

Tandis qu’il s’éloigne, je pense avec admiration à l’Obersturmbannführer Höss, le commandant du camp d’Auschwitz. Le genre d’homme dont le Reich avait besoin. Un homme qui déploie des trésors d’ingéniosité pour atteindre un rendement remarquable. Le genre d’homme que j’aurais pu devenir si l’Administration avait eu le flair de réformer tous les faibles qui privilégient la satisfaction de leurs bas instincts à la grandeur de la Mère Patrie. Le genre d’homme que je serais devenu si notre officier n’était pas intervenu.

Il s’en était pourtant fallu de peu. L’Obersturmführer était entré dans la pièce juste au moment où j’épaulais mon K98 pour en finir avec cette larve. Il m’avait violemment poussé à l’instant où mon doigt pressait la détente et la balle avait atteint Kröteklein à l’épaule.

Le crapaud beugle un ordre. Je ressens les douze aiguillons me transpercer la poitrine. Tandis que je sombre dans le néant, noyé par des miasmes de cordite, j’implore le pardon de mon père.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 13/06/2016 11:07:53    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Donaco
Plume de Griffon


Inscrit le: 22 Oct 2015
Messages: 1 587

MessagePosté le: 13/06/2016 12:48:30    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Veinard va ! Smile C'est le texte que j'aurais rêvé d'écrire !...
Revenir en haut
DK
Plume de Benu


Inscrit le: 19 Mai 2011
Messages: 198

MessagePosté le: 13/06/2016 13:00:01    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Merci, ça me touche Mr. Green
Sinon : des remarques ou des conseils ?
Revenir en haut
Aureplume
Plume de Garuda


Inscrit le: 26 Mai 2016
Messages: 422

MessagePosté le: 13/06/2016 13:36:38    Sujet du message: 88 Répondre en citant

88 était le texte dans mon tableau de classement qui avait le moins rempli son rôle quant au sujet, je n'arrivais pas vraiment à déceler la honte du personnage, elle ne me parlait pas trop.

Pour autant, tu as dû te documenter, et le texte est très bien écrit !


" Quelle était l’utilité d’écraser un escargot dans sa main ?" Quel décalage ! J'ai beaucoup aimé ce passage, et comment tu décris l'odieux Kröteklein dans le passage juste avant ("petit crapaud", ayant fait de l'allemand je n'ai remarqué qu'après la signification de son nom) !
_________________
"L'anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparacloucycle est un vélo à deux roues qui utilise toutes les forces propulsives connues et même inconnues"
Revenir en haut
DK
Plume de Benu


Inscrit le: 19 Mai 2011
Messages: 198

MessagePosté le: 13/06/2016 14:14:41    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Merci.
Je suis content que tu aies capté la signification du nom du petit crapaud Laughing
Et je n'ai pas choisi son grade par hasard non plus Razz

Pour la comparaison avec l'escargot, c'est du vécu : il y a plein d'escargots et de limaces sur l'allée qui mène à mon garage. Chaque matin, je regarde attentivement où je mets les pieds afin de ne rien écraser. Un jour où j'étais sans doute plus endormi ou plus pressé que d'habitude, j'ai entendu un craquement sous mon pied et j'ai constaté que j'avais écrasé un escargot... je m'en suis voulu. Ces petites bêtes sont si fragiles... Je lui ai mis plusieurs coups de talon afin de m'assurer qu'il soit bien mort, parce que je ne voulais pas que cette petite bête souffre...
Revenir en haut
Dolo21
Plume de Benu


Inscrit le: 06 Mai 2016
Messages: 204

MessagePosté le: 13/06/2016 14:17:01    Sujet du message: 88 Répondre en citant

N'étant pas germanophone, il y a sans doute des subtilités qui m'ont échappé. Je n'ai pas réussi à me mettre dans l'ambiance de ce texte, je suis restée à coté. Il m'a été difficile de cerner où se situait la honte. A la lecture, j'ai plus ressenti la violence et la perversité du personnage "Kröteklein".
J'ai aussi dû chercher l'explication des "miasmes de cordite" Question , le vocabulaire de la guerre ne m'étant pas familier.

Ceci dit, ce texte me semble révélateur d'une véritable aisance d'écriture. Smile
Revenir en haut
DK
Plume de Benu


Inscrit le: 19 Mai 2011
Messages: 198

MessagePosté le: 13/06/2016 14:36:28    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Merci pour ton commentaire, Dolo.
En fait, la cordite est un explosif qui ne produit pas de fumée, donc ça ne doit rien sentir, a priori Confused
Mais j'ai déjà lu beaucoup d'auteurs utiliser la cordite pour décrire l'odeur de poudre à canon, donc je l'ai choisie !
Ça me semblait plus "sexy" - si je peux dire - que "des miasmes de soufre" ou "des "Miasmes de salpêtre". Smile
Revenir en haut
danielle
Plume de Simurgh


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 3 810

MessagePosté le: 13/06/2016 16:25:35    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Ecriture magistrale. Hélas, j'ai cherché vainement le rapport avec le honte. J'ai perçu des regrets, de la déception de la part du personnage principal mais de honte, point.
_________________
"Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites." J. Renard
http://danielle.akakpo.over-blog.com/
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Donaco
Plume de Griffon


Inscrit le: 22 Oct 2015
Messages: 1 587

MessagePosté le: 13/06/2016 16:37:16    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Au début, je n'ai lu qu'un récit de guerre, une scène de "Inglourious ba Mr. Green sterds" par exemple. Ce n'est pas pour cela que j'aurais voté pour ce texte en choix 1.

Même si les recherches que tu as effectuées (ou bien les connaissances que tu as) donnent au texte une vérité historique et l'habillent d'une grande dextérité, même si le rythme est bien présent et que l'histoire est expliquée (il a visé un officie allemand, il est donc fusillé), même si la cruauté gratuite est violemment mise en scène et rappelle une énième fois l'horreur nazie, même si le lexique et la rédaction sont soignés, ce ne sont pas les raisons qui m'auraient fait voter pour ce texte.

Mon choix ( 1 ) a été déterminé par le dernier segment de la dernière phrase car c'est celui qui donne sa vraie émotion au texte. Cette mention du père, c'est ce qui permet à ton texte de quitter son aspect "récit de guerre" pour aller vers une intimité beaucoup plus profonde et aussi de sortir d'un personnage singulier pour aller vers une dimension plus collective. Dans le traumatisme que laisse la guerre qui fauche les enfants à leurs familles, on entend souvent les parents implorer le pardon de leurs enfants défunts car ils n'ont pas su les protéger du carnage. Toi, c'est le contraire. C'est extrêmement touchant.

ps: j'ai oublié de mentionner la facture du texte : on commence par la fin, on revient en arrière (quand les Allemands sont venus l'enrôler), deux ellipses de temps, le récit de l'action et le dénouement. Okay
Revenir en haut
DK
Plume de Benu


Inscrit le: 19 Mai 2011
Messages: 198

MessagePosté le: 13/06/2016 17:03:37    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Merci pour cette critique détaillée, Donaco.
Je suis content que le message que je voulais faire passer ait été perçu - du moins par toi.
Il s'agit simplement d'un ado qui travaille à la ferme et qui respecte son père - qui a fait la grande guerre, par conséquent il se sent lui-même humilié par le traité de Versailles.
C'est une histoire sur l'endoctrinement. Mon personnage n'est pas cruel, son père non plus. Ils ne sont pas instruits et, de ce fait, facilement instrumentalisables - sait pas si ce mot existe...
C'est une histoire sur l'absurdité de ce qu'un dément démagogue peut faire comme dégâts.
C'est une histoire sur un adolescent qui veut que son père soit fier de lui et qui a honte parce que la parcelle d'humanité restée intacte en lui fera de lui un traître aux yeux de son père.

Le pire, c'est que c'est aisément transposable à aujourd'hui avec les tarés que je ne nommerai pas...
Revenir en haut
Dolo21
Plume de Benu


Inscrit le: 06 Mai 2016
Messages: 204

MessagePosté le: 14/06/2016 00:51:14    Sujet du message: 88 Répondre en citant

dkcvv a écrit:

Le pire, c'est que c'est aisément transposable à aujourd'hui avec les tarés que je ne nommerai pas...
Oui, ça c'est sûr... le contexte change, mais pas les Hommes.
Revenir en haut
Orcus
Plume de Kookaburra


Inscrit le: 05 Juin 2013
Messages: 908

MessagePosté le: 16/06/2016 08:11:55    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Ce que j'ai aimé dans ce texte à l'atmosphère bien rendue, c'est le contraste entre deux types de perversion : celle du "Crapaud", naturelle, innée, qui se serait exercée dans n'importe quel contexte et celle du personnage principal qui est à la fois victime du système et de sa bêtise.
La chute me laisse un peu perplexe, vu la personnalité du héros. Même s'il est dit que le "père avait écouté religieusement" les recruteurs, je n'ai pas ressenti que ce qui fait avancer le fils, c'est le père. Je vois plutôt ses actions comme la résultante d'une obéissance aveugle à un système de valeurs binaire et démagogique. Bref, ce retournement, pour moi, est moins une rédemption (style le larron sur la croix) qu'une ultime erreur de jugement. Cela ne m'a pas empêché de voter pour ce texte où la honte est probablement ce que les personnages ressentent le moins.
_________________
En savoir plus
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
DK
Plume de Benu


Inscrit le: 19 Mai 2011
Messages: 198

MessagePosté le: 16/06/2016 13:28:13    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Merci pour ton commentaire, Orcus.

En fait, la honte est plutôt celle du père quand ce dernier apprendra que son fils a été fusillé par les siens, par les mêmes qui sont venus le chercher et qui lui ont enseigné ce qui est "juste". Il demande pardon à son père, car il a échoué dans sa mission et a été exécuté comme un traître.
Je n'ai sans doute pas été capable de faire ressortir cela en 3500 signes... (mon premier jet en avait le double)
Revenir en haut
EmmaBovary
Modérateur


Inscrit le: 05 Oct 2007
Messages: 2 993

MessagePosté le: 17/06/2016 17:50:37    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Dk, bravo pour ce texte que je trouvé bien écrit et implacable! Il joue effectivement, comme le dit Orcus, sur "le contraste entre deux types de perversion". Ton idée et ton histoire traitent ainsi de façon originale un pan de l'histoire mille fois rebattu, et ça fait du bien.

Si je ne l'ai pas classé en 1er, c'est pour 2 raisons:
- la première, c'est que je ne sais pas résister aux textes ironiques et "Autopsie" et "La charité..." m'ont accrochée par ce biais.
- La seconde, c'est que sur un format aussi court, on reçoit beaucoup d'infos, ce qui ne rend pas la lecture aisée. Je suis persuadée que l'intrigue gagnerait à être développée sur un peu plus long, en étoffant les arguments que tu as avancé ici pour expliquer ton texte, et aussi afin de mieux camper ton personnage principal.
Cela te permettrait en outre de développer le sentiment de honte, exprimé à des degrés différents suivants les deux protagonistes, pour finalement mieux faire ressentir au final la honte du père, ce troisième personnage présent à l'esprit du narrateur tout au long du texte et que tu souhaitais visiblement mettre en avant.

Cela peut donner une excellente nouvelle qui sortira avec brio des clichés habituels sur cette période historique. Okay
_________________
"Mais si vous n’avez pas envie de vous casser le cul, ce n’est pas la peine de vous imaginer que vous écrirez bien un jour ; contentez-vous de la compétence que vous avez et réjouissez-vous de pouvoir au moins compter dessus."
Stephen King
Revenir en haut
DK
Plume de Benu


Inscrit le: 19 Mai 2011
Messages: 198

MessagePosté le: 18/06/2016 09:30:11    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Merci pour ton retour et tes conseils, EmmaB. Smile
Revenir en haut
tobermory
Administrateur


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 6 921

MessagePosté le: 18/06/2016 17:48:23    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Ce texte est bien écrit et dérangeant ( ce qui n’est pas un défaut en soi), mais j’ai eu du mal à comprendre l’histoire. D’abord parce que le texte est très dense ( beaucoup d’informations comme le souligne EmmaB) et les mots à rallonge et difficiles à prononcer (pour moi) qui désignent les grades, ont eu du mal à passer, même si je comprends bien qu’il est normal que le personnage, soldat pur et dur, les répète chaque fois. Ce qui m’a un peu gêné aussi, c’est que le narrateur apparait un peu comme le «gentil nazi » par rapport à l’autre qui est un de ces nombreux pervers à qui le nazisme a permis de vivre pleinement leurs pulsions.
Sans doute ce narrateur n’est rien d’autre qu’un pauvre type endoctriné, et qui meurt idiot puisqu’il n’a pas compris le cynisme fondamental du régime, mais c’est malgré tout un criminel ; deux phrases significatives :
À dix-neuf, j’avais déjà débarrassé la terre de centaines de nuisibles. ( on imagine…)
et
je pense avec admiration à l’Obersturmbannführer Höss, le commandant du camp d’Auschwitz.


J’aurais aimé un peu de distance de la part de l’auteur, mais en restant dans la tête du personnage, c’était certes difficile.
Autre remarque, comme Orcus, je n’ai guère vu de honte, sauf quand on lui arrache son insigne.
Il me semble au contraire qu’il est très fier de ce qu’il a fait.
_________________
Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement (G. K. Chesterton)
_________________
Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement (G. K. Chesterton)
Revenir en haut
DK
Plume de Benu


Inscrit le: 19 Mai 2011
Messages: 198

MessagePosté le: 18/06/2016 18:32:48    Sujet du message: 88 Répondre en citant

Merci de m'avoir donné ton avis, Tober.
J'écris rarement à la première personne, mais pour cette histoire, j'ai estimé que c'était le meilleur point de vue.
C'est un exercice plutôt difficile quand il s'agit d'un rôle de composition.
Je pense que l'histoire que j'avais en tête était tout simplement trop complexe pour un JPH. J'aurais eu besoin de plus de temps - et de caractères Mr. Green - pour bien caractériser mon personnage principal.
Je comprends que pas mal de monde soit passé à côté.
Mais vos avis me sont précieux et j'en tiens compte. Okay
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: 03/12/2016 01:16:15    Sujet du message: 88

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    A vos plumes ! Index du Forum -> Jeux de plumes -> Archives -> Archives 2016 -> Jeu 229 - les cinq sens de la honte -> Critiques constructives Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com