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Rubans
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Auteur Message
Lili
Plume de Benu


Inscrit le: 27 Oct 2015
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MessagePosté le: 14/07/2016 13:27:42    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Rubans

Le jour de la course cycliste, le bistrot faisait l’assiette-repas à cinq euros. Les jeunes sont venus m’inviter, je n’avais aucune raison de ne pas y aller. Inconfortablement installée à une table, le dossier de la chaise métallique s’incrustait dans mon dos. Nous étions au ras de la barrière séparant la terrasse de la route, j’étais tout ouï. À quelques pas, une dizaine de pompiers attendait, autour de leur ambulance, une éventuelle chute de vélo. Tous les habitants étaient dans la rue, surtout les femmes, les hommes étant au travail. Premier passage des coureurs, ils sont nombreux, pensais-je, en percevant le bruit caractéristique des pneus sur le bitume granuleux.

Le serveur était à la table d’à côté, je me suis levée pour demander une bouteille d’eau. Brutalement, je me suis sentie bizarre. Je n’ai pas vu tourner le paysage comme vous, non, c’était comme si je flottais en apesanteur. Des mains fermes m’ont retenue avant que je ne touche terre. Je ne tenais plus debout sans aide. Tomber dans les pommes devant des pompiers désoeuvrés, une aubaine ! Je me suis sentie portée puis allongée. J’entendais une voix ferme donnant des ordres précis, un truc serrait mon bras. Après quelques secousses, mêlées à des grincements, j’ai senti un mouvement, puis j’ai entendu le vacarme du pimpon. Après cinq minutes, le véhicule s’est arrêté. Des voix s’interpellaient :
— Tu restes au milieu de la route, questionne une voix.
— Oui, pas de secousses pour la petite. Mets des plots et les panneaux, les gendarmes arrivent, ils feront la circulation.
C’est là que tout a commencé. Un homme est monté à bord et a ordonné :
— Remontez son tee-shirt et retirez le soutif.
À peine dit, ce fut fait, rouge de pudeur ou blanche de peur, je ne saurais le dire, gênée, c’est certain. On me tripotait comme une vieille poupée dans une brocante, en me collant des ventouses un peu partout.
— Docteur Desbois du SAMU, peux-tu me donner ta date de naissance ?
— 1er avril 1999 ! C'est pas une blague ! Pourquoi tu veux m’épouser, j’ajoutais avec lenteur ?
En même temps, il soulevait mes paupières.
— Suis la lumière des yeux ! ordonne-t-il. Tu ne peux pas ?
— Je suis aveugle docteur, lançai-je comme un défi.
— Excuse-moi. Ton nom, insiste le médecin.
— Élora, enfin Lora…
— Je confirme docteur : la pression artérielle est inférieure à 6, sinon l’électro est normal.
Le docteur touchait les côtés de mon cou, puis mes chevilles, puis posait un truc froid sur ma poitrine, un stéthoscope, je suppose. Finalement on m’a collé un masque sur la bouche et le nez en me recommandant de respirer normalement. Et l’ambulance s’est remise en route. Le médecin parlait, sans doute dans une radio, le retour était nasillard.
— Jeune fille, dix-sept ans, malaise inexpliqué dans la rue, tension très basse, électro normal, consciente. Prévenez les urgences et un lit en cardio, nous sommes là dans dix minutes.

Un lit je m’étonne mentalement, il n’y a aucune raison, je suis bien. Je ne comprends rien à ce qui arrive. Je dois rêver. J’ai dû demander une bouteille d’eau à la mauvaise personne. Le véhicule s’arrête on manœuvre de nouveau le brancard.
— Élora, as-tu une carte vitale ? me demande une dame en passant un bracelet autour de mon poignet.
— Je n’en sais rien, je suis de l’ASE.
Je suis glissée dans un lit, cette fois, et roulée de nouveau. Deux femmes arrivent rapidement.
— Bérénice, infirmière et Sophie mon aide. Nous allons débrancher l’électro du SAMU et te raccorder au nôtre. Nous allons te déshabiller.
J’allais protester, déshabillée, je le suis déjà, mais je n’ai rien dit. J’agrippais le bord du lit pour me soulever.
— Eh, pas question, tu restes allongée.
Résignée, j’ai laissé faire, l’infirmière a glissé mes bras dans une sorte de blouse, que l’aide a attachée par trois nœuds à ruban dans mon dos en me roulant sur le côté. Ensuite elles ont retiré mon pantalon et ma culotte.
— Avec cette « nuisette » c’est plus facile pour les examens, précise l’une d’elles. Sophie va te pousser au scanner.
On m’a glissée du lit sur un support en prenant soin de caler ma tête dans un creux tout en m’expliquant : la table va avancer et reculer, l’appareil va tourner autour de ta tête, reste bien immobile. Après un moment le bruit s’est tu, on m’a de nouveau tirée sur le lit. Le trajet fut plus long avec deux passages en ascenseur.
— Voilà ta chambre, tu seras bien ici, affirme Sophie. On va s’occuper de toi. Voilà l’infirmière, je te laisse.
— Laura, infirmière, je vais faire une prise de sang. Tu préfères le bras droit ou le gauche.
— Je m’en fiche, j’ai horreur de piqûres autant d’un côté que de l’autre !
Elle avait à peine dit « je vais piquer », c’était fait, je n’ai rien senti.
Personne n’a pensé m’expliquer ce que je faisais ici, l’inquiétude m’habitait. Une fierté mal placée m’empêchait de questionner.

Un médecin est venu m’aider à me mettre debout, me faire pencher la tête à droite et à gauche, les bras tendus et un tas de mouvements. Je sentais mon équilibre se débiner comme si j’étais saoule.
— Vous piquez du nez au moindre mouvement rapide et vous avez du mal à tenir sur un pied.
—Vous avez vidé la moitié de mon sang dans vos tubes, comment pourrais-je encore tenir debout ? Je suis entre vos mains de vampires !
— C’est pour les analyses…
— Je suis aveugle, pas débile, je vous vois mal en faire du boudin !
— Recouchez-vous et interdiction de vous lever.
Avec le paquet de fils de l’électro-cardiogramme et la perfusion, je suis branchée de partout, je ne vois pas où je pourrais aller avec ce genre de laisse. Surtout en enjambant les rehausses du lit. Finalement, une infection étant diagnostiquée, j’ai eu droit à un traitement de cheval, paraît-il.

Dans la soirée, Tonton est arrivé avec quelques affaires, dont l’ordinateur et un pyjama. Les hommes ne sont pas à la hauteur, ils n’ont aucune élégance rivée au corps. Il n’a pas cherché, il a pris le vieux pyjama sous mon oreiller. Celui que je porte tous les jours, en pilou rose, les jambes et les manches sont trop courtes. J’ai l’air de sortir d’un marché aux puces avec ce truc. Peu importe, même couchée, la robe hospitalière, haute couture, me gênait. Je dis « haute couture » parce que les trois rubans d’attache sont cousus très hauts : au cou, au milieu du dos et à la taille. Cette cheminée à foyer ouvert laisse un tunnel à accès direct à la piqueuse pour les intramusculaires direz-vous ? Je ne suis pas à l’aise dans cette nuisette qui fait trappe de visite… trappe de désenfumage ou trappe de désodorisation, comme vous voulez. Fermée devant ouverte derrière comme un panorama touristique. Que je sois couchée sur la déchirure ne change rien à la situation. Je pensais au moment où on me demanderait de me lever

J’ai galéré pour enfiler le pyjama un peu étroit, toute seule, pudeur exige, toutefois j’apprécie sa qualité brise vue rassurante. La nuit a été un peu longue à cause des bruits divers, un hôpital ne dort jamais. Le matin, je me sentais mieux. J’ai eu droit à d’autres prélèvements sanguins.

— Ce n’est pas une mononucléose, affirme le médecin faisant irruption dans la chambre !
Eh ! heureusement, comment pourrai-je avoir la maladie du baiser ? Je n’ai jamais léché la poire à personne. Eh oui ! même à dix-sept ans ! Respectant mon prochain : je ne souhaite pas transformer un pauvre garçon en béquille pour m’aider à marcher ou suppléer ma boussole défectueuse. Je verrai plus tard.

Un médecin ORL est venu me chercher et m’a emmenée, en fauteuil roulant, s’il vous plaît ! dans un bureau en me rassurant : Tonton allait venir me récupérer. J’étais heureuse d’avoir gagné mon combat contre l’indécence et surtout d’avoir perdu ma chemise dans ce jeu ! Le diagnostic est partagé entre une labyrinthite et une neuronite vestibulaire qui, semble-t-il, présente les mêmes symptômes. Une infection du labyrinthe de l’oreille droite. Comme je n’ai pas mes yeux pour confirmer les signaux envoyés au cerveau, mon GPS interne serait détraqué par l’infection.

À onze heures, j’ai été éjectée de ma chambre. Ils en avaient certainement besoin pour quelqu’un qui méritait plus que moi d’être couché. Je me suis retrouvée dans une salle commune en pédiatrie au milieu des jouets et de quatre enfants, surpris de trouver une grande sur leur tapis. On m’a servi le repas avec eux, c’était assez bizarre, l’un d’eux voulait me faire manger. J’ai dû être très observée, les enfants ne mattent pas dédaigneusement en douce comme certains adultes, ils ont le regard curieux, mais pur, vers ce qui les entoure.

Ensuite Sophie m’a conduite dans le hall d’entrée, en jeans et Sweet, en marchant cette fois.
— On va venir te chercher, Tonton est en route.
J’étais seule avec mon petit sac et l’ordinateur. Je n’ai pas osé l’ouvrir pour continuer la lecture du livre que j’avais commencée. Je vous donne en mille comment Tonton m’a abordée ? En prenant de mes nouvelles, pensez-vous ? Il simulait une conversation téléphonique avec son ami Jean :

— Pour le choix du bois, chêne ou sapin, nous avons le temps, elle a un sursis, on en reparle.

Jean c’est le menuisier du patelin, il fait pompes funèbres en même temps. Je l’avoue, ses plaisanteries morbides me rassurent, n’est-ce pas bizarre ? J’ai entendu cet adage : « En cas de problèmes, ne cherche pas à comprendre, occupe-toi de tes fesses ! » Je confirme, j’ignore toujours pourquoi la neuronite vestibulaire est une urgence médicale, je me fichais complétement de mes oreilles, ma tête était occupée ailleurs !
J’allais oublier, les nuisettes hospitalières ne sont pas haute couture, en réalité, il y a une quatrième fermeture à ruban sur le derrière et une cinquième sur les cuisses. Sophie s’en était aperçue, toutefois elle n’a pas jugé utile de m’en passer une autre, puisque j’avais l’interdiction de me lever. Avant de partir, l’idée m’a effleurée de lui coller une fessée pour lui remonter les bretelles ! Ne connaissant pas ma propension à l’écriture, elle ne pouvait imaginer la dimension que prendrait cette petite négligence dans une impossible histoire de fesses ?

Lili
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MessagePosté le: 14/07/2016 13:27:42    Sujet du message: Publicité

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Aureplume
Plume de Garuda


Inscrit le: 26 Mai 2016
Messages: 422

MessagePosté le: 14/07/2016 17:55:22    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Je vais le répéter : ce genre de texte mérite une critique constructive.
Je vais préciser ma remarque : si tu as un texte avec dialogues je te conseille de le mettre dans les critiques car je trouve qu'il y a matière à amélioration.

Sinon, je trouve qu'il y a plein d'humour et de cynisme dans tes textes, le personnage principal (inspiré de toi-même) a du caractère, c'est appréciable.
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Lili
Plume de Benu


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Messages: 244

MessagePosté le: 14/07/2016 18:21:09    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Tu veux des dialogues, va visiter ce post :

http://avosplumes.clicforum.fr/t6817-Lutte-de-classe.htm

Nous n'aurons jamais la même approche du dialogue. Les raisons sont simples : toi tu lis, moi j'écoute, c'est déjà différent.

Ensuite tu racontes ce que tu as vu.

Je fais des rapprochement entre les choses que je connais, par ouï dire évidemment, avec ce que je veux exprimer.

Enfin, j'utilise des dialogues avec peu de personnages dans le but de ne pas dire qui parle tous les deux ou trois tirets.

Ceci précisé : tu peux les trouver perfectibles, je n'ai pas la prétention d'être omnisciente, mes limites sont basses.
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Orcus
Plume de Kookaburra


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MessagePosté le: 14/07/2016 21:00:15    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Et si Aureplume nous disait en quoi consistent ces améliorations ? On jugerait ensuite de leur bien-fondé.
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Lili
Plume de Benu


Inscrit le: 27 Oct 2015
Messages: 244

MessagePosté le: 14/07/2016 21:19:53    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Excellente idée, la critique ne me vexe pas, elle me fait avancer.
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Lili
Plume de Benu


Inscrit le: 27 Oct 2015
Messages: 244

MessagePosté le: 15/07/2016 09:38:19    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Aureplume


Tu sembles tenir à la critique constructive. Je poste peu dans cette rubrique parce que ce fil est moins lu. Ce qui n’empêche les lecteurs de donner un avis, certes un peu résumé. La rubrique Sans conséquence convient parfaitement aux « écriteurs amateurs » comme moi

Je ne suis pas une championne de la recherche, à chaque fois, je dois écouter toute la page d’écran, c’est lassant. Je n’ai trouvé que trois textes que tu as signés et , dans ces textes seulement cinq tirets de dialogues et quelques guillemets, qui, à mon avis ne sont pas la bonne typographie. Dans ces dialogues, je n’ai pas découvert d’exemple pouvant me guider sur la façon d’écrire les dialogues pour les « lecteurs voyants ».

Je ne critique pas tes textes, pour cela il faut que je fasse épeler les mots avec précision pour y déceler les erreurs. J’ai simplement écouté directement, ils ne sont pas mal du tout. À part un dialogue franchement grossier dans Petits textes sans conséquence. Si tu as lu ma présentation, tu sais que je connais beaucoup de mots plus ou moins courants, toutefois, ceux qui sont grossiers ou injurieux, je ne leur parle pas.

J’ai pris comme ligne de conduite : mes histoires peuvent être lues par n’importe qui, n’importe où, devant tous les auditoires.

Je ne souhaite pas devenir linguiste ou prof de français, toutefois, je ne voudrais pas voir, dans plusieurs années, exhiber un texte signé Lili donc j’aurai à rougir. Dans l’écriture soutenue, dans l’humour ou la moquerie, je garde une certaine tenue que je juge indispensable.

Si cette réserve choque et nuit à mes dialogues, je n’ai pas l’intention d’en changer.

J’ai déposé une vingtaine de textes sur AVP et au moins le double ailleurs. Tu peux critiquer ma façon de dialoguer sans aucune retenue. Je suis blindée comme un tank et ces remontrances ne peuvent que m’aider à rendre mes dialogues plus faciles à lire pour le lecteur voyant.

N'hésite pas, pour une fois, le modérateur laissera certainement passer tes critiques ici.
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Orcus
Plume de Kookaburra


Inscrit le: 05 Juin 2013
Messages: 912

MessagePosté le: 15/07/2016 09:48:50    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Blindée comme un tank ? Je n'irai pas en Irak avec.
Tu sais quoi ? On t'aime bien, ici, Lili. Baisse un peu la garde.
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Khéops
Plume de Simurgh


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 5 294

MessagePosté le: 15/07/2016 10:02:47    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

@Aureplume : ce que tu dis à Lili, on le lui a déjà dit (moi, entre autres). Si elle continue à poster dans les PTSC au lieu des CC, c'est qu'elle ne souhaite pas avoir de retours critiques sur ses textes, c'est son droit le plus strict. Dans les PTSC, elle n'en aura pas, c'est tout ! Le jour où elle voudra une critique sur son texte, fond et forme, elle le mettra dans la bonne rubrique, ne t'inquiète pas Smile
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Orcus
Plume de Kookaburra


Inscrit le: 05 Juin 2013
Messages: 912

MessagePosté le: 15/07/2016 11:53:29    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Je viens de lire le mode d'emploi de William à propos des PTSC. Ce texte a été écrit en 2007. Depuis, il y a la jurisprudence, c'est-à-dire la façon dont les AVPistes le mettent en pratique. Il est clair, à la lecture des derniers PTSC, que leurs auteurs apprécient les retours qu'on y trouve. J'interprète donc la différence comme suit :
    PTSC : l'auteur ne souhaite pas spécialement de critiques de son texte, constructives on non, mais il apprécie qu'on lui en parle, même brièvement. De leur côté, les lecteurs savent qu'on ne leur tiendra pas rigueur de ne pas faire de commentaires.

    CC : l'auteur veut des commentaires et accepte toutes les critiques, bonnes ou mauvaises, sachant qu'elles seront émises dans un but constructif.

L'auteur a le choix. Certains hurlent quand on change une virgule de place dans leur texte ou se sentent attaqués; d'autres recherchent avidement un lectorat et des critiques qui les feront avancer. Remercions les pères et mères fondateurs de ce forum d'accommoder tout le monde.
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Aureplume
Plume de Garuda


Inscrit le: 26 Mai 2016
Messages: 422

MessagePosté le: 15/07/2016 13:22:04    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Lili,
Si tu penses que j'ai des remontrances à faire quant à tes textes, tu te fourvoies. J'en ai lu une dizaine depuis que je suis sur le forum et tant de talent et de vocabulaire chez une plus jeune plume que moi m'a juste fait redescendre sur terre. J'écris moins bien que toi.

Si je me suis permis de faire une remarque, c'est que tu attendais des retours sur un autre texte posté en critiques constructives. Je trouvais que tes trois derniers textes liés au bistrot (dont celui-là donc) s'y prêtaient mieux et que tu aurais sûrement eu plus de retours pour des textes comme ça.

Khéops fait bien de me rappeler que c'est toi seule qui décide si un texte a besoin de critiques. Mea culpa.

Je ne pensais pas que j'allais faire autant réagir et pour tout dire je me sens penaud.

Mes remarques sur le dialogue (puisque tu m'invites à les donner) sont les suivantes :
Je rejoins les commentaires sur le texte que tu m'as donné à lire, les dialogues manquent de naturel par moment. Le vocabulaire est trop riche ou trop original, tenant du patois par exemple. La conséquence est la suivante, avec toute ma subjectivité j'imagine mal certains mots ou certaines répliques prononcés en vrai.

Pour ce texte :
"Je suis entre vos mains de vampires !"
La réplique me semble déplacée, j'imagine mal une jeune fille dire ça à des médecins. Pour moi ça relève plus de la pensée de la jeune fille que d'une réplique qu'elle pourrait avoir. Elle pourrait plus simplement dire qu'elle en a marre, qu'elle est exténuée ou qu'elle n'en peut plus de tous ces examens.

"je vous vois mal en faire du boudin !" Idem. L'image du boudin semble trop spontanée pour avoir réellement été formulée dans un dialogue. "Je sais que c'est pour des analyses" c'est dans le cas général ce que je verrai répliquer par une jeune fille énervée.

"On va venir te chercher, Tonton est en route."
Pourquoi ce "Tonton" ? On a l'impression que l'aide s'adresse à un enfant, pas une jeune femme. Dans le texte rien ne justifie cette "familiarité" qui arrive tout à coup dans la réplique. "Ton oncle" préférable selon moi.

Je ne te demande pas d'être vulgaire(je ne te demande pas de changer quoi que ce soit d'ailleurs), je n'ai pas de conseils typographiques à t'apporter, ni de bonnes critiques à émettre car je ne suis pas assez bon pour me le permettre.

J'arrive la fleur au fusil, tu peux ranger ton tank Lili. Je rejoins Orcus, pour dire que personnellement, je t'aime bien. Loin de moi l'idée de te froisser.

Je m'excuse d'avoir formulé une critique sur un PTSC, la prochaine fois je passerai ma route.
Je m'excuse Lili s'il y a des fautes, je suis sur smartphone. C'est la deuxième fois que j'écris le commentaire, je l'ai effacé sans faire exprès...
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Orcus
Plume de Kookaburra


Inscrit le: 05 Juin 2013
Messages: 912

MessagePosté le: 15/07/2016 14:16:12    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Que d'excuses ! Tu es gâtée, Lili.
Les images du vampire et du boudin, j'aime bien. Pour "Tonton", je suis mille fois d'accord avec Aureplume. L'auteur n'a pas le droit de s'immiscer dans cette histoire.
Le manque de réalisme des dialogues ? Comme disait le Général (vous êtes trop jeunes pour l'avoir connu) : "vaste sujet". Peu de dialogues sont naturels (c'est une remarque générale, Lili, n'enfourche pas Pégase), ou alors, ils émanent de sociétaires de la Comédie française (style Guillaume Gallienne). Il suffit, pas exemple, de regarder les bêtisiers des séries pour constater à quel point il est difficile de sortir une tirade sans se tromper.
Les dialogues sont toujours un peu apprêtés, l'auteur procède, en quelque sorte, à du montage.
Je te vois bien "parler" comme l'héroïne, mais je n'ai jamais entendu une infirmière des urgences dire : "Bérénice, infirmière et Sophie mon aide. Nous allons débrancher l’électro du SAMU et te raccorder au nôtre". Moi, quand je vais aux urgences, on me dit : "tournez-vous !" Après quatre heures d'attente !
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Aureplume
Plume de Garuda


Inscrit le: 26 Mai 2016
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MessagePosté le: 15/07/2016 14:23:40    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Orcus a écrit:

Je te vois bien "parler" comme l'héroïne, mais je n'ai jamais entendu une infirmière des urgences dire : "Bérénice, infirmière et Sophie mon aide. Nous allons débrancher l’électro du SAMU et te raccorder au nôtre". Moi, quand je vais aux urgences, on me dit : "tournez-vous !" Après quatre heures d'attente !



J'ai failli réagir à cette réplique aussi, mais quand on sait que la jeune fille est aveugle, ça prend son sens de lui parler en annonçant qui est chacun. Je l'ai interprété comme de la bienveillance à l'égard de la jeune femme.


P.-S. : J'aime bien aussi les images de vampires et de boudins... je les aurai vu en dehors des dialogues par contre
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Orcus
Plume de Kookaburra


Inscrit le: 05 Juin 2013
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MessagePosté le: 15/07/2016 14:28:34    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Oui, ça se défend.
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Servanne
Plume de Benu


Inscrit le: 11 Juil 2016
Messages: 150

MessagePosté le: 15/07/2016 15:04:18    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

J'ai bien aimé cette histoire. L'auteure sait écrire, la plume est plutôt aisée et il flotte un je ne sais quoi de surréalisme dans ce récit de la vie ordinaire. Dans sa première partie en tout cas. J'avoue être moins fan des anicroches hospitalières qui suivent et des quelques trivialités de langage disposées de-ci, de-là. Mais je réitère, j'ai pris du plaisir à lire cette péripétie.

S.
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Lili
Plume de Benu


Inscrit le: 27 Oct 2015
Messages: 244

MessagePosté le: 15/07/2016 20:05:38    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Je vais ajouter une seule chose. Lorsque vous vous présentez aux urgences, vous êtes un numéro de sécurité sociale.

L’approche est différente pour moi. On ne me dit pas tournez-vous. On m’explique ce que l’on va faire et pourquoi je dois me tourner. Ne pas voir le bout de son nez a quelques avantages. Je ne peux lire les badges, on se présente, la relation est différente. On me parle souvent comme à un enfant, c'est simplement de l’empathie.

La cécité me place dans une boîte où est apposée la mention « Fragile » sur les six faces. Cette boîte est manipulée précautionneusement, même par les urgences. On m'explique comment fonctionne le scanner, pourquoi j'en subit un, on me prévient, ce n'est pas douloureux. On commente ce que l'on a vu. Je n'entre pas dans le traitement en série où l'on a pas le temps de dire au revoir avant de vous jeter dehors et appelant le suivant.

Les dialogues sont bien réels, je réponds à l’humour du médecin qui utilise l'humour et des blagues morbides pour dédramatiser, à sa façon, une situation qu'il sait difficile pour moi.

Imaginez-vous aveugle et seul dans un hôpital. Je supporte très bien que l'on me traite en gamine dans ce cas-là.

Mes yeux sont cassés toutefois tout le reste fonctionne très bien. Maintenant, si vous ne me croyez pas capable de répondre du tac au tac à une plaisanterie, c’est votre conviction, elle n'engage que vous !

Étant orpheline les gens qui nous accueillent sont des Tontons ou des Parrains, tout simplement et le mien est très blagueur, je suis à bonne école. Et je comprends mal l'interprétation qui en est faite. Seule, aveugle, Tonton, muni d'une délégation provisoire de l'autorité parentale vient me chercher, c'est n'est pas le rôle d'une la croix bleue de signer ma sortie.

Aureplume, ne t’excuse pas, quel que soit le fil, le principal est d’être lu, non ? Chacun ses goûts, nul ne peut plaire à tout le monde, heureusement, sinon la vie serait bien triste ! C'est moi qui t'ai proposé de faire la critique ici même, dans le dessein de préciser en PTSC combien la critique aveugle, sans connaître ou avoir lu la présentation, peut-être sujette à caution. N'en parlons plus ! Ici, il n'y a que des amis devant apprendre à se connaître, à s'apprécier, restant au goût de chacun.

Je regrette simplement d'avoir à justifier chaque phrase et, désormais vous comprenez pourquoi, je ne poste pas en Critiques constructives.

Je le fais sur d'autres sites où je suis connue et n'ai rien à expliquer.

Maintenant, je suis comme cela, j'écris de cette façon parce que, vecteur des événements extérieurs, mon tympan ne traduit pas à mon cerveau de la même façon que vos pupilles. Nous ne verrons jamais les choses d'un point de vue unique.

En résumé je dirai : ceux qui m'aiment me suivent, ceux qui ne m'aiment pas peuvent lire les autres 1 600 posteurs restant sur AVP !

J'espère que vous vous êtes marrés en lisant Rubans, n'est-ce pas le principal !

Je prends note de toutes vos remarques pour en faire bon usage.

Pas de dialogues sérieux ni humoristiques.
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Dernière édition par Lili le 29/07/2016 12:22:13; édité 4 fois
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Lili
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MessagePosté le: 15/07/2016 20:15:42    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Orcus a écrit:
Que d'excuses ! Tu es gâtée, Lili.
Les images du vampire et du boudin, j'aime bien. Pour "Tonton", je suis mille fois d'accord avec Aureplume. L'auteur n'a pas le droit de s'immiscer dans cette histoire.


Quel auteur ? L'auteur c'est moi, je raconte « mon hospitalisation » ai-je zappé un épisode de ta réponse ?
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Orcus
Plume de Kookaburra


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MessagePosté le: 16/07/2016 08:51:30    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Comme dit Aureplume, "ton oncle" aurait paru plus naturel dans la bouche de l'infirmière que "Tonton". C'est un terme familier et enfantin que l'on ne s'attend pas à entendre sortir de la bouche d'une adulte parlant à une autre. Je te donne juste mon impression à la lecture rapide de ton texte.
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Lili
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MessagePosté le: 16/07/2016 12:32:44    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

OK, j'ai pris note.

Le personnel hospitalier connaît les usages de l'ASE (la DDASS n'existe plus depuis très longtemps) et sais que nous avons des « Tontons ».

Tout le monde semble trouver qu'il n'a pas sa place dans les histoires, donc, je vais éviter d'utiliser ce mot. Une avancée de plus.

Orcus a écrit:

Les images du vampire et du boudin, j'aime bien. Pour "Tonton", je suis mille fois d'accord avec Aureplume. L'auteur n'a pas le droit de s'immiscer dans cette histoire.

Je te vois bien "parler" comme l'héroïne, mais je n'ai jamais entendu une infirmière des urgences dire : "Bérénice, infirmière et Sophie mon aide. Nous allons débrancher l’électro du SAMU et te raccorder au nôtre". Moi, quand je vais aux urgences, on me dit : "tournez-vous !" Après quatre heures d'attente !


L'auteur, c'est moi, ne narrateur aussi, je comprends mal ta remarque, si je ne suis pas là, il n'y a ni texte ni héros.
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Dernière édition par Lili le 17/07/2016 10:18:02; édité 1 fois
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Orcus
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MessagePosté le: 16/07/2016 14:57:14    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Tu m'apprends quelque chose. Je comprends mieux pourquoi tu as utilisé ce terme et notre suggestion d'utiliser "Ton oncle" au lieu de "Tonton" n'est plus de mise. Si je te comprends bien, les "Tontons" sont peut-être les oncles de quelqu'un, mais pas nécessairement des enfants dont ils s'occupent.
Je ne sais pas si, dans ce cas, ne plus utiliser ce terme est une avancée. Le nivellement par le bas, personne n'y gagne et dans ce forum, on aime bien s'enrichir (d'expressions !).
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En'Kaï
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MessagePosté le: 16/07/2016 16:34:04    Sujet du message: Rubans Répondre en citant

Encore plus que le texte que j'aime justement pour son aspect "témoignage" d'une situation qui nous est très inhabituelle, ce sont les commentaires qui s'ensuivent que j'apprécie.
Car ils mettent tout simplement en avant plusieurs choses: le point de vue, autant de l'auteur-narrateur, que ceux de l'écrivain et de l'auteur; la compréhension, d'un mot, d'une façon d'écrire, l'impact différent que cela peut avoir selon le cadre de référence de chacun; l'importance du vécu de l'auteur qui transparait au travers des lignes. Et comme ce qu'il vit nous est plus ou moins inconnu, il y a des détails qui n'en sont pas, ou inversement.

Il est clair que si on met trop vite de côté (ce que notre naturel respectif doit faire très vite) que l'auteur-narrateur est atteint de cécité, et que le lecteur, lit, le récit ne prend pas le même sens.

Une chose m'intrigue plus, c'est le titre. Pourquoi "rubans"? Mais je vais le relire. Peut-être trouverai-je.
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MessagePosté le: 08/12/2016 08:50:44    Sujet du message: Rubans

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