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S..... !

 
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Servanne
Plume de Benu


Inscrit le: 11 Juil 2016
Messages: 150

MessagePosté le: 16/08/2016 07:52:33    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

Juste le temps de vous poster une bricole, entre deux phases vacancières Smile
@Choucroute, je n'ai pas oublié ton message, dès le 27 août, promis, je commente Wink








Tous les soirs il la regarde.
Assise derrière un grand bureau, elle est plus proche de la quarantaine rugissante que de la trentaine bondissante. Cependant elle est encore très belle. Avec son chignon d’une rigueur presque mathématique et sa diction remarquable, elle lui narre des villages morts dont la moitié des maisons sont incendiées. L'autre moitié révèle des portes défoncées auxquelles plus personne ne viendra jamais frapper, lourdes du silence des vies et des corps disparus. Elle a l’œil humide et le gloss qui frôle la perfection.

William Agbo Gassama, alcoolique en rémission, doit lutter de toute sa volonté pour ne pas céder à la tentation et aller siffler l’ensemble des mignonnettes alignées comme autant d’aguichantes prostituées sur l'étagère. Un cadeau de Mario, le contremaître, il les lui a rapportées de Florence. William n’a personne à qui en parler, mais il sent encore le manque, surtout le soir, comme si ses veines, petites bouches affamées, se dilataient et réclamaient le liquide nourricier et salvateur. Pour lutter contre l’impérieuse attraction, son esprit martèle une sourate et ses yeux se tournent de nouveau vers l'écran.

D'une main manucurée de frais, elle change de feuille et lui conte maintenant les tristes tropiques après le tsunami. Les rues sont étroites et tristes, les immeubles désertés et délabrés. Plus aucun cocotier ne vient couper les perspectives brutes des murs sales et sombres. Les rares personnes que la caméra attrape dans son champ ne lui adressent même pas un regard, trop affairées dans leur misère quotidienne. Le reportage s'achève, elle baisse la tête avec pudeur, William remarque les plis du cou. Outrages de l'horloge. Qu'importe, sa blondeur de working girl de La Défense et les grands lacs de se yeux ne cesseront jamais de l’ensorceler. Une demi-heure par jour.

Travelling sur une banlieue quelconque. Elles se ressemblent toutes. Nuit d’échauffourées dans le ghetto. Des jeunes s’expriment sur une pelouse constellée d’ordures. L'on croirait qu'une horde de Huns a campée là. Les quelques arbustes brunis par le dessèchement ajoutent à cette impression de désolation. Devant l’objectif, des particules de poussière dansent une gavotte spectrale dans les rayons d’un soleil mort qui ose encore effleurer les dessins obscènes, désespérés et morbides, qui courent sur les murs de la cité nécropole.

La nuit, William se rejoue toujours la même scène. Ad libitum. Comme si la créature qui accaparait ses pensées allait surgir drapée d’enchantement et flotter alentour. Elle l’arracherait à la réalité sordide, ils partiraient sur un voilier faire le tour du monde, plus jamais William ne reviendrait à Auderghem.

Au lendemain, un autre matin blême se lèvera, chargé de brumes et de désespérances. William sortira de ses draps sales avec la rémanence de ce rêve qui l’accompagnera tout au long de la journée. Histoire de pouvoir soulever le marteau-piqueur un jour de plus encore.
La météo se termine. Elle prend congé avec distinction, comme chaque soir. William éteint le téléviseur.

— S….. !


* * *


— Tu attends ce moment depuis des mois, tu ne vas pas reculer maintenant ?
— Elle ne me regardera même pas !
— Le sort d’une groupie n’est pas de demeurer dans l’ombre.
— Je ne saurai pas quoi lui dire !

Jean-François Canard rit de ses propres arguments comme le forain fauché qui manipule des marionnettes rafistolées en sachant qu’elles ne tiendront plus longtemps le coup. Il regarde le bout de ses chaussures cirées avec soin. Il s’est mis sur mon trente-et-un, chemise de soie, veste de lin. Sait-elle seulement que, quelque part sur cette terre, existe un petit être qui vendrait père et mère, ne serait-ce que pour avoir l’insigne honneur de nettoyer ses pinceaux ? Une pression d'Égoïste dans le cou, un soupçon de gel sur la mèche, avec un brin d’advienne que pourra entre les dents, Jean-François boucle son studio pour descendre vers la rue. L’air frais lui saute aux narines et s’insinue dans ses poumons avec un effet stimulant. La température est proche de zéro et Paris est embrumé. Tant mieux, ce providentiel brouillard sera son allié. Jean-François vérifie pour la trentième fois que le carton d’invitation au vernissage est bien dans sa poche avant de me mettre en chemin.

Petit Palais.
Il pénètre dans le les lieux avec respect et appréhension, comme l’on franchit le seuil d’un temple tibétain. C’est un choc frontal. Les œuvres accrochées aux murs le heurtent comme des messages lumineux envoyés à ses yeux. Les toiles sont des miracles, emplies d'impasses et d'échappatoires, des écorchures vives, des caresses de plume sur une peau à vif, des vents brûlants, des absences enceintes de la promesse de retrouvailles, des insolences insensées, des vouloirs de la jeunesse, de la fausse fragilité, de la fierté de ne pas fléchir. Sa peinture est un tel vertige émotionnel que Jean-François doit s'adosser quelques instants à un bout de mur pour reprendre ses esprits.

Elle est là.
Berthe Vivienne, celle qui a réinventé la peinture, la déesse de la transfiguration picturale. Elle est comme son travail, encore plus remarquable une fois confrontée à la réalité. Jean-François est à la fois terrorisé et habité d'un feu inapaisable dans mon ventre. L’artiste parle avec de grands gestes à l’attention d’un homme et deux femmes. Son auditoire gravite comme des planètes moindres autour d'un soleil éblouissant. Jean-François a les mains moites et le cœur qui bat la chamade en commençant à avancer vers l'endroit où elle se trouve. Il se pétrifie sur place, lorsque cette chanteuse populaire un peu siphonnée fait irruption à grands cris et vient éteindre l'artiste comme si elles avaient été élevées ensemble. Et là, Jean-François comprend qu’il évolue dans un autre monde que le leur. Il se rend compte qu’il n’est qu’un imbécile, les sardines ne nagent pas avec les baleines, une insignifiance qui n'a rien à faire en cet endroit, et au lieu d'aller lui parler, il décide de s'enfuir. Alors qu’il joue des coudes vers la sortie, leurs regards se croisent brièvement. Jean-François se fige. Elle l’encourage d’un froncement de sourcils. Il approche timidement.
— Bonjour.
— Pareil.
— J’adore ce que vous faites.
— Moi aussi, ça tombe bien.
Elle rit à sa blague stupide. Jean-François est un poil déconcerté. Un serveur passe et ils saisissent une flûte de pétillant.
— Alors, que faites-vous dans la vie, jeune homme quand vous ne fréquentez pas les galeries de peintures ?
— Je suis étudiant en lettres.
— Ah, c’est formidable ça, les lettres. Et qu’est-ce qu’un féru de belle écriture aurait à dire sur mes œuvres ?
Et là, tout le discours que Jean-François avait patiemment préparé depuis des semaines s’effondre à ses pieds. À la place, il bafouille une tirade lamentable sur ses sentiments à son égard. Moment de silence embarrassé. Elle penche la tête. Une moue désinvolte étire son long visage et Jean-François constate avec horreur qu’elle s’ennuie mortellement.
— Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris...
— Ne vous excusez-pas, c’était fort charmant. Charmant mais vain. Voilà pourquoi j’aime les littéraires. Ah, ce romantisme exalté, cette impression que les élans du cœur doivent toujours se finir en duel sur le pré, comme dans Madame Bovary !
— C’est dans Le Rouge et le Noir.
— Pardon ?
— Il n’y a pas de duel dans Madame Bovary, vous devez confondre avec le Rouge et le Noir.
— Non non, je vous assure, jeune homme, que c’est bien dans Bovary. Excusez-moi, mais les mondanités m’appellent.
Elle part dans le glissement de sa robe vers un groupe de personnes qui attendent sa divinité avec surexcitation.
Jean-François reste planté comme un cèpe au milieu de la salle.

— S….. !

* * *


J'ai la gerbe.
Nue devant le miroir ovale qui trône au-dessus du lavabo, une fine pellicule de sueur scintillant sur mon corps, je prends appui sur la faïence afin de faire cesser le haut-le-cœur qui m’assaille.

Il faut vraiment qu’on arrête de se mettre minable le samedi soir…

Promesse branlante. Je laisse les spasmes s’estomper avant de me passer de l’eau froide sur le visage, puis relève les yeux vers le miroir. Mon propre regard, et ce que j'y lis, me fiche un peu la frousse. Ça fait longtemps que je ne me suis pas examinée en détails. Je constate avec une certaine vanité que l’ensemble est plutôt satisfaisant. Orgueil quand tu nous tiens. À part le regard vitreux signé Herr Jägermeister.
Je recule pour avoir une vue d’ensemble. J'ai toujours été vaguement consciente que mon épaisse chevelure retombant en cascade sur mes épaules, mon corps mince et souple, mes yeux moqueurs et mes lèvres charnues inspirent souvent désir ou confusion chez la gente masculine et la jalousie chez mes pareilles. Dès la prime adolescence, j'ai compris le pouvoir qu'exerçait la beauté sur les jeunes – et moins jeunes – hommes. Je les ai vu me scruter de bas en haut. J'ai remarqué les regards gourmands et les bouches lippues se poser sur mes chevilles, remonter mes jambes, s’attarder sur ma croupe, s'élever le long de mon corps et atteindre ma poitrine insolente qui pointait déjà sous mes sages robes. C’est curieux comme ils n’allaient pas jusqu’à affronter mes yeux. Ou très rarement. Puis, les adolescents libidineux ont grandi, certains ont peut-être déjà des situations bien établies, des kyrielles de mouflets, mais les regards n’ont pas vraiment changés.
Revenant à des considérations plus matérielles, je contemple mon reflet. Les petits sillons en éventail n’ont pas encore fait leur apparition au coin de mes yeux. Mes seins se tiennent tous seuls et pas une once de graisse sur le ventre. En me souvenant de quelques mots d’un poète oublié, j’envoie à mon reflet une grimace insolente pour mettre un terme à cette autosatisfaction puérile. Les arbres qui regardent le soleil passer, d’un horizon à l’autre, d’une saison à la suivante, demeureront encore ici quand nous ne serons plus que cendres de souvenirs. Alors quelle importance, en fin de compte, d’être ou d’avoir été, de graver leurs troncs de nos initiales ? À part peut-être l’irrésistible nécessité de laisser des traces de nous.
Soudain, comme une révélation, je crois comprendre pourquoi de tous temps, les hommes se sont évertués à barbouiller les murs des cavernes ou des villes de dessins et de messages, quitte à braver les interdictions et les répressions. Sur les murs ça reste longtemps, les mots, tout le monde peut les lire. Ce besoin impérieux de marquer l’espace de son empreinte, fût-il vanité, je le ressens me drainer comme une évidence, ici, nue et à moitié ivre, devant le lavabo de la salle de bain de ma meilleure amie. Je fouille dans mon sac à main et en sort mon vieux tube de rouge à lèvres cerise que je n’utilise que rarement – il fait mère maquerelle, dit Pauline avec son tact habituel – et je me mets à tracer des volutes grasses et écarlates sur la faïence pâle du mur.

La chance n’a de réalité que parce qu’on a su se la créer…

Ce n’est pas la peinture la plus difficile que j’ai fait de ma vie mais elle a au moins le mérite d’avoir un sens. Je tressaille comme une feuille dans le vent lorsque l'on toque à la porte.
— Tu as fini tes ablutions, jeune beauté athénienne ?
Amusée, je m’enroule dans un drap de bain et réponds par l’affirmative.
— Puis-je entrer ?
Je libère le loquet. Une forêt de lianes blondes s’immisce dans l’encadrement de la porte.
— T’as dessoulé ?
— A moitié…
Nous échangeons un bref regard de repentance complice.
— C’est toi qui as fait cette cochonnerie sur le mur ?
— Ouaip.
— C’est grave moche.
— Un peu comme toi.
Pauline s’empare de la broche à cheveux et fait demi-tour.
— Tu commences à avoir de la cellulite sur les jambons, ma vieille, faut arrêter la mayonnaise avec les frites !
Et son rire s’évanouit dans le couloir.

S...... !
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MessagePosté le: 16/08/2016 07:52:33    Sujet du message: Publicité

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Lili
Plume de Benu


Inscrit le: 27 Oct 2015
Messages: 244

MessagePosté le: 17/08/2016 09:56:58    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

Je n'ai pas compris tout le sens, toutefois, je suis une mauvaise lectrice, tu le sais.
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choucroute vélocipédiqu
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Inscrit le: 02 Déc 2014
Messages: 297

MessagePosté le: 17/08/2016 10:40:17    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

De petites fautes (orthographe et autres) :

"qu'une horde de Huns a campé là"

"Il s’est mis sur son trente-et-un"

"avant de se mettre en chemin"

"Il pénètre dans les lieux avec respect"

"habité d'un feu inapaisable dans son ventre"

"et vient étreindre l'artiste comme si elles avaient été élevées ensemble"

"vers un groupe de personnes qui attendent leur (?) divinité avec surexcitation."

"Je les ai vus"

"n’ont pas vraiment changé"

"Ce n’est pas la peinture la plus difficile que j’ai faite de ma vie"

Pour ce qui est du fond, j'ai beaucoup aimé, même si certains passages m'ont semblé écrits un peu trop pompeusement. Une de mes collègues dirait sûrement : "Celle-là, elle aime s'entendre parler" (tu la traiterais sûrement de "S..... !")

"d’un soleil mort qui ose encore effleurer les dessins obscènes, désespérés et morbides, qui courent sur les murs de la cité nécropole.

La nuit, William se rejoue toujours la même scène. Ad libitum. Comme si la créature qui accaparait ses pensées allait surgir drapée d’enchantement et flotter alentour.
"

"Les toiles sont des miracles, emplies d'impasses et d'échappatoires, des écorchures vives, des caresses de plume sur une peau à vif, des vents brûlants, des absences enceintes de la promesse de retrouvailles, des insolences insensées, des vouloirs de la jeunesse, de la fausse fragilité, de la fierté de ne pas fléchir."


"Les arbres qui regardent le soleil passer, d’un horizon à l’autre, d’une saison à la suivante, demeureront encore ici quand nous ne serons plus que cendres de souvenirs."

Ton ton me semble par moment plus sombre qu'à l'accoutumée. Si j'osais, je dirais, sans moquerie, qu'il y a du Monio dans certains passages. Le blues des vacances ?


Dernière édition par choucroute vélocipédiqu le 17/08/2016 10:52:28; édité 1 fois
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choucroute vélocipédiqu
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Inscrit le: 02 Déc 2014
Messages: 297

MessagePosté le: 17/08/2016 10:49:26    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

J'espère que Servanne et les administrateurs me pardonneront cette critique dans une partie qui ne s'y prête pas forcément. Je ne l'ai faite que poussé par une bonté toute catholique (j'en profite pour vous dire que c'est aujourd'hui la St Carloman - un fils de Charles Martel qui s'est livré dans un passé lointain à de pieux massacres).
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Lili
Plume de Benu


Inscrit le: 27 Oct 2015
Messages: 244

MessagePosté le: 17/08/2016 11:13:20    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

Tu as oublié : — Ne vous excusez pas,

La crique est bien dure : sans conséquences, normalement un avis général suffit.

Lorsque j'ai des corrections ou des critiques dures, j'envoie le détail en empé
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Dernière édition par Lili le 17/08/2016 11:57:53; édité 1 fois
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choucroute vélocipédiqu
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Inscrit le: 02 Déc 2014
Messages: 297

MessagePosté le: 17/08/2016 11:28:10    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

Attention, je le répète : j'ai beaucoup aimé.

Le dernier "S.....!" claque vraiment bien. Peut-être même mieux que les autres, d'ailleurs... Dans les deux premières situations, on a plutôt de la déception (une icône s'écroule). Insulte-t-on quand on est déçu ? je ne sais pas. On reste plutôt bouche bée ou on pleure. On reste planté comme un cèpe... Dans le troisième cas, le personnage a la rage de voir sa propre image se fendiller. C'est de la "rage", plus que de la "déception", qui la pousse à dire le mot qui fâche. Et là, je dis "oui" !
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Servanne
Plume de Benu


Inscrit le: 11 Juil 2016
Messages: 150

MessagePosté le: 17/08/2016 12:36:19    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

Merci pour tes relevés Chouchou Smile C'est en effet ce que je voulais, un texte entre sarcasme et déception.
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Dolo21
Plume de Benu


Inscrit le: 06 Mai 2016
Messages: 204

MessagePosté le: 18/08/2016 21:59:19    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

Okay
Servanne, tu es vraiment douée en écriture. Tes textes sont un régal.
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Servanne
Plume de Benu


Inscrit le: 11 Juil 2016
Messages: 150

MessagePosté le: 19/08/2016 06:56:00    Sujet du message: S..... ! Répondre en citant

Merci Dolo21 Smile
Bon puisque tu aimes mes textes, j'en publie un autre ce matin, toujours sur le ton de la légèreté Razz
S.
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MessagePosté le: 03/12/2016 22:50:04    Sujet du message: S..... !

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