A vos plumes ! Index du ForumA vos plumes !
Forum littéraire, qu'on se le dise !

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle
Aller à la page: 1, 2, 3  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    A vos plumes ! Index du Forum -> Plumes d'écrits -> Petits textes sans conséquences
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Lunatik
Plume de Griffon


Inscrit le: 16 Nov 2008
Messages: 2 309

MessagePosté le: 08/10/2016 21:17:22    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Le Loup et l’Agneau sur les chemins de Compostelle


La première fois que j’ai perdu un sein - le droit - c’était en comité restreint sous les yeux blasés de trois ou quatre témoins vêtus de blanc, qui avaient vu pire. On est vite passés à autre chose, même si l’expérience, forcément, resta gravée en moi de manière indélébile.

La seconde fois, c’était au beau milieu de la salle d'embarquement, bondée, de l’aéroport de Roissy à Paris, et l’on m’a reluquée comme une bête de foire alors que l’objet du délit fuyait mollement entre les pieds des voyageurs pressés qui le heurtaient par inadvertance, shootaient, le renvoyant chaque fois plus loin de moi. Pliée en deux, j’ai slalomé entre une bonne vingtaine de jambes avant de remettre la main dessus et de le fourrer dans ma besace. Puis je me suis réfugiée dans les toilettes des dames pour le réajuster sur mon torse plat, et retrouver une silhouette féminine plus conventionnelle. Après cette mésaventure, armée d’une aiguille et de fil DMC, j’avais customisé mon soutien-gorge afin que tout ce qui s’y trouve y reste, quelles que soient ma position et les circonstances.

La troisième fois - à ce stade, aurait ronchonné ma grand-mère, ce n’est plus de la distraction mais de la provocation - mon sein a dégringolé de mon décolleté avec un plop nonchalant sur le carrelage de la salle commune alors que je me déchaussais, entourée des quelques coureurs harassés parmi les premiers arrivés de notre groupe.
Nous étions une vingtaine de traileurs à participer à cette épreuve par étapes empruntant les chemins de Saint Jacques de Compostelle, et nous courions depuis trois jours dans l'herbe et la boue, tour à tour sous le soleil et la pluie. La fatigue, le bonheur simple d’être là, dans ce gîte pittoresque perdu au coeur de la forêt et coupé de tout, du monde et de ses turpitudes, avec ces compagnons qui ne se préoccupaient que de leurs pieds meurtris et de leurs cuisses courbatues, avaient émoussé ma vigilance. Focalisée sur mon genou blessé, j’avais oublié que mon soutien-gorge de sport, réfractaire, de part sa conception spéciale, à toute tentative de customisation, n’offrait pas à mon sein baladeur la même sécurité que mes sous-vêtements de ville.
Il s’est fait un grand silence tandis que la chose gisait, méduse rosâtre échouée sur le bleu lagon de la faïence, sous les regards ébahis de mes camarades d'échappées sylvestres.

— Oups ! ai-je balbutié avec un sourire gêné en le ramassant promptement.

Aucune répartie spirituelle ou appropriée n’ayant daigné me traverser l’esprit, j’en suis restée là. Les autres aussi, bénis soient-ils, bien que les questions semblaient se bousculer sous leurs crânes ruisselants de sueur. Pascal, dont le QI n’atteindrait probablement jamais les deux chiffres, s’apprêtait à commenter l’évènement mais le coude du vieux Louis vint sèchement s’enfoncer dans ses côtes et lui coupa la chique. Il referma la bouche, inspira, la rouvrit, se prit un coup de gourde dans les reins par Thierry, et la referma.
Franck relança la conversation sur les mérites respectifs des chaussures Altra comparées aux Hoka, le drop, l’amorti et tutti quanti. Louis m’adressa un sourire, et tous reprirent leur bavardage en pétrissant leurs muscles endoloris et se gavant de boissons de récupération riches en protéines, glucides, minéraux, anti-oxydants et que sais-je encore. J’étais la seule à carburer à l’eau, avant-pendant-après l'effort, et cela suffisait à faire de moi une alien parmi ces sportifs aguerris qui affichaient tous au compteur des milliers de kilomètres sur les sentiers et des années d’expérience de plus que moi.

Je coulai un regard discret vers Ulrich, le pur sang qui caracolait en tête depuis le départ, au coude à coude avec Louis, un briscard aux jambes arquées, plus coriace et tordu qu’une racine d’arbre trois fois centenaire. Dès le premier jour, je les avais suivis de loin, tranquillement, calant ma foulée sur la leur, bouillonnante d’énergie mais trop novice pour savoir la canaliser et maintenir une allure régulière. Je comptais sur eux pour garder la tête froide et le rythme ad’hoc.
C’était ma première course, et je ne voulais pas commettre l’erreur typique du débutant qui se carbonise en partant trop vite ou courant par à coups. De plus, je cavale toujours le nez au vent, la tête dans les nuages, une manière imparable de manquer le balisage et perdre son chemin. Combien de fois, à l'entraînement, suis-je rentrée chez moi à la nuit, hagarde, après avoir parcouru quarante kilomètres au lieu des quinze initialement prévus, parce que j’avais loupé la signalisation à un embranchement ? Alors que suivre Louis était un jeu d’enfant : il portait un short rose pétant, brodé d’une fleur du même nom sur la fesse gauche, qui le condamnait à être la risée de tout le groupe… mais se repérait à mille lieues, même dans les sous-bois les plus denses. Louis secouait la tête en souriant aux vannes des autres mais ne changeait pas de short. Il se contentait de le laver à la main, chaque soir, et de le mettre à sécher sur le radiateur pour le renfiler le lendemain matin.

— C’est mon porte bonheur, prétendait-il, goguenard. Grâce à lui, je vais tous vous fumer, bande de mécréants.

Quant à Ulrich, j’aurais suivi son joli cul pommé jusqu’en Terre de Feu ; il était à lui seul une motivation assez puissante pour me faire galoper jusqu’à mâcher ma langue et mes poumons. L'étalon, cependant, avait déjà disparu de mon champ de vision alors que je tripotais encore nerveusement mon sein posé sur mes genoux. Visiblement, l’attrait d’une douche chaude semblait plus impérieux que celui de satisfaire sa curiosité à propos de mon anatomie en kit. En gros, mon nichon facétieux, il n’en avait rien à battre. Je me demandai si c’était de bon ou mauvais augure.
Je récupérai mon paquetage - qu'il avait obligeamment descendu de la navette d'intendance en même temps que le sien - et le hissai à l’étage, en quête d’une chambre libre. Je m’affalai sur le premier lit croisé sur ma route, dans un dortoir qui en comportait trois, dont un déjà occupé par une valise crachant son contenu dans un rayon de deux mètres, a minima. Un boxer et un tee-shirt Deadpool séchaient, suspendus aux poignées de fenêtres. Je reconnus le désordre désinhibé d’Ulrich, désormais familier. Nous courions, mangions, dormions ensemble depuis trois jours, et cela crée des liens, comme un stage accéléré de vie de couple. Je remarquai les deux oreillers sur son lit et la couverture supplémentaire sur le mien : il m’attendait donc. Cette attention m’arracha un sourire. Contrairement à lui, je suis frileuse et dors à plat, des particularités qui faisaient que nous nous complétions parfaitement dans la répartition du linge de lit. Par ailleurs, en raison de son caractère revêche, les candidats ne se bousculaient pas pour partager sa chambre, ce qui me convenait parfaitement.

— Tu devrais en profiter avant que les sauvages ne débarquent et vident le ballon d’eau chaude, me dit-il peu après, une minuscule serviette nouée autour des hanches et le dos emperlé d’eau, ses cheveux blond pâle gouttant sur ses épaules laiteuses.

Il arborait sur le flanc gauche, partant de l’aisselle, un tatouage noir et bleu compliqué, aux formes organiques alambiquées, qui se divisait en fin de course pour se répandre d’un côté jusque sur ses reins et de l’autre se couler vers l’aine, disparaissant sous les replis de la serviette. Lorsqu’il bougeait, le tatouage semblait animé d’une vie propre et onduler à la surface de sa peau.

— Laisse-moi d’abord savourer ces deux minutes de silence et de calme avant la tempête, répondis-je en me débarrassant de mon cuissard.

En culotte Batman noire et jaune, je m’allongeai sur le matelas au drap rêche, les jambes en l’air appuyées contre le mur pour les soulager. La position relança ma circulation sanguine, et je soupirai d'aise, mains croisées derrière la nuque. Unique fille dans le groupe de tête, les autres n’arrivant que loin derrière, deux ou trois heures après moi, je bénéficiais, selon un accord tacite entre les coureurs mâles, d’un privilège de priorité à la douche. On m’accordait galamment quelques minutes d’avance sur le peloton d’enragés qui se disputaient ensuite les derniers litres d’eau chaude. Les retardataires, dont les autres filles, se lavaient à l’eau glacée… Seul Ulrich n’adhérait pas à ce système, par une sorte de goujaterie insouciante, de respect de la stricte égalité des sexes ou d’égoïsme pur et dur. Peu m’importait. Ainsi, il me traitait en égale, et ça m'allait bien.
Il me lança une barre de céréales - à la figue, mes préférées - que je me mis à mâchonner, et entreprit de se masser les cuisses, consciencieusement, comme chaque soir. Le parfum familier et lénifiant de camphre et d’huiles essentielles, arnica et gaulthérie, envahit la pièce. Je me sentais sereine, apaisée ; l’épisode embarrassant du sein fugueur était déjà relégué loin dans les brumes de mon inconscient.
Mon genou droit me lançait encore, mais il avait désenflé et ne suintait plus. Je me l’étais couronné dès le premier jour, au septième kilomètre, sur des rochers acérés, suite à une glissade incontrôlée dans une descente particulièrement technique. J’avais attaqué trop vite, ripé sur une zone argileuse, buté sur une racine, et fini à plat ventre, les paumes râpées, le tibia et le genou écorchés. J’avais saigné sur trois bons kilomètres, refusant de baisser le regard vers ma jambe de peur de constater que j’allais devoir abandonner à peine lancée. J’avais déconnecté mon cerveau, débranché les nerfs qui m’envoyaient leurs messages de douleur, et bouclé l’étape six minutes derrière le duo de choc, en troisième position. Franck, bon quatrième, nous avait rejoint trente huit minutes plus tard, loin devant le reste du peloton.

À présent, l’estomac calé, l’adrénaline retombée, je me sentais mollir et luttais contre l’envie de fermer les yeux, qui m’aurait privée du ballet des mains d’Ulrich glissant sur ses muscles comme ciselés dans l’albâtre, en des mouvements lents quasi hypnotiques, et c’eut été plus que dommage - un véritable crime. Ses jambes incarnaient la perfection, déliées et puissantes, et je ne me lassais pas de les regarder, d’admirer les tendons saillir sous la peau diaphane d’une cheville, la rotule rouler délicatement sous ses doigts.
Ulrich était une superbe machine à courir, alliant efficacité, grâce et sauvagerie, et cela me fascinait. Il avalait les kilomètres avec une facilité et une aisance qui rendait dérisoire toute tentative de le suivre s’il décidait d’allonger sa foulée. Pour lui, blessé lors d’une chute en VTT qui avait laissé son dos gravé d'une longue cicatrice boursouflée et sinueuse, cette course n’était qu’une promenade, une remise en forme à la sortie d’une interminable convalescence. Difficile d’imaginer ce dont cette mécanique magnifiquement calibrée était capable en pleine possession de ses moyens…

Bercée par le murmure soyeux de ses paumes montant et descendant sur ses jambes, je laissai mes pensées vagabonder, quand ce qui devait arriver arriva : la serviette chut, et de vagabondes mes pensées devinrent inavouables. Le Bat-signal sur ma culotte sembla soudain pulser follement.

[ à suivre ]

— Merde ! grogna Ulrich avec un mouvement vif pour rattraper sa serviette, m’offrant un splendide panoramique sur ses fesses d’une rondeur à croquer.
— Mais putain ! renchérit-il quand son coude heurta le flacon d’huile - ouvert - qui valdingua dans sa valise. Merde ! Merde ! Merde !! Putain de bordel de merde !
— On ne peut pas être un dieu du sport ET nobel de littérature, soupirais-je avec une pointe de déception, les pieds toujours en l’air et la tête renversée afin de ne pas perdre une miette du spectacle.
— Quoi ? dit-il en se penchant pour essayer de sauver ses vêtements techniques du tsunami huileux, et sans plus aucune considération pour son état de nudité avancé.
— Non, non, rien, répondis-je, intriguée par l’éclat métallique que je venais d’apercevoir, haut entre ses cuisses.

Du métal ? Bionique, ma machine à courir ? Je me dévissai le cou pour mieux voir, mais l’angle était mauvais et le sujet remuant ; je ne découvris rien de plus, si ce n’est qu’Ulrich ne sacrifiait pas à la mode de l’épilation intégrale - un bon point pour lui, quoi qu’en disent les magazines féminins. Mes cervicales n’étaient pas loin de la rupture quand un bruit de chahut dans les escaliers annonça l’arrivée des autres à notre étage. Pascal stoppa devant notre porte et gloussa :

— Tu veux que Franck te donne un coup de main, Ulrich, pour ramasser ta savonnette ?

Franck, notoirement à voile et à vapeur, lui fila une bourrade en passant derrière lui :

— Tu ne l’avais pas faite depuis presque deux jours, celle-la, t’es en progrès.

Ulrich ne daigna pas répondre, ni se retourner - même si ses fesses se contractèrent légèrement.

— Putain ! Un Raidlight tout neuf ! râla-t-il encore en essayant d’éponger un cuissard blanc auréolé d’une large tâche jaunâtre.
— T’as déjà assez d’huile ou je lui dis d’amener son flacon ? insista Pascal.
— Bon, t’es lourd, là, soupira Ulrich en s’essuyant les mains. Et ne reste pas planté à me mater le cul, tu me rends nerveux.

J’entendis Franck rire dans le couloir, un grand rire franc et agréable, et Pascal battit en retraite, en protestant de son innocence à qui voulait bien l’entendre.
Ulrich, à mon grand regret, finit par s’habiller, et je basculai en tailleur sur mon lit. Quand il leva la jambe pour enfiler son boxer, j’entrevis de nouveau l’éclat métallique, sous la ligne des fesses, qui me laissa rêveuse… Puis, le brouhaha de chamailleries en provenance des douches m’arracha à ma contemplation ; j’attrapai mes affaires de toilette et filai défendre mon privilège tant qu’il restait encore un peu d’eau chaude.


***

J’avais choisi de m’inscrire à cette course-là en particulier, qui proposait de découvrir les chemins de Saint Jacques de Compostelle, pour plusieurs raisons, dont aucune en rapport avec une quelconque ferveur religieuse, malgré ma situation qui aurait pu justifier un pèlerinage en quête d’un petit miracle, vite fait, si t’as cinq minutes entre deux guerres et ta tartine de Nutella, mon Dieu. Amen.
Un beau jour de mars, à l’occasion du poulet rôti hebdomadaire que nous partagions sans faute chaque vendredi soir, j’avais informé ma grand-mère de mes velléités sportives :

— Combien, dis-tu ? avait-elle bramé en triturant son sonotone. Satané appareil, il grésille tellement, j’ai cru entendre trois cent un kilomètres.
— Trois cent vingt, en fait, avais-je rectifié, comme si cela changeait quelque chose.

Ma grand-mère s’était tournée vers moi, un doigt planté dans l’oreille et les yeux plissés par la fumée de sa cigarette :

— Ne dis pas de bêtise. Personne ne court trois cent vingt kilomètres.

Comme je demeurais silencieuse, attendant que l’idée fasse son chemin dans sa cervelle tenue au chaud par une charlotte à bigoudis Bob l’Éponge (mon cadeau pour ses soixante dix ans), elle insista :

— N’est-ce pas ?
— Eh bien, si : moi. J’espère. Et une vingtaine d’autres dingos, si j’en crois les inscriptions.
— Oui, mais toi tu es… enfin, qu’en pense le Docteur Léra ?
— Que du bien, dis-je avec aplomb, sans en avoir la moindre idée (en même temps, c’était une question stupide : je ne suis pas télépathe…)
— Mais tes traitements ? La fatigue ?

Je haussai les épaules :

— Ça ira…
— Combien de kilomètres, au quotidien ? s’inquiéta-t-elle.
— Entre quarante et cinquante, selon les étapes.
— Tout en courant ?
— Tout en courant.
— Mais ça représente plus d’un marathon par jour ! Pendant une semaine !

Je n’avais pas su quoi répondre à ça. J’aurais voulu la rassurer, mais je n’étais sûre de rien, sauf que ce serait dur.

— Tu courras sur la route ? On pourra te suivre en voiture ?
— Non, que sur des petits chemins. Tu vas devoir sortir l’hélicoptère.

Ça ne l’avait pas fait rire. J’imagine qu’elle devait penser à tout ce qui pourrait m’arriver de terrible et dangereux, seule au coeur de la Margeride, sur les falaises de la vallée du Célé, ou dans les forêts du plateau caussenard.
Enfin, elle avait posé la vraie question :

— Mais pourquoi ? Tu cours depuis des années et jamais tu n’as voulu participer à une course. Même pas aux cinq kilomètres d’Odyssea qui passent devant ma porte tous les ans !
— Justement. C’est l’occasion de tenter une nouvelle expérience.
— Tu ne veux pas commencer par un circuit plus facile ? Moins long ? Pour t’entraîner. Il y a plein de gens très bien qui courent dix ou douze kilomètres, et c’est déjà un exploit ! Ensuite, avec le temps…
— Non, avais-je répondu sans développer, incapable de lui avouer que je ne comptais rien commencer du tout, que cette course serait la seule que je courrais jamais. Non, Mamidée, celle ci sera parfaite.

Je n’avais aucune intention de me lancer dans une carrière sportive, je voulais juste faire un truc un peu dingue avant de mourir. Quelque chose qui me ferait sentir vivante, plus intensément que jamais, qui me sortirait du marasme dans lequel je m’étais embourbée ces derniers mois. Mais ce n’est pas le genre d’idée farfelue qu’on partage autour d’un poulet-frites avec sa mamie dont on est la seule famille, alors - une fois n’est pas coutume - j’avais fermé mon clapet.

Dans les jours qui avaient suivi, Mamidée avait évité le sujet mais elle m’avait offert une nouvelle paire de baskets, des Asics Gel Fuji Trabuco, confortables comme des chaussons. Souples et stables, avec un fabuleux amorti, c’était les meilleures chaussures que j’aie jamais possédées, et les plus belles : elles pétaient la classe, avec leur semelle d’un orange flamboyant et leur empeigne en mesh noir et gris. J’étais enchantée de ces baskets, moi qui n’avais jamais couru qu’avec du matériel bas de gamme. Je les nettoyais soigneusement après chaque sortie, aérant la semelle intérieure, brossant le pare-pierres et les crampons. Avec elles, fini les cloques, les douleurs aux genoux et l’impression de me trimballer des péniches aux pieds.
Et pendant des semaines, j’avais couru. Chaque soir, en rentrant du boulot, ou en matinée le week end ; je ne m’autorisais de repos qu’en revenant de l’hôpital, pendant les deux ou trois jours suivant les traitements. Le reste du temps, je n’avais fait que cela : courir. Dix, quinze, vingt, trente kilomètres. Parfois plus, parfois moins, mais qu’il pleuve, qu’il vente, je courais. Parfois sous le soleil de midi, parfois à la frontale, sous la lune. Je courais seule, à travers champs, sur des chemins déserts, et laissais mon sein à la maison, vu que les sangliers et les chevreuils, ces braves bêtes, n’en ont rien à foutre du nombre de mamelles des joggeuses. J’aurais voulu pouvoir laisser les deux, parce que le trip amazone n’est fun et sexy que dans les bouquins, mais le gauche tenait encore obstinément sa place. Je courais, et je me sentais merveilleusement bien.

Un mois avant le départ, je reçus par mail mon carnet de route, avec le détail des étapes, l’itinéraire, et le nom de mes futurs compagnons de sentier. Il ne me restait plus qu’à envoyer un chèque pour le solde de l’inscription, et l’incontournable certificat médical confirmant que mon état de santé ne présentait aucune contre-indication à la pratique de la course à pied et de l’ultra-trail en compétition.
Et c’est là que les choses s’étaient corsées. Parce qu’évidemment, le Docteur Léra n’allait jamais rien signer de tel. Pas alors que j’étais sous traitements lourds et cardio-toxiques. Pas alors que je me trimballais, par-dessus le marché et depuis l’enfance, un souffle au coeur. Et surtout pas alors que ma dernière échographie cardiaque trimestrielle lui avait fait froncer le nez comme devant un Maroilles en putréfaction, et qu’il avait réclamé un nouvel examen.

Pourtant :  « À coeur vaillant… » comme dirait l’autre. J’avais donc improvisé.

[ à suivre ]

Pas assez qualifiée pour jouer les Mata-Hari ou Bojarski, je comptais tout bêtement y aller au culot.
J’achetai chez Décathlon - à fond la forme ! - une brassière de sport en coton molletonné double épaisseur, aux bonnets préformés, et dotée de larges bretelles. Le truc tellement enveloppant et rembourré qu’on peut à l’aise y planquer son paquet de cigarettes ou un AK-47 sans que personne ne le remarque - Mamidée aurait adoré. Sexy à mort.
Je l’avais prise vert fluo - essentiellement parce qu’il n’y avait plus d’autres couleurs en rayon - et surtout très ajustée, limite trop petite, afin que son contenu soit solidement maintenu et ne s’échappe pas, même si je devais danser le jerk. Je tiquai un peu en passant à la caisse : 19€99, quand même, pour se taper une silhouette à la Kermit la grenouille, ça faisait cher la blague.
Néanmoins, mes seins - le vrai comme le faux - étaient invisibles, et le renflement et la cicatrice de mon PAC étaient parfaitement dissimulés par la bretelle gauche. J’avais verni mes ongles en noir pour en camoufler les stries et les taches, les points de repère tatoués pour la radiothérapie se confondaient avec mes grains de beauté, et grâce à un soupçon de maquillage mes cils et mes sourcils, quoique repoussant à grand peine, faisaient illusion. Quant à mes cheveux… après tout, les coupes à la garçonne étaient à la mode - en témoignent Diam’s et son crâne rasé. Dans l’ensemble, je m’en tirais bien ; je paraissais, certes, un brin gothique, mais pas maladive, grâce à mon teint naturellement mat.

Je pris ensuite rendez-vous avec un petit médecin de campagne, hors de ma région - j’ignorais si cette précaution était utile, mais j’avais lu tous les albums de XIII et on n’est jamais trop prudent. Je le choisis d’âge moyen et de sexe masculin, ayant constaté qu’un homme hésite toujours plus qu’une femme à vous demander de vous déshabiller en entier et à vous palper les seins, surtout s’il n’a pas l’âge d’être votre grand-père. J’espérais par ailleurs tomber sur un de ces toubibs qui ne pensent qu’à encaisser les consultations sans approcher leurs patients à moins de deux mètres, ni s’extirper de derrière leur bureau.
Malheureusement, cette qualité figure rarement sur leurs diplômes encadrés au dessus du secrétariat, et je tombai sur le mauvais cheval : un médecin consciencieux. Timide et soucieux de respecter ma pudeur, dieu merci - je pus garder ma culotte et ma brassière, en jouant les effarouchées - mais consciencieux. Travers qui faillit tout faire capoter quand il palpa mon aisselle droite et découvrit un restant d’adhérence, prolongement souterrain de ma cicatrice qui avait pris ses aises et fait des ramifications que les séances de kiné avaient mis des semaines à casser et résorber. Je serrai les dents pour ne pas grimacer tandis qu’il appuyait et fourrageait dans ma chair, essayant de comprendre ce que ses doigts avaient trouvé. Le stress et la douleur me firent transpirer comme un porcelet devant un tourne-broche.
Je me mordis les joues et, avant de bêtement m’évanouir comme la première midinette venue, j’inventai un bobard fort documenté et circonstancié à propos d’une tendinite mal soignée. Il m’écouta attentivement, la tête penchée, et me crut - ou fit semblant. En tout cas, il abandonna mon aisselle.

Il mena le reste de son examen avec minutie, prenant son temps, et je commençai à sentir mes nerfs grésiller. Je n’ai jamais très bien supporté la pression. Il vérifia l’alignement de mes vertèbres, mes aplombs, mes réflexes, son stéthoscope vadrouilla sur mon ventre, mon dos, et j’eus une montée d’adrénaline lorsqu’il le glissa sous ma brassière… Cette auscultation n’en finirait donc jamais ! Il demeura heureusement en lisière, et je poussai un soupir de soulagement quand il le remballa.

— Vous avez un léger souffle au coeur, commença-t-il en regagnant son fauteuil tandis que je me rhabillais.
— Je sais, mais mes tests d’effort sont ok, dis-je avec aplomb alors que je n’en avais jamais passé de ma vie. VO2Max de 63ml/mn/kg et VMA de 16km/h .
— Vous les avez avec vous ?
— Non, mais je pourrais les rechercher et vous les envoyer, si vraiment…
— Non, non, il n’y a aucune obligation. Votre tension est un peu basse mais votre rythme au repos est impressionnant. Ce n’est pas tous les jours que je vois des fréquences cardiaques de trente trois pulsations par minute.
— La course, répondis-je en haussant les épaules.
— Sûrement.

Et comme seule une échographie cardiaque ou un IRM aurait pu lui révéler que ma fraction d’éjection était bien en deça de ce qu’elle aurait dû, il en resta là. Il me signa, enfin, mon autorisation de pratiquer la course à pied en compétition.

J’eus une brève hésitation en glissant le certificat, joint au chèque, dans l’enveloppe d’inscription : et si jamais je tournais de l’oeil, voire calanchais, sur la route de Compostelle, ce brave doc n’allait-il pas avoir des ennuis ?

Puis je pensai à la course, aux dizaines, aux centaines d’heures que j’avais consacrées à l’entraînement ces derniers mois, aux kilomètres parcourus dans les chemins emperlés du brouillard des petits matins blancs, sur les bords de Loire balayés par la lune ou les sentiers rocailleux tiédis au soleil d’avril.
Je songeai aussi aux interminables journées d’hôpital qui m’attendaient encore, bientôt, comme un mauvais remake de l’an passé. Je me voyais, de nouveau encagée dans mon lit, barrières de sécurité relevées pour ne pas tomber, ou pas s’enfuir, avec vue sur les immeubles miteux et le parking bruissant du ballet continu des taxi-ambulances, ses bancs de béton plantés d’hommes-perf’ en chemise de nuit même en plein jour, aux mains tremblantes qui tiraient sur leur clope, allez, encore une taffe avant de crever, et puis une autre, après tout, qu’est ce qu’on en a à foutre ?
Et moi, au troisième étage, ficelée dans les tuyaux de la perfusion, des drains, de la pompe à morphine, du masque à oxygène. Les insomnies, la tête pulsant douloureusement au rythme lumineux du réverbère défectueux, le troisième sur la gauche, dont les éclats syncopés me rendaient dingue. Et mes jambes immobiles, inutiles, mes pieds loin, tout au bout du lit, si loin de la terre et des sentiers.
Et Mamidée qui veillait, seule, à la table de sa cuisine, avec la télé trop fort, le café refroidi, et ses gauloises qui lui brûlent les doigts.
Mamidée et son fabuleux sonotone qui rend les mots plus doux et la vie plus belle, Mamidée qui m’avait répondu, ravie, quand je lui avais annoncé la foutue saloperie de nouvelle, l’été dernier :

— Tu vas en concert ? C’est bien, amuse-toi !

Ok, Mamidée, on va faire comme ça. Je vais attendre encore un peu, finalement, avant de t’embarquer dans mon nouveau monde merveilleux, peuplé de nodules, métastases, HER2 (non, rien à voir avec le guide intergalactique).

Je postai le chèque, le certificat, et je repartis courir.

***

Le cinquième jour, nous courions depuis deux cent quarante huit kilomètres vers le tombeau de Saint Jacques de Compostelle, et personne encore n’avait abandonné. Certains souffraient, d’autres souffraient énormément, d’autres encore étaient au-delà de la souffrance, mais tous continuaient, malgré les pieds en sang, les tendons brûlants, les muscles tétanisés. Un pas après l’autre, nous avancions, chacun poursuivant son propre chemin de croix, pour des raisons connues de lui seul.
Certains se perdaient, tournaient en rond, ajoutant des kilomètres superflus à leur compteur déjà au taquet, pour repartir ensuite, le pied un peu moins sûr, les joues un peu plus creusées. D’autres, lessivés par l’effort et trahis par leur estomac ou leurs intestins se vidaient d’un bord ou de l’autre, accroupis ou pliés derrière un arbre. Leur binôme, assis sur un rocher, profitait du répit pour soulager ses jambes, faisant mine de ne rien entendre, ne rien voir. La pudeur de celui qui sait et qui connait.
Le peloton s’étirait de jour en jour. Les derniers trottinaient comme des mulets fourbus, dans un état second, bouclant les étapes trois ou quatre heures derrière nous. Et tous, nous nous étions demandé, dans un moment de solitude, en tête à tête avec nos douleurs et nos doutes :

— Mais qu’est-ce-que je fous là ?
— C’est encore loin ?
— Mais qu’est ce qui m’a pris, bon sang ?
— Et si je faisais du stop ?
— Je ne suis même pas croyant(e), bon dieu !
— Et puis c’est qui, finalement, ce Saint Jacques à la noix ?
— Plus jamais ça !
— On est bientôt arrivés ?
— Je veux des pieds de rechange !
— Qu’est ce que je fous là, déjà ?

Pourtant, tous, nous continuions. Louis avait ralenti, et courait à présent aux côtés de Franck, nous laissant seuls, Ulrich et moi, ouvrir la voie. J’avais trouvé mon rythme, en le calquant sur le sien, et ma foulée était devenue régulière. Peu loquaces l’un et l’autre, nous courions la plupart du temps en silence, au son de nos souffles qui s’accordaient. Je le regardais, j’apprenais. Toujours malhabile dans les descentes trop techniques, j’y allais prudemment, je restais dans sa trace, j’étudiais ses trajectoires, ses appuis, m’en remettant totalement à lui, et gardant mes pas dans les siens.
Il aurait pu aller plus vite, beaucoup plus vite, mais il semblait se satisfaire de cette allure pour rester en ma compagnie. Il ralentissait à peine pour lire la carte, qu’il fallait sortir souvent tant le tracé fantaisiste sinuait. La course empruntait les variantes les plus éprouvantes de cet itinéraire poli par les milliers de pèlerins, elle nous lançait à l’assaut de côtes si raides qu’il fallait s’aider des mains pour les gravir, s’accrocher aux racines et aux jeunes troncs pour se hisser et atteindre le plateau, à bout de souffle, où l’on s’émerveillait, le coeur trébuchant dans nos poitrines enflammées, de la pureté et la rudesse des paysages étalés en contrebas.

Le soir de ce cinquième jour, je me retrouvai nue devant un homme qui n’était pas médecin depuis la première fois depuis un an, sous un regard qui s’émouvait plutôt que d’évaluer. Mon corps mutilé sous des mains qui le caressaient au lieu de le palper. Ce fut moins difficile que ce que je craignais et plus fade que ce que j’espérais. En un mot : frustrant. Il fut doux et tendre, et cela me rassura ; il fut doux et tendre, et cela m’ennuya. Je ne me connaissais plus, j’allais devoir ré-apprendre.

Quand je regagnai la chambre, Ulrich ne dormait pas. En tailleur sur mon lit, il m’attendait, le dos raide et droit, les mains entre ses cuisses. Figé dans la semi pénombre, il semblait inanimé. Une porte se referma doucement, plus haut dans le couloir. Tout était calme, sauf sa respiration, rapide et bruyante.


*port-à-cath (cathéter) ou chambre implantable

[ à suivre ]
_________________
"La douleur des veaux n'intéresse personne : avec un peu de riz, tout s'arrange" B.Fontaine
Tous crocs dehors.


Dernière édition par Lunatik le 14/10/2016 12:28:36; édité 5 fois
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: 08/10/2016 21:17:22    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Lunatik
Plume de Griffon


Inscrit le: 16 Nov 2008
Messages: 2 309

MessagePosté le: 08/10/2016 21:17:59    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Nota bene : j'ai commencé ce texte cette nuit et le posterai ici au fil de l'écriture. Néanmoins, vu le(s) thème(s) abordé(s), il est possible qu'il faille le basculer dans la section +18 en cours de route (selon comment je traiterai les scènes, risque de violence et de sexualité explicite si je n'opte pas pour la version bisounours) Je laisserai tout ça à l'appréciation judicieuse de nos vénérés modos et admins.
_________________
"La douleur des veaux n'intéresse personne : avec un peu de riz, tout s'arrange" B.Fontaine
Tous crocs dehors.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
choucroute vélocipédiqu
Plume de Garuda


Inscrit le: 02 Déc 2014
Messages: 297

MessagePosté le: 08/10/2016 21:39:51    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

De la course à pied à l'eau de rose, pourquoi pas ? Curieux de connaître la suite de cette femme et de son sein baladeur.
Revenir en haut
Lunatik
Plume de Griffon


Inscrit le: 16 Nov 2008
Messages: 2 309

MessagePosté le: 08/10/2016 22:23:08    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Hummm... j'ai bien peur que la suite ne déçoive cruellement les attentes de ton petit coeur romantique : sauf à faire infuser le short du vieux, va pas y avoir grand chose de rose dans cette histoire...
_________________
"La douleur des veaux n'intéresse personne : avec un peu de riz, tout s'arrange" B.Fontaine
Tous crocs dehors.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Aureplume
Plume de Garuda


Inscrit le: 26 Mai 2016
Messages: 422

MessagePosté le: 08/10/2016 22:31:19    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Pas vu de l'eau de rose dans ce texte. De l'huile par contre...
J'avais déjà lu quelques textes +18 de l'illustre vache avepienne, mais c'est le premier que je peux commenter "en direct".

Super titre, même si l'histoire n'a pas l'air d'être une fable, et pas enfantine du tout. Wink
J'aime bien cette Nana et j'aime bien cet homme-machine. Hâte de lire la suite, pour l'instant l'histoire peut s'ouvrir sur beaucoup de choses, et quant à l'écriture, elle est super agréable (mais aucune surprise, j'avais déjà remarqué une vraie maîtrise et une très belle plume dans les autres textes).
_________________
"L'anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparacloucycle est un vélo à deux roues qui utilise toutes les forces propulsives connues et même inconnues"
Revenir en haut
Lunatik
Plume de Griffon


Inscrit le: 16 Nov 2008
Messages: 2 309

MessagePosté le: 09/10/2016 00:53:22    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Thanks, Aureplume.
J'ai une tendresse pour les fables et contes (anciens), souvent terriblement cruels : celle du Loup et de l'Agneau de La Fontaine est d'une injustice et d'une brutalité crasses.


Vache avépienne (©Aureplume) : race rustique de vache d’origine incertaine (mais illustre !), d’humeur versatile ascendant caustique, qui broute de manière erratique sur la toile. À l’instar du dahu, son existence fut parfois mise en doute, mais de récentes apparitions de la bête sur AVP, son lieu de prédilection, balaient ces rumeurs inquiétantes. Seul représentant de cette race atypique sujette à la dérision, l’animal est vraisemblablement hermaphrodite ; cependant, nulle descendance n’est encore à ce jour venue confirmer qu’il pouvait se reproduire sans intervention extérieure. Son fonctionnement interne et psychologique reste mal connu, mais nous tenons pour acquis que, bien que totalement imperméable à la poésie et affublé de gros sabots, il peut manier le verbe et le clavier.
_________________
"La douleur des veaux n'intéresse personne : avec un peu de riz, tout s'arrange" B.Fontaine
Tous crocs dehors.


Dernière édition par Lunatik le 09/10/2016 19:41:14; édité 1 fois
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Genovanna
Plume de Simurgh


Inscrit le: 14 Aoû 2008
Messages: 3 065

MessagePosté le: 09/10/2016 01:53:44    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Plaisir de retrouver le style de Lunatik et ses trouvailles de situation. Dommage qu'il n'y ait pas de possibilité entre érotique-trash et bisounours, eau de rose et Bloody Mary. Attendons la suite....
_________________
Il est des portes sur la mer qui s'ouvrent avec des mots. ...
Hay puertas al mar que se abren con palabras...
Alberti, Rafael 1902
Revenir en haut
danielle
Plume de Simurgh


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 3 810

MessagePosté le: 09/10/2016 08:00:43    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Waouh! ça c'est du texte ! STP, ne bascule pas dans le rose, reste Tous crocs dehors !
_________________
"Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites." J. Renard
http://danielle.akakpo.over-blog.com/
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Sachka
Plume de Griffon


Inscrit le: 09 Déc 2007
Messages: 1 806

MessagePosté le: 09/10/2016 08:05:05    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Pas mieux que les collègues : j'ai hâte de lire la suite et je suis ravie de relire de la prose lunatikienne toute neuve.

Pas de raison en l'état de déplacer ce récit dans les + 18 mais on verra plus tard.
En revanche il me semblerait plus approprié de le mettre en CC, même si j'avoue que je n'ai pas grand chose de constructif à en dire pour l'instant... A part peut-être un détail sur "Mon attention focalisée sur mon genou blessé, j’avais oublié..." : je supprimerais "mon attention", qui me semble inutile.
_________________
Into the woods, we must go.
Revenir en haut
Lal Behi
Plume de Phoenix


Inscrit le: 16 Déc 2008
Messages: 1 345

MessagePosté le: 09/10/2016 09:14:46    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Évidemment, je ne découvre ce texte que ce matin et mes beaux-parents arrivent bientôt. Lecture et commentaires ce soir../.
_________________
« La pensée de chacun allait au gré de l'ombre des arbres. » - Kyoto, Yasunari Kawabata
Lalbehyrinthes devient Łálßєħўrιnтђeș, là où naissent les poèmes-capsules
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
trompette sournoise
Plume de Garuda


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 428

MessagePosté le: 09/10/2016 10:36:39    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

OK. Embarquement très simple dans ce récit, genre billet électronique, zéro file d'attente et welcome drink. J ignore combien de temps est censé durer le voyage mais je suis pas spécialement pressé d'arriver non plus, où que ce soit d'ailleurs. Je regarde donc par la fenêtre, en attendant la suite des évènements. Balance nous le chapitre suivant sans plus attendre, comme si demain n'existait pas et que la modération avait été décimée par la peste bubonique (ceci ne constitue pas un souhait réel, mais une possibilité parmi d'autres, relativement improbable cela dit (entendons-nous bien)). Sincères salutations, camarade. Au plaisir.
_________________
Foutez nous la paix et remplissez les bacs à sable
http://wizzz.telerama.fr/trompettesournoise
Revenir en haut
Lunatik
Plume de Griffon


Inscrit le: 16 Nov 2008
Messages: 2 309

MessagePosté le: 09/10/2016 11:15:24    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Merci pour votre intérêt, les gens, j'espère être capable de le maintenir intact au fil de l'histoire : je ne voudrais pas devoir rembourser son billet à Trompette et voir tout le monde sauter du train en marche.

Pour répondre aux interrogations de Sachka sur le tchat concernant mon choix de la rubrique pour ce texte : hmmmm, comment dire ? Tober a parfaitement et définitivement raison, je le crains. Sachka, je l'avoue très humblement : je ne me suis pas gouré de section, c'est juste qu'à mon habitude je squatte les PTSC afin d'échapper aux contraintes de calibrage des CC, contre lesquelles je peste et m'élève depuis que le monde est monde et qu'Adam a mordu dans la foutue pomme. Pour faire pénitence, je réciterai ce soir trois patères et huit ave Cesar, avec les voyelles en vert et les consonnes en rouge, à genoux sur une règle en fer.
Veuillez noter néanmoins, qu'à ma décharge, cela nous épargne à tous la pénibilité d'avoir à affronter une épidémie de peste bubonique

_________________
"La douleur des veaux n'intéresse personne : avec un peu de riz, tout s'arrange" B.Fontaine
Tous crocs dehors.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Sachka
Plume de Griffon


Inscrit le: 09 Déc 2007
Messages: 1 806

MessagePosté le: 09/10/2016 16:06:13    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Luna, je ne suis pas non plus en adoration devant le règlement (ni non plus face à la fièvre bubonique, d'ailleurs) mais comme plusieurs personnes ont déjà été rappelées à l'ordre sur ce point, et que leurs textes ont été déplacées des PTSC aux CC, ça me semble difficile de justifier que toi tu bénéficies d'une dérogation.
C'est chiant, c'est tout ce que tu veux, je suis d'accord, mais tu comprendras forcément que ça risque d'engendrer des coups de gueule qui, naturellement, retomberont sur les admin et les modos, comme il se doit. Même si ces affreux buboniques pestiférés dont je fais partie (du moins pour l'instant), et qui font rien qu'à emmerder les amoureux de la liberté les cheveux dans le vent, l'auront bien mérité.
Le truc aussi, c'est que tu risques de ne pas avoir de commentaires un peu fouillés, mais peut-être que ça t'est égal concernant ce texte ?
_________________
Into the woods, we must go.
Revenir en haut
Lunatik
Plume de Griffon


Inscrit le: 16 Nov 2008
Messages: 2 309

MessagePosté le: 09/10/2016 18:00:12    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Mmmmm... ai-je demandé une dérogation ?
Non.

Ai-je réclamé des critiques ?
Non.
(même si elles sont toujours bienvenues)

Suis-je présentement dans l'illégalité ?
Non. Les PTSC ne sont pas limités.
Avec 10 000 signes et un seul post, je rentre même dans les clous des CC (il me suffit de supprimer la mention [à suivre] )

Qu’est ce qui différencie ce texte de ceux que j’ai par le passé déjà postés en PTSC, sans m’attirer aucune foudre ?
Que dalle. Mes "Désirs féminins et crudités" en leur temps (et sous l'administration d'origine) ont été publiés de la même façon.

Aurais-je dû hypocritement fermer ma gueule et faire semblant de ne pas voir votre discussion à ce propos sur le tchat ?
Probablement… mais c’est pas le genre de la maison, quoi.

Les PTSC étant un espace relativement libre et ouvert sur AVP, sans limite de caractères ni de nombre de posts, sur quels critères impartiaux et inattaquables se base la modération pour décréter qu’un texte n’y a pas sa place et l’expédier en CC ?

Si un auteur ne souhaite pas de critiques mais veut simplement partager ses écrits et qu’ils font plus des sacro saints 5 000 signes hebdomadaires, où l’envoyez-vous ? (la réponse « au diable » n’étant pas une option…)

Idem si l’auteur souhaite que son texte soit visible même pour les non connectés ? (ce qui n’est pas possible en CC)

Je bataille et renâcle contre cette rogntudju de règle complètement aberrante depuis des temps immémoriaux, et depuis tout aussi longtemps, la modération fait la sourde oreille ou répond à côté de la plaque.
Exemple type dans ce sujet (mais il y en a eu d’autres), sur lequel j’ai argumenté, fait plusieurs propositions et répondu aux faux arguments comme « si c’est trop long, personne ne lira » http://avosplumes.clicforum.fr/t5825-Une-rubrique-Actus-please.htm?start=40
Et même pas pour ma petite personne, vu que je poste peu de textes longs, mais pour d’autres auteurs.

Tout ça me gonfle d’autant plus que je n’enfreins pas le règlement, je ne fais que le contourner.
Maintenant, si ça vous hérisse le poil au point de remanier les règles afin qu’elles deviennent incontournables, je ne peux pas aller contre, c’est vous le Chef, hein. Et puis, honnêtement, ça me fatigue, je vieillis, les guérillas c’est plus de mon âge. Alors je remballerai mes billes et ma nouvelle, et je passerai à autre chose, voilà tout ; ce sera meilleur pour mon ulcère et ça ne m’empêchera pas de venir sur AVP pour lire et ou jpher.
Mais je trouverais la manoeuvre d’autant plus lamentable et moisie que personne ne s’est jusque là bougé le cul pour changer les règles dans un sens plus positif et ouvert malgré les demandes répétées de plusieurs membres depuis tant d’années…
_________________
"La douleur des veaux n'intéresse personne : avec un peu de riz, tout s'arrange" B.Fontaine
Tous crocs dehors.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Sachka
Plume de Griffon


Inscrit le: 09 Déc 2007
Messages: 1 806

MessagePosté le: 09/10/2016 18:14:49    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Bon, pour faire court : je laisse tomber.
Y a déjà eu un débat cette année là-dessus mais tu n'étais pas là, Luna, enfin tu n'étais pas connectée sur AVP donc je te résume très succinctement : après un pataquès, exactement sur la même problématique, il a été question qu'on revoit les règles des PTSC. Et puis c'est resté en carafe.

Honnêtement, je ne vais pas insister, ça me gave tout pareil que toi, je n'ai pas du tout envie de revivre ce genre de moments pour le moins lourdingues. Donc de mon point de vue à partir de tout de suite, tu fais comme tu veux.

Je laisse le soin aux autres membres modo-buboniques d'agir s'ils le souhaitent.
_________________
Into the woods, we must go.
Revenir en haut
Lal Behi
Plume de Phoenix


Inscrit le: 16 Déc 2008
Messages: 1 345

MessagePosté le: 09/10/2016 19:17:36    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Texte lu et totalement approuvé !
Tout me plaît dans ce début d'histoire - espérons tout de même que l'Ulrich en question se déstéréotypera quelque peu. Mais tu serais cruel de nous laisser longtemps en carafe avec cette serviette chue.

Et, incidemment, le dahu n'a même pas droit à un t ; pauvre bête !

Hormis les CC et les PTSC, il nous faudrait peut-être une rubrique FEUILLETON (ou équivalent) où chacun pourrait poster ses histoires à épisodes, au rythme qui lui convient, sans qu'en contrepartie lui soit dus des commentaires constructifs ou non. Je dis ça parce que j'ai un roman de 827 pages que j'aimerais bien faire partager ! Mr. Green (non, en fait, c'est juste du mauvais esprit)
_________________
« La pensée de chacun allait au gré de l'ombre des arbres. » - Kyoto, Yasunari Kawabata
Lalbehyrinthes devient Łálßєħўrιnтђeș, là où naissent les poèmes-capsules
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Sachka
Plume de Griffon


Inscrit le: 09 Déc 2007
Messages: 1 806

MessagePosté le: 09/10/2016 19:35:07    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Lal Behi a écrit:
Je dis ça parce que j'ai un roman de 827 pages que j'aimerais bien faire partager ! Mr. Green (non, en fait, c'est juste du mauvais esprit)

Laughing !!
Lal, je t'ai déjà dit que si tu n'existais pas, faudrait t'inventer ? Oui, sûrement !
_________________
Into the woods, we must go.
Revenir en haut
Lunatik
Plume de Griffon


Inscrit le: 16 Nov 2008
Messages: 2 309

MessagePosté le: 09/10/2016 19:54:03    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Lal Behi a écrit:

Et, incidemment, le dahu n'a même pas droit à un t ; pauvre bête !

Quel dahu ?


Lal Behi a écrit:
Je dis ça parce que j'ai un roman de 827 pages que j'aimerais bien faire partager ! Mr. Green (non, en fait, c'est juste du mauvais esprit)

Damned ! Tu veux dire que les 320 pages que tu viens de m'envoyer n'étaient que le prologue ?!!
(et méfie-toi, la peste bubonique te guette toi aussi, si tu continues sur cette pente savonneuse, esprit vil)
_________________
"La douleur des veaux n'intéresse personne : avec un peu de riz, tout s'arrange" B.Fontaine
Tous crocs dehors.
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
trompette sournoise
Plume de Garuda


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 428

MessagePosté le: 09/10/2016 20:01:36    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Afin de régler le problème du nombre de signes max, je propose de revisiter ici ce bon vieux concept radiophonique du stop ou encore. Ce serait formidable.
_________________
Foutez nous la paix et remplissez les bacs à sable
http://wizzz.telerama.fr/trompettesournoise
Revenir en haut
Lal Behi
Plume de Phoenix


Inscrit le: 16 Déc 2008
Messages: 1 345

MessagePosté le: 09/10/2016 20:01:52    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle Répondre en citant

Lunatik a écrit:
(et méfie-toi, la peste bubonique te guette toi aussi, si tu continues sur cette pente savonneuse, esprit vil)

Oh, mais je suis innocent comme l'agneau de ton titre ! D'ailleurs, cela faisait fort longtemps que je n'avais pas mis les pieds par ici. Quant à la pente savonneuse dont tu parles, je ne vois pas du tout de quoi il s'agit Mr. Green Faudrait-il y voir une mauvaise influence ?

Et mon roman le plus long ne fait que 373 pages selon W*rd (et tu l'as déjà lu).
_________________
« La pensée de chacun allait au gré de l'ombre des arbres. » - Kyoto, Yasunari Kawabata
Lalbehyrinthes devient Łálßєħўrιnтђeș, là où naissent les poèmes-capsules
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: 03/12/2016 01:20:00    Sujet du message: Le Loup et l'Agneau sur les chemins de Compostelle

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    A vos plumes ! Index du Forum -> Plumes d'écrits -> Petits textes sans conséquences Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: 1, 2, 3  >
Page 1 sur 3

 
Sauter vers:  

Portail | Index | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com