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Tant l’âne brait qu’à la fin il se casse.

 
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Auteur Message
En'Kaï
Plume de Benu


Inscrit le: 02 Juil 2016
Messages: 167

MessagePosté le: 31/10/2016 14:01:15    Sujet du message: Tant l’âne brait qu’à la fin il se casse. Répondre en citant

Tout cela commençait à lui paraître vraiment de la folie. Suivre un âne ! La nuit !
Mais comment résister à la jolie bouille accusatrice d’Emma quand on est un père coupable d’oubli? Il y a quinze jours Benoît avait failli à sa presque promesse de lui faire un gros-gâteau-au-chocolat-avec-des-papillottes-et-des-couleurs-tout-partout pour son anniversaire. Il devait payer cette infamie. Il avait écopé de trois gages étalés sur le week-end. Le premier était réalisé. Le second restait en suspens. Il venait d’entreprendre son troisième.
A ses côtés, ou devant, ou derrière, Emma était aux anges, tenant un petit carnet sur lequel elle notait des observations. Elle murmurait quand elle parlait à son père. Ils allaient résoudre le mystère, vivre une grande aventure, unique, qu’elle pourra raconter à ses copines. Encore plus forte que celles qu’elle lisait dans « Je bouquine ». Elle ne manquait pas d’imagination.
La veille au soir, elle avait déclaré que l’âne des voisins avait un secret : son braiement avait changé ! Il fallait comprendre pourquoi. Or celui-ci dormait beaucoup la journée et Emma en avait déduit qu’il vivait essentiellement la nuit ; c’était donc bien après le coucher du soleil qu’ils récolteraient les meilleurs indices.

- Et puis, avait-elle dit, c’est la St-Jean, il fait doux, les étoiles scintillent, c’est beau, une balade au clair de lune !
Ils suivaient donc l’âne Hector qui s’était éclipsé de son parc, sereinement mais décidé. Sans brouter, il avançait. Dans l’ombre d’une haie, Benoit aperçut une silhouette que le baudet rattrapa dare-dare. L’âne rejoignait son ânesse ! Au clair du solstice d’été, il était amoureux. A peine avait-il émis cette remarque qu’il se faisait reprendre.
- Mais non, voyons ! il est juste allé retrouver des copains. Regarde, ils sont sept. Ce troupeau vient d’arriver. Et Hector vit trop souvent tout seul. Il a juste besoin de vie sociale, pas d’une amoureuse. En plus, il est coupé !
A tout le moins, c’est le souffle de Benoît qui le fut, coupé. Elle en savait beaucoup.
Le problème était survenu sur le retour. Ils avaient été confondus avec le « gang des fleurs tombales » qui sévissait encore. Le lendemain il avait fallu s’expliquer au commissariat sur la virée nocturne.
- Comment diable une gamine de dix ans arrivait à percevoir la sonorité d’un âne, y voir une signification, et le besoin de le savoir, j’avoue je n’ai pas osé me poser la question. J’ai joué. Je me suis laissé mener par le bout du nez par son enthousiasme mutin.
L’officier de police était moyennement convaincu, pour ne pas dire dubitatif. Il ne devait pas avoir de fille.
- Admettons. Il y avait bien un âne en liberté au 23 de la rue du firmament hier soir. Ça n’explique pas votre présence au cimetière, un bouquet à la main, en pleine nuit, avec votre enfant. Ne me dites pas que vous en avez profité pour aller vous recueillir sur la tombe de tante Alberte !
- Pour aller plus vite, nous avons traversé le cimetière. Et comme nous sommes aussi passés près de l’écurie, j’ai pu tenir mon deuxième gage.
- Votre deuxième gage ?
Benoît imita la voix d’une petite fille implorante et taquine :
- « Je voudrais que tu me trouves une fleur, la plus jolie, la plus douce, la plus particulière qui soit; comme moi, quoi ! »
Puis reprenant une voix normale, résigné devant l’absurdité apparente de la situation, il conclut:
- Que voulez-vous, c'est sur le fumier que poussent les plus belles roses !
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MessagePosté le: 31/10/2016 14:01:15    Sujet du message: Publicité

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Sachka
Plume de Griffon


Inscrit le: 09 Déc 2007
Messages: 1 806

MessagePosté le: 01/11/2016 19:00:57    Sujet du message: Tant l’âne brait qu’à la fin il se casse. Répondre en citant

Mon coup de coeur, j'ai beaucoup ri et, ça tombe bien : j'aime rire.
En plus, j'ai aimé que l'âne ne soit pas suivi littéralement. L'écriture peut être retravaillée, par exemple je pense que tu aurais pu économiser des points d'exclamation et resserrer la partie dialogue.
Je ne comprends pas que ce texte n'ait pas obtenu plus de votes. Cela dit, je commence à être habituée à ne pas tout comprendre dans la vie.
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tobermory
Administrateur


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 6 926

MessagePosté le: 02/11/2016 10:34:22    Sujet du message: Tant l’âne brait qu’à la fin il se casse. Répondre en citant

 
J’ai voté pour ce texte parce que je lui ai trouvé beaucoup de fraicheur, de fantaisie et de drôlerie.
Les deux héros sont sympathiques : la fillette pleine d’imagination et qui se lance dans une enquête farfelue sur le mystère de l’âne, mais aussi le père, un peu culpabilisé et qui suit les caprices de sa fille sans lui opposer la raison raisonnante des adultes.
 
Un texte qui réussit à être plein de gentillesse sans pour autant donner dans la mièvrerie, ce qui n’est pas si facile.
 
Choucroute a évoqué Pierre Véry, un compliment mérité.
 
Bien écrit, dans un style agréable. Je n’ai relevé qu’une faute : Ils allaient résoudre le mystère, vivre une grande aventure, unique, qu’elle pourra raconter

_________________
Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement (G. K. Chesterton)
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En'Kaï
Plume de Benu


Inscrit le: 02 Juil 2016
Messages: 167

MessagePosté le: 02/11/2016 19:41:21    Sujet du message: Tant l’âne brait qu’à la fin il se casse. Répondre en citant

Merci à vous deux, trois même. Honte à moi, je ne connais pas Pierre Véry. (Après recherche, les titres je connais, mais je n'ai pas associé l'auteur, cela m'arrive régulièrement. Par contre, je ne me souviens pas de son écriture, pas sûre d'avoir lu pour le coup. A voir/revoir pour moi)

Les points d'exclamation, oui, peut-être. Je crois que les phrases proposées m'ont mis dans ce moule. Les dialogues: pas mon fort, en effet. C'est même rare que j'en mette finalement, tant je me trouve gauche là-dessus.

Elle est donc là ma faute de concordance. Mais j'avoue, que je ne sais pas comment l'analyser et la corriger. L'histoire n'est pas encore vécue, donc elle ne peut la raconter encore, mais elle le fera, donc futur. Et elle est sûre qu'elle va la vivre et la raconter. Enfin, je le voyais ainsi.
Tu préconises donc un conditionnel, "pourrait"?

Je prends donc l'aspect fraicheur, gentillesse, rire, fantaisie, avec grand plaisir. C'est bien tout ce que je voulais faire passer. Je l'avais dit qu'il me plaisait bien ce texte. Contente qu'il vous ait plu aussi.
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MessagePosté le: 06/12/2016 03:50:20    Sujet du message: Tant l’âne brait qu’à la fin il se casse.

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