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Le Reflux

 
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Prascovie
Plume de Quetzal


Inscrit le: 21 Déc 2016
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MessagePosté le: 13/01/2017 10:56:59    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Le Reflux


Une ombre était là-bas qui dansait sous la lune ;
Une autre – encore une autre – une ultime, et chacune,
Incertaine illusion naissant du large estran
Nocturne environnait la première orchestrant

Le rythme où ma mémoire enfantait le mensonge.
Je suis ton prisonnier pourvu que se prolonge
Un rêve inoubliable aux murs de ma prison,
Me renvoyant ma vague erreur comme horizon,

Mer qui viens de si loin renchérir sur ma rive.
De quelle extrémité matricielle elle arrive
Accoucher sur ma plage où le simple orpailleur

Se baignait au jusant d’un regard désarmé –
D’un regard dont le gouffre était bleu comme ailleurs,
Sonore et mystérieux comme un piano fermé.
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MessagePosté le: 13/01/2017 10:56:59    Sujet du message: Publicité

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choucroute vélocipédiqu
Plume de Garuda


Inscrit le: 02 Déc 2014
Messages: 367

MessagePosté le: 13/01/2017 20:48:39    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Allez, je me lance pour un premier commentaire (d'une pauvreté désarmante) : c'est beau, ça sonne bien, il y a un rythme agréable qui colle tout à fait au sujet - on a l'impression d'entendre au loin des vagues venir se coucher l'une après l'autre sur une plage... Pour ce qui est du sens profond de l'ensemble du poème, je laisse aux lecteurs plus avertis le soin de discourir à leur aise de la valeur de la chose.
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Donaco
Plume de Griffon


Inscrit le: 22 Oct 2015
Messages: 1 987

MessagePosté le: 20/01/2017 18:14:10    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Prascovie a écrit:
Le Reflux


Une ombre était là-bas qui dansait sous la lune ;
Une autre – encore une autre – une ultime, et chacune,
Incertaine illusion naissant du large estran
Nocturne environnait la première orchestrant

Le rythme où ma mémoire enfantait le mensonge.
Je suis ton prisonnier pourvu que se prolonge
Un rêve inoubliable aux murs de ma prison,
Me renvoyant ma vague erreur comme horizon,

Mer qui viens de si loin renchérir sur ma rive.
De quelle extrémité matricielle elle arrive
Accoucher sur ma plage où le simple orpailleur

Se baignait au jusant d’un regard désarmé –
D’un regard dont le gouffre était bleu comme ailleurs,
Sonore et mystérieux comme un piano fermé.



C'est tellement parfait que je ne sais pas quoi dire en fait... Ca fait quelques jours que j'y réfléchis mais pas moyen de trouver un commentaire décent...

C'est parfait en hermétisme poétique (si ! c'est un compliment) tant la réalité est déformée, suggérée, extra-sensible comme ton histoire de piano fermé et pourtant sonore... La musicalité est très belle. L'image de l'orpailleur, le thème de l'amour perdu (?), le flux et le reflux (comparés au remords?) sont prégnants et pourtant ne semblent pas si accessibles en sens que cela...
N'étant sûre de rien, j'emploie volontiers les points de suspension... Mais je reste sous l'emprise stylistique et musicale de ton poème.
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Donaco
Plume de Griffon


Inscrit le: 22 Oct 2015
Messages: 1 987

MessagePosté le: 20/01/2017 18:23:33    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Un bon piano acoustique résonne "par sympathie" : lorsqu'on joue, les vibrations dégagées par les cordes peuvent faire vibrer des verres en cristal, des lampes, tout ce qui est susceptible d'être animé par un souffle, par le vent, par une entrée d'air. Un très bon piano fermé peut résonner si l'on éternue dans la pièce.
J'ai pensé à cela quand j'ai lu ton dernier vers parce que c'est le seul que j'ai eu à discuter avec ma raison. Comme c'était le seul vers qui évoquait réellement une réalité terrestre, je l'ai rejeté puis accepté.
Je dis ça... je ne dis rien mais c'est important que le dernier vers (le vers de chute) soit accompli et ne nous laisse pas dans un doute abyssal sur ce qui est dit dans le texte.
(enfin, je trouve...)
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Prascovie
Plume de Quetzal


Inscrit le: 21 Déc 2016
Messages: 31

MessagePosté le: 07/02/2017 18:41:48    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

choucroute vélocipédiqu a écrit:
Allez, je me lance pour un premier commentaire (d'une pauvreté désarmante) : c'est beau, ça sonne bien, il y a un rythme agréable qui colle tout à fait au sujet - on a l'impression d'entendre au loin des vagues venir se coucher l'une après l'autre sur une plage...

Je suis très contente de cette impression. La discordance entre la métrique et la syntaxe et les rimes suivies des quatrains sont pensées pour produire une impression de ce genre et j'ai visiblement réussi ! C'est un peu particulier de terminer chaque phrase en début de strophe suivante et j'avais peur que ce soit trop bizarre et qu'on n'y retrouve pas le bercement de la mer.

Donaco a écrit:
C'est tellement parfait que je ne sais pas quoi dire en fait... Ca fait quelques jours que j'y réfléchis mais pas moyen de trouver un commentaire décent...

Le compliment me touche ! Merci beaucoup.

Donaco a écrit:
Je dis ça... je ne dis rien mais c'est important que le dernier vers (le vers de chute) soit accompli et ne nous laisse pas dans un doute abyssal sur ce qui est dit dans le texte.

Je ne pense pas que cela soit une règle fondamentale du sonnet. J'en ai enfreint de plus importantes, par exemple en employant le système de rimes suivies, sinon en transgressant la frontière entre les strophes. Il faut toujours soigner le premier vers, la chute et la volta, mais ce n'est pas particulier au sonnet : je pense que ce n'est qu'une application d'un principe d'application plus large, qui veut qu'une introduction, une conclusion et une transition bénéficient d'un soin tout spécial, les articulations de toute œuvre et de tout discours se révélant décisives dans l'intelligence de l'ensemble. En poésie hermétique, qu'un vers de chute entraîne dans un doute sur le sens semble assez logique. En fait, j'aime assez l'idée qu'une chute entraîne le lecteur dans sa relecture et qu'il se demande si, armé de l'ambiguïté de la chute, il ne pourrait pas relire le texte autrement. Ici toutefois, je ne pense pas avoir réussi cette opération-là.


Donaco a écrit:
C'est parfait en hermétisme poétique (si ! c'est un compliment) tant la réalité est déformée, suggérée, extra-sensible comme ton histoire de piano fermé et pourtant sonore... La musicalité est très belle. L'image de l'orpailleur, le thème de l'amour perdu (?), le flux et le reflux (comparés au remords?) sont prégnants et pourtant ne semblent pas si accessibles en sens que cela...

Un homme marche sur une plage et voit, loin, entre la digue et le mugissement de la mer, de petits points noirs dansant sous la lune. Il ne sait s'il les invente, s'il forge lui-même la vision, pour profiter d'un spectacle d'innocence, d'une ronde féminine et joyeuse ; et ce spectacle le remplit d'une mélancolie très goûtée des esthètes. Il se rappelle sa propre compagne et comprend que sa mémoire a généré la vision – peut-être en se fondant sur des personnes qui sont vraiment là – de manière à incarner le souvenir – falsifié, mythifié ? – d'une antique innocence, et il accepte d'être emprisonné par sa compagne, ou plutôt par celle qu'elle était, ou plutôt par la représentation de l'idéal féminin qu'il avait incarnée en elle en passant sur ses défauts – la fameuse anima de Jung. Il reste emprisonné par une vision, quelque chose qu'on ne peut pas trouver sur terre, et il accepte de se tromper, de ne pas voir la réalité, mais de voir l'image qu'il projette sur la réalité. Il se demande d'où vient l'idéal féminin nourri dans son esprit. Il se trouve toujours sur la plage et conçoit que la mer rapporte, par vagues, son idéal, lancé à l'assaut de la rive et provenant d'un autre monde. Il marche encore sur le rivage, en simple orpailleur, cherchant des pépites dans les trous du rivage, c'est-à-dire essayant de récupérer les autres parcelles de son rêve, échouées sur la plage où la vague lunaire les a apportées. Il se baigne dans ce flux d'idéal qui se retire, et il conçoit le mystère du regard de la femme qu'il aime, un regard profond, sonore et mystérieux.

Je peux expliquer la métaphore du piano fermé. Même expliquée, j'admets qu'on peut trouver la métaphore mauvaise, et qu'une métaphore qui ne peut pas se soutenir sans l'aide d'une explication n'est probablement pas optimale. Enfin l'explication n'est pas sans intérêt pour l'intelligence de l'ensemble du sonnet. Il existe d'après moi une métaphysique du vide. Prenons un vide oral, un vide de paroles : si l'on ne l'aborde que du point de vue physique, on ne mesurera qu'une absence de son, mais si l'on aborde le silence d'un point de vue métaphysique, on percevra qu'il existe différentes qualités de silence. En effet, il peut y avoir un silence très dense et lourd de menaces, d'un orage qui n'a pas encore éclaté, le silence qui règne entre deux personnes s'apprêtant à se quereller, lorsqu'un non-dit brûlant doit être mis au jour. Il peut y avoir un autre silence, le silence de l'évidence, celui que l'on a devant une œuvre, un paysage, et lorsque l'on se tait parce qu'il n'y a rien qui mérite d'être ajouté. Il y a toute une déclinaison de silences, qui n'ont pas la même charge psychologique, et donc pas le même contenu. Si le vide est une absence physique, il a donc bien un contenu métaphysique.

Lorsque l'on voit un arbre au milieu d'une clairière, un sommet seul dans l'immensité du ciel, un homme unique au milieu de rien, le vide autour de lui résonne de sa présence. Il y a une phrase de Sacha Guitry, dans Toutes Réflexions faites, qui dit que "quand on a entendu du Mozart, le silence qui suit est encore du Mozart." La charge esthétique (de aisthèsis, la sensation) est si forte qu'elle occupe le vide et lui laisse une empreinte. J'en arrive à mon poème. Ici, la mer, qui charrie l'idéal jusqu'à notre monde, l'imprime sur la plage – et la plage est la feuille vierge de l'esprit du promeneur : le vide de notre âme est propre à recevoir la trace métaphysique de l'idéal, l'esthétique de ce qui vient d'un autre monde. Et les yeux n'ont pas besoin de parler – le piano n'a pas besoin de jouer – pour être sonore, c'est-à-dire pour transmettre la sensation de l'empreinte, et laisser une trace sur celui qui les regarde. Il s'agit d'un grand piano qui résonne, même fermé, parce qu'il est seul dans une pièce vide. Il s'agit d'une femme dont le regard résonne, parce qu'il s'agit d'un arbre seul dans l'anonymat de la forêt, d'un sommet si haut qu'aucun autre ne peut survivre à cette altitude, et d'une femme si unique qu'elle transforme le reste du monde en désert. Il s'agit d'un piano qui n'a pas besoin de jouer pour produire sa musique.

Je ne sais pas si mon sous-texte est très clair, très accessible et convaincant, mais j'ai aimé le donner, parce qu'il s'agit de réflexions, d'impressions très précieuses pour moi.
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SirMK
Modérateur


Inscrit le: 18 Oct 2007
Messages: 1 659

MessagePosté le: 08/02/2017 19:25:00    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

"Mer qui vient".

Ce point orthographe étant fait, je sais que ce poème ne s'adresse pas à moi. Sonnet, hermétisme, c'est pas forcément ce que j'aime. J'apprécie toutefois la façon dont tu transgresses les règles : t'as des vers qui s'enchaînent à la strophe suivante, c'est déstabilisant mais crée un vrai rythme.
Maintenant, quand je vois tes explications, je trouve que tu veux mettre trop d'éléments conscients et intellectuels. Et ça confirme la première impression que j'ai eue face à ce poème : pour moi, c'est de la poésie de haut vol, technique à souhait, mais il me manque un poil de simplicité.
Comme le dit très bien : Donaco : c'est parfait. Mais cette perfection me donne un goût de classique. Tu parles de Mozart : c'est typiquement un compositeur que je peux pas me piffer, parce que c'est hyper académique, je ne trouve pas que ça exprime vraiment les tréfonds de Mozart lui-même.

Je ne doute pas que tu as exprimé des choses personnelles dans ton poème. Mais je ne reçois pas tout, j'ai pas ce dialogue, j'ai comme une frontière entre moi qui lis un poème très beau et l'auteur dans sa posture d'écriture en proie à des émotions. Je vois un bel objet trop soigné pour être humain Smile

Et ça, c'est purement subjectif, j'aime la poésie "roots".

En mettant ça de côté, le poème est très bien dosé et sait surprendre le lecteur ; il faut s'y reprendre à plusieurs fois.
Bien joué !
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Prascovie
Plume de Quetzal


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Messages: 31

MessagePosté le: 08/02/2017 20:23:30    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

SirMK a écrit:
"Mer qui vient".

Non. "Je suis ton prisonnier [...], mer qui viens [...]" : comme on dit c'est moi qui ai. La mer est tutoyée.

SirMK a écrit:
Maintenant, quand je vois tes explications, je trouve que tu veux mettre trop d'éléments conscients et intellectuels. Et ça confirme la première impression que j'ai eue face à ce poème : pour moi, c'est de la poésie de haut vol, technique à souhait, mais il me manque un poil de simplicité.

Pour moi, la poésie est "simple" en ce sens qu'elle met l'esprit analytique en court-circuit. Il n'y a pas besoin de lui pour comprendre (enfin, de façon sensible, si la sensibilité est le mode de compréhension du corps) le poème. Cela dit, lorsqu'on le relit, qu'on y applique l'intelligence et que l'on cherche à voir ce qu'il y a au fond de l'impression que l'on a reçue, je suis navrée lorsque l'on ne trouve rien. Je veux qu'il y ait une surface et une profondeur. Je suis consciente que certains lecteurs s'arrêtent en surface, mais j'imagine que l'on finit toujours par produire – en tout cas, vouloir produire – des choses que l'on aimerait lire. Enfin, tu dis lire du trop conscient et du trop intellectuel. J'aimerais savoir si tu as vraiment perçu le poème en ces termes. Pour ma part, j'ai voulu restituer une impression, précieuse et précise, et la transmettre en passant par-delà l'intellect. Mon poème est loin d'être explicatif à mes yeux. Ton sentiment n'est-il pas né de la lecture de ma réponse, et non du poème lui-même ? C'est un point très important pour moi.

SirMK a écrit:
Comme le dit très bien : Donaco : c'est parfait. Mais cette perfection me donne un goût de classique. Tu parles de Mozart : c'est typiquement un compositeur que je peux pas me piffer, parce que c'est hyper académique, je ne trouve pas que ça exprime vraiment les tréfonds de Mozart lui-même.

Tu sembles ne pas aimer les formes classiques. Je ne sais pas si mon poème est un défenseur d'une forme classique en raison du fait qu'il s'agit à peu près d'un sonnet, ou un pourfendeur du classique parce qu'il ne s'agit pas tout à fait d'un sonnet. Je ne me suis pas spécialement positionnée comme ça. J'aime le jeu sonore et les rimes, j'aime adapter la forme au rythme désiré, j'ai simplement donné dans ces deux goûts.

Je suis en total désaccord sur Mozart ! Je n'apprécie pas plus que ça le bon Mozart, tout en reconnaissant son génie, mais dire académique un compositeur révolutionnaire à ce point, c'est mal lui rendre justice. Il a bouleversé l'opéra. Sa personnalité traverse toute son œuvre. "Mozart a su, avec Idoménée et la Clémence de Titus, arracher le vieil opera seria à l'académisme et à l'ennui et, avec ses deux singspiel, a créé, on peut le dire ainsi, l'opéra allemand. L'homme était particulièrement attachant et les valeurs qu'il a défendues durant sa vie se reflètent avec fidélité dans son œuvre" (Brecque). On sent un jeune homme enjoué, fiévreux, génial, trouvant des variations subtiles, réhabilitant des accords contre-intuitifs, saturant l'auditoire d'un excès de notes, d'une vivacité toute nouvelle. Je suis très étonnée de ton jugement !

SirMK a écrit:
Je ne doute pas que tu as exprimé des choses personnelles dans ton poème. Mais je ne reçois pas tout, j'ai pas ce dialogue, j'ai comme une frontière entre moi qui lis un poème très beau et l'auteur dans sa posture d'écriture en proie à des émotions. Je vois un bel objet trop soigné pour être humain Smile

Et ça, c'est purement subjectif, j'aime la poésie "roots".

Cela m'intéresse beaucoup ! Je n'en suis pas sûre, mais j'ai l'impression que l'on a deux conceptions différentes de l'art. Pour toi, l'art est immanent, l'humain trouve en lui des sentiments dont la valeur vient justement du fait qu'il les ressent. Pour moi, l'art est transcendant, l'humain trouve ailleurs quelque chose dont la valeur vient du fait qu'elle l'élève. Est-ce que tu jugerais plus authentique une colère, un amour fou, une haine, un désir ? Pour moi, les sentiments sont du théâtre, et l'authenticité se trouve au-delà, dans une vision d'ailleurs. Je n'écris pas pour déverser des émotions humaines, mais simplement pour donner forme à des visions, des intuitions, très précieuses pour moi. J'aimerais beaucoup poursuivre la discussion sur le sujet, peut-être en messages privés, si tu veux bien m'expliquer tout ce que recouvre, pour toi, la "poésie roots".

Merci de ta lecture et de ces questionnements stimulants !
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SirMK
Modérateur


Inscrit le: 18 Oct 2007
Messages: 1 659

MessagePosté le: 08/02/2017 22:03:38    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Pour le point ortho, j'avais mal lu, tu as raison.

"Enfin, tu dis lire du trop conscient et du trop intellectuel. J'aimerais savoir si tu as vraiment perçu le poème en ces termes. Pour ma part, j'ai voulu restituer une impression, précieuse et précise, et la transmettre en passant par-delà l'intellect."
Les mots. Ca vient simplement des mots utilisés qui, parfois, m'évoquent rien parce qu'ils ne font pas sens dans ma sensibilité. Et j'ai des mots comme ça qui me bloquent, des postures de créateur et des manières d'envisager les choses qui ne me parlent pas. Malheureusement, comme tu le dis, on a deux conceptions différentes. Pas sur le fait de transcendance ou autre. Je pense que la poésie doit faire prendre du recul. Mais je l'envisage sous quelque chose de spontané - certains termes me sont trop délicats pour être spontanés.

Si c'est stimulant, alors c'est le principal Very Happy

Je te mp pour te dire ce que je signifie par la poésie des tripes Wink
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Donaco
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Inscrit le: 22 Oct 2015
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MessagePosté le: 08/02/2017 22:23:36    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Ah ben non Smirk ! Flûte ! On suit, nous !
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SirMK
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Messages: 1 659

MessagePosté le: 08/02/2017 22:33:58    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Tu veux que je mette le message ?
Il est long Surprised

Bon eh bien, à la demande personnelle Wink

"Avant d'expliquer ce que j'aime en poésie, petit explicatif.
J'ai beaucoup baigné dans le romantisme, j'ai adoré écrire à la manière des grands de ce style. Mais plus ça va, plus le côté délicat et sophistiqué me gonfle. C'est juste que j'aime quand ça frappe simplement, mais sous la ligne de flottaison : quand un mot qui semble rien comme ça vient justement piquer là où il faut.
Quand ça vient du fond du coeur - ou du fond des viscères.

Finalement, j'aime ce qui est assez instantané, dans le sens où ce que perçoivent le corps et l'esprit au moment même où vient l'émotion. En d'autres termes : capter le moment où la roche fracasse la surface de l'eau, et les réactions directes qu'il y a derrière.

Pourquoi j'aime ça ? Parce que plusieurs textes qui m'ont fait vibrer à fond proviennent de cette volonté d'exprimer : Nerval a simplement écrit certaines de ses phases de rêverie. En roman, un livre qui m'a bouleversé, c'est La Faculté des rêves de Sara Stridsberg. L'écriture y est si simple, mais tellement riche en images. C'est typiquement "ça", le "roots" pour moi : ça a l'air de rien, ça semble hyper naturel, ça capte le fracas direct.
Cet amour du puissant, ça vient du Metal. A l'époque de ma fascination pour le romantisme, j'étais plus Metal très mélodique voire opératique. Ca m'a vite gavé car c'est très artificiel, ils font de l'académique. sans doute sont-ils sincères en rejouant du Mozart, Bach ou Vivaldi (bien que Bach et Vivaldi, je trouve ça magnifique et ça me parle !), mais j'ai l'impression de voir des musiciens jouer, pas des hommes et des femmes s'exprimer vraiment. Ca, je le retrouve dans le Blues des origines. Pas le Blues académique, plutôt le Blues tâché de Rock qu'on retrouve dans certains bars ouverts, où des personnes se saisissent d'instruments pour jouer un buff, et là ils s'expriment à fond.
Niveau Metal, c'est le Death metal qui joue à fond le roots. Tout y est dans le paroxysme : si ça joue vite, c'est débridé. Si ça joue lent, avec un accent Blues, ça sera très pesant. Si c'est mélodique, ça sera poignant. Et le chant guttural ou crié apporte ce côté qui vient du fond de tout ce que le corps endure. Le meilleur exemple (auquel je veux rendre un hommage), c'est l'album "The Sound of Perseverance" de Death. Evidemment, c'est pas une musique accessible, mais il suffit d'écouter le titre "The Voice of the Soul" qui est une ballade sans parole, un vrai moment de musique : https://www.youtube.com/watch?v=j3OPOYG6XIQ
Et à côté, tu vas avoir ça : https://www.youtube.com/watch?v=N4Ypa4iC_4E
Ou ça : http://avosplumes.clicforum.fr/privmsg.php?mode=post&u=2496

Cet album est pour moi le sommet musical : à la fois hargneux, direct, mais tout en étant élégant sans trop en faire, avec de vrais moments de musique.
Des choses simples, directes mais agencées à la bonne place. En déco, ce serait prendre n'importe quel meuble, pas forcément le top de l'épuré ou de l'art design, mais bien les placer pour quelque chose d'agréable et confortable.

Voilà pourquoi, je pense, on ne voit pas les choses de la même façon Wink"

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Prascovie
Plume de Quetzal


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MessagePosté le: 14/02/2017 20:04:49    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

SirMK a écrit:
J'ai beaucoup baigné dans le romantisme, j'ai adoré écrire à la manière des grands de ce style. Mais plus ça va, plus le côté délicat et sophistiqué me gonfle.

Je n'ai jamais beaucoup apprécié le romantisme ; en revanche, je vois bien la parenté qu'il a avec cette idée de l'expression de soi.

SirMK a écrit:
Quand ça vient du fond du coeur - ou du fond des viscères.

C'est tout à fait l'impression que j'avais. Tu trouves sans doute authentique et humain le poème en forme de cri. Pour moi, si je reprends la métaphore de mon sonnet, l'au-delà laisse une empreinte sur nous, si ténue et d'un tel prix pourtant que l'on veut dessiner l'image de l'être qui l'a laissée. Le poème est comme un écrin, qu'un esprit, qui n'est pas le nôtre, habitera, s'il est réussi, à la manière d'un temple antique visité par le dieu. Le poème est la tentative de donner de la visibilité à cet au-delà par nature invisible, et de procéder, si possible, à la levée du voile : en bonne étymologie, l'apocalypse. Il n'y a rien d'humain dans le poème, et s'il m'enthousiasme, c'est parce qu'il se situe aux frontières de l'homme, à son origine, en ses tréfonds. Jamais sur le point de contact de la conscience et du présent, que l'on nomme la réalité, mais sur le point de contact d'une infra-conscience, un instinct, ou d'une supra-conscience, une vision, avec ce qui ne peut être atteint autrement que par le langage. Ma poésie ne vient jamais du fond des viscères. Je ne sais même pas si j'en ai. Je n'ai pas spécialement de cri à pousser. Je ne veux pas m'exprimer moi-même. Je souhaite exprimer la chose que je cherche, et la trouver dans le poème, en l'écrivant.

En somme, la poésie de l'expression trouve en soi-même un matériau, mais s'y limite, et la poésie de l'exploration revient de l'au-delà, mais se condamne, en revenant, à une forme d'hermétisme. Enfin, j'imagine que l'on peut trouver toute une gamme de nuances sur l'éventail de ces extrêmes ; sans m'y arrêter davantage, je te remercie encore une fois d'avoir discuté de ce sujet !
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SirMK
Modérateur


Inscrit le: 18 Oct 2007
Messages: 1 659

MessagePosté le: 14/02/2017 20:20:07    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

"Ma poésie ne vient jamais du fond des viscères. Je ne sais même pas si j'en ai. Je n'ai pas spécialement de cri à pousser. Je ne veux pas m'exprimer moi-même. Je souhaite exprimer la chose que je cherche, et la trouver dans le poème, en l'écrivant."

Chacun son principe, c'est justement la diversité qui fait le sel de la poésie.
De mon point de vue, j'ai tenté d'approcher le sublime, d'aller vers quelque chose qui nous dépasse - capter la transcendance. Le problème est que, finalement, j'en suis venu à penser que des choses nous sont hélas inaccessibles et que c'est plus par l'appréciation et l'observation d'éléments qu'on vit qu'on arrive à voir autre chose.
Partir de soi (du fond de ses tripes) pour y trouver quelque chose d'insoupçonné.
Death était clairement dans cette optiques : leur musique était de base hyper brute (Scream Bloody Gore reste un délire d'ado autour de thèmes horrifiques) et la formule a évolué vers l'humain, l'homme et ses limites. Un morceau comme "The Voice of the Soul" montre cette évolution : en partant du roots, de quelque chose de très sensible, on parvient à y trouver autre chose - ce que chacun voudra voir, en somme - et qui dépasse son auteur.

La posture d'auteur, après, dépendra de tout un chacun ; il n'y a pas de bonne ou mauvaise direction Wink
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Prascovie
Plume de Quetzal


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MessagePosté le: 14/02/2017 20:42:30    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Bien d'accord sur la diversité : c'est la fin de discussion bateau, mais sans compter son utilité statistique (en tentant trois chemins, la poésie est plus susceptible d'accoucher de prodiges qu'en se confinant dans son impasse), elle est nécessaire, et bien maniaque qui voudrait fabriquer des poètes tous pareils, bien naïf celui qui penserait pouvoir y parvenir, bien meurtrier celui qui réussirait.

Mon sonnet, dans sa conception, rentre tout à fait dans la nouvelle façon que tu as d'exprimer ton point de vue sur la poésie, moins les tripes : sans être végétarienne, j'ai un problème avec l'excès de viande. Enfin la posture est, pour moi, impliquée par le projet, par ma personnalité. La disposition d'esprit du chercheur reste un peu particulière, et, parmi les gens que je côtoie, je fais bien la différence entre ceux qui, face à quelque chose qu'ils ignorent, soit s'imaginent qu'ils savent déjà, soit se convainquent qu'ils n'ont nul besoin de savoir, et ceux qui, face à la même obscurité, se lancent dans l'aventure de l'exploration du mystère. Il s'agit de tempéraments très différents. J'aime mieux les poètes laborieux, même si je ne crache pas sur une lampée de Rimbaud. Quand tu dis qu'en fin de compte, chacun lira ce qu'il voudra lire et verra ce qu'il voudra voir, je ne souscris qu'à moitié : c'est effectivement la pratique, et personne ne peut l'empêcher. Les interprétations sont susceptibles d'enrichir le texte. Mais si mon projet est d'aller fouiller l'au-delà pour rapporter quelque chose de mon voyage, je ne veux pas que ce quelque chose éteigne sa singularité dans la multiplicité des interprétations. Ce serait, dans mon idée, une escroquerie sur la marchandise, et moi, je n'aurais pas trouvé ce que je cherche en écrivant. Voilà pourquoi la profondeur du texte est toujours solide, et les reflets moirés de la surface en sont le chatoiement sensible. Je veux rentrer dans le poème comme on entre en religion.
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SirMK
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MessagePosté le: 14/02/2017 21:11:30    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

"Mon sonnet, dans sa conception, rentre tout à fait dans la nouvelle façon que tu as d'exprimer ton point de vue sur la poésie, moins les tripes : sans être végétarienne, j'ai un problème avec l'excès de viande."

Je te rassure, je mange très peu de viande Wink Je préfère des légumes bien cuisinés !
J'aime simplement ce qui communique "de corps à corps", j'y trouve une vibration puissante (et c'est ce que j'ai voulu faire dans le dernier recueil).

Ce que j'ai exprimé ici, d'une autre façon, c'est l'étayage de mes expériences et de pourquoi j'aime ce que j'aime. Mon but est simple : faut que ça parte de façon instantanée, capter l'émotion, et que ce soit transmis avec, si possible, la même fulgurance que j'ai reçue (pour que ce soit vibrant, organique). Après, je laisse ouvert et, après relecture, il m'arrive de modifier pour ajouter d'autres voies. Car, ce qui me plaît, ce sont les ouvertures possibles, que le lecteur joue (parce que les rencontres au hasard et fortuites, c'est ce qui fait le sel de certains instants de vie).

Je comprends très bien lorsque tu parles "d'entrer en religion", c'est clairement comme ça que j'ai compris tes explications, avec la spiritualité et la posture du lecteur que tu désignes.
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Orcus
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MessagePosté le: 16/02/2017 17:11:07    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Le rapport qu’entretient ton explication de texte avec ton poème rappelle celui qui unit les ingrédients d’une recette avec le produit fini. Le résultat est d’une autre nature que la somme des parties. C’est le propre de l’art d’extraire d’une expérience ce qu’elle a d’universel et de déconstruire la réalité pour la rendre plus compréhensible.
Vouloir faire le chemin inverse est impossible. Ton explication est en phase avec ton poème, mais d’autres explications seraient tout aussi plausibles. Et quel intérêt y aurait-il à vouloir manger les ingrédients d’une recette séparément ?
Reste l’intérêt pédagogique. On ouvre le capot et l’on comprend pourquoi la voiture va vite. Si l’on s’y connaît un peu en mécanique…
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Prascovie
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MessagePosté le: 16/02/2017 19:30:48    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Tu lances sans doute un débat intéressant sur le rapport à l'art. Je ne sais pas si c'est le lieu : je pense qu'il est plus indiqué, sur ce fil, de lire et de commenter le poème. Enfin tu m'as déjà fait le coup, si j'ose dire, de lancer, sans commenter le texte, un commentaire sur mon commentaire, dans les textes constructifs. Je vois que tu n'aimes pas me voir développer. Mais mon idée de la discussion constructive ne s'accorde pas avec deux lignes sous un texte, et j'aimerais la garder. Je suis bien contente des discussions sur ce forum.

Orcus a écrit:
Le rapport qu’entretient ton explication de texte avec ton poème rappelle celui qui unit les ingrédients d’une recette avec le produit fini. Le résultat est d’une autre nature que la somme des parties. C’est le propre de l’art d’extraire d’une expérience ce qu’elle a d’universel et de déconstruire la réalité pour la rendre plus compréhensible.

La recette est un énoncé qui permet de produire un plat. Je ne pense pas qu'une explication d'un poème permette de le fabriquer. Il n'y a là aucune méthode de fabrication d'un sonnet, ni de quoi que ce soit. Le poème est irréductible à la pensée qui l'a fait naître, et si ce n'était pas le cas, nous n'écririons aucun poème, et nous nous contenterions de délivrer le contenu, une autre forme étant plus compréhensible et plus appropriée. Je pense plutôt que le poème rend une réalité plus sensible, et que l'on s'intéresse à son explication lorsque l'on veut formuler l'indicible qu'il contient. Tout le monde n'est pas si curieux de le faire : en premier lieu le lecteur resté insensible en lisant le poème, en second lieu le lecteur réfugié dans l'idée qu'un poème est sans profondeur (qu'il n'est qu'une surface projective sur laquelle le lecteur rêve en interprétant tout comme il l'entend), enfin le lecteur habitué à lire et s'en aller (les gens stationnent en moyenne six secondes devant une œuvre d'art). Je me doute bien que l'explication ne t'intéresse pas, si tu dis :

Orcus a écrit:
Vouloir faire le chemin inverse est impossible. Ton explication est en phase avec ton poème, mais d’autres explications seraient tout aussi plausibles. Et quel intérêt y aurait-il à vouloir manger les ingrédients d’une recette séparément ?

Mais on peut tout à fait faire le chemin inverse, et partir du poème en direction de l'explication. C'est le travail du lecteur, lorsqu'il se lance dans une analyse, et lorsque je suis devant un tableau, devant un sonnet, devant un mystère, en premier lieu j'en profite en m'exposant à l'œuvre, en la ressentant le mieux possible, et, lorsque je suis irradiée (si l'œuvre est sans intérêt, j'en ressors indemne), je réfléchis sur l'œuvre et sa conception, sur la source de mon trouble, et je m'enquiers, si besoin, de l'avis de son concepteur, de l'avis d'un spécialiste de l'œuvre, et je médite longuement sur le tout. Cela me prend plus de six secondes, mais si cela m'intéresse et me fascine, je ne compte pas m'en priver.

J'ajoute qu'aucune autre explication n'est plus en phase avec la genèse du poème, et qu'il n'est pas question de plausibilité. On ne se questionne pas, lorsque l'on voit Guernica, sur la plausibilité qu'un esprit puisse en accoucher. On se demande pourquoi, et on étudie le cubisme, et l'histoire de la guerre civile espagnole, et la vie de Picasso. L'explication n'est pas une interprétation. L'interprétation n'est pas ce que je ressens sur le coup, mais le sens que je donne à l'œuvre, en méditant le temps qu'il faut, en me renseignant comme il faut.

Donneras-tu ton avis sur le poème ?
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Orcus
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MessagePosté le: 16/02/2017 22:35:07    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Non. Il m'a plu en première lecture, il ne m’a pas déplu en seconde, mais je ne sais pas, comme toi, expliquer le pourquoi des choses. Je les ressens confusément et cela me suffit.
Je m’abstiens en général de commenter les textes, sauf ceux du JPH, par courtoisie. Écrire, c’est une chose, commenter, c’en est une autre. Certains sont très doués pour cela, et ce ne sont pas nécessairement les plus doués en écriture. Il faut, me semble-t-il, une forme d’esprit différente, très analytique, et les outils qui vont avec et que l’on apprend lorsque l’on a fait des études littéraires, ce qui n’est pas mon cas.
Bref, si c’est pour dire que j’aime ou que je n’aime pas, cela ne présente pas beaucoup d’intérêt. Et de toutes les formes d’écriture que je connais, la poésie est celle que je maîtrise et que j’aime le moins.
Cela ne m’empêche pas d’y jeter un œil de temps en temps et d’apprécier un texte comme je pourrais être interpellé par un tableau sans nécessairement pouvoir en faire l’exégèse.
Quant à t’empêcher de développer, tu erres. J’aime m’instruire, et si je me suis arrêté sur ce texte, c’est que j’avais apprécié ce que j’avais lu de toi, en particulier tes commentaires. Même si, parfois, ils placent la barre si haut que j’en ai un torticolis.
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Prascovie
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MessagePosté le: 16/02/2017 23:35:29    Sujet du message: Le Reflux Répondre en citant

Orcus a écrit:
Non. Il m'a plu en première lecture, il ne m’a pas déplu en seconde, mais je ne sais pas, comme toi, expliquer le pourquoi des choses. Je les ressens confusément et cela me suffit.

À moi non. Je ne me vois pas stagner deux minutes devant la Joconde et me dire en la quittant que j'ai ressenti confusément quelque chose et que je n'ai rien à trouver au-delà. Je conçois que l'on puisse avoir cette pratique de l'art, mais j'aurais du mal à l'adopter, davantage encore à la conseiller. Je préférerais que mes futurs enfants fassent le contraire, en fait. De mon côté, comme je me pique moi-même d'écrire, je ne peux pas me dispenser de me questionner sur l'écriture et le sens de ce que je fais. Quant aux études littéraires, si elles sont d'un certain secours, pas mal de gens sont passés par là, qui n'en retirent nul bénéfice dans leur approche de l'art, quand d'autres s'en sont dispensés, qui les mènent de manière différente, et parfois sans plus de mal. Le tout, me semble-t-il, demeure de ne pas se détacher de toute réflexion sur la littérature et l'écriture, sans quoi l'on se condamne à des productions surfaites.

Orcus a écrit:
Je m’abstiens en général de commenter les textes, sauf ceux du JPH, par courtoisie.

Orcus a écrit:
Bref, si c’est pour dire que j’aime ou que je n’aime pas, cela ne présente pas beaucoup d’intérêt.

Je pensais pourtant que c'était le principe du forum, que de commenter les textes. Ceci dit, je suis d'accord : faire l'éloge et blâmer restent deux opérations sentimentales qui n'ont pas grand-chose à voir avec la critique. Il demeure curieux d'intervenir dans le fil des commentaires d'un texte et de ne pas commenter le texte, mais les commentaires.

Orcus a écrit:
Quant à t’empêcher de développer, tu erres.

Tant mieux. Tu admettras sûrement, tout de même, qu'en disant, d'une ligne et sous un commentaire en cinquante minutes, que ledit commentaire est inutile et contre-productif, puisqu'il découragera l'auteur, tu prends l'air d'épauler ton bazooka, et de tirer sur tout ce qui ressemble à la réflexion critique et à l'envie d'aider.

Ravie de m'être trompée.
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MessagePosté le: 20/09/2017 04:53:30    Sujet du message: Le Reflux

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