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Cœur à cœur

 
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Lili
Plume de Garuda


Inscrit le: 27 Oct 2015
Messages: 306

MessagePosté le: 11/06/2017 15:10:51    Sujet du message: Cœur à cœur Répondre en citant

Cœur à cœur

Au travers des carreaux, le premier soleil du printemps inonde la véranda. Le thermomètre affiche trente degrés. Elle est allongée, en maillot de bain, sur son vieux lit devenu trop petit. Elle aime étendre son corps, Lucie, offrir sa peau aux rayons, la sentir s’étrécir, s’alanguir. Sa chair, glisse lentement, vers un bien-être avancé, sur l’arrivée du printemps gagné. Bronzer ? Pensez-vous ! On ne bronze pas dans une véranda. Lucie s’offre une autre quête. Sa tête, évaporée, vit des moments exaltés. Elle aime s’étendre, entre les deux polochons servant d’accoudoirs. L’odeur de crin monte du matelas, c’est toute son enfance, tous ses souvenirs. Le support magique de ses rêves. Devenu trop court, il est remisé là, en secours, parce qu’elle ne se résigne pas à se séparer de ses nuits d’enfance enchantée. Jamais l’esthétique moderne ou le confort de sa nouvelle couche n'apportera ce parfum de souvenir dans sa bouche.

Lucie pense à Léo. Un garçon, habillé de façon recherchée, doit savoir, les filles déshabiller, pièce par pièce, avec une douceur emplie d'une tendresse inégalée. Il doit être galant, plein d’attentions, glissant doucement les mains dans mon cou, je le sens, il enquête. Cette agréable investigation, d’un froissement léger, emporte ma liquette. Une envolée de corps sage où de doucereuses lèvres cherchent un délicat épiderme et trouvent l’intime de mon âme. Des chuchotements qui font s’exprimer mon corps. Brûlant ma peau, je veux des doigts fougueux, je veux trembler d’émoi. Être polie comme un joyau sous les mains de l’orfèvre. Emplie de moments heureux, tous bien à moi.

Un doigt timide, glisse dans mon dos, dessine un paysage à fleur de peau, comme un tatouage. La bouche frôle mon ventre, y exprimant les mots qu’elle souhaite, sans attendre de réponse évidente. La chaleur inonde mon corps, je bous de cette moiteur intense que procure une joie immense. Corps à corps, je fonds dans des bras m’emportant, cœur à cœur, dans le feu extraordinaire d’un incendie volontaire.

Fendue, la jupe enroulée à la taille offre une ouverture pour ses mains graciles. Mes jambes s’étirent sous les sollicitations malhabiles. Plus rien n'existe, plus aucun espace ne nous sépare. Effarouchée par tant de contradictoires pensées, j’aime cette plénitude, rompant net avec la réserve de mes habitudes. Le sentiment de garder cette chaleur pour un long temps, me remplit d’un besoin de certitude. Enveloppée de murmures et de mots charmants, la jupe en portefeuille ne cachant plus mes secrets printemps, glissant avec la douce et aérienne légèreté de la chute d’une feuille hésitante a cédé le passage.

Je prends conscience de la situation, je suis serrée dans les bras doucereux d’un garçon. En bobettes, ce rempart est des plus sérieux, toutefois un bastion de protection bien illusoire, contre les tendres attaques montant à l’assaut des sentiments. Sur le lit, allongée dans les toiles, ma pudeur protégée, je n’attends que toi. Serrée contre une accueillante épaule, alanguie, j’oublie mes angoisses, prête à sortir de l’enfance. J’ai poussé le premier cri d’éveil de ma vie.

Entre les draps froissés, tire-bouchonnés par nos ébats maladroits, j’avoue, j’ai attendu trop longtemps avant de prendre le chemin des doigts câlins. J’arrache, sans un mot, le lien ténu qui me rattache à la pudeur indécente de l’adolescente. Je brave le feu de ma chair et le feu de l’enfer. Apaisée, assouvie, lovée je reste là, épuisée, assoiffée, pleine d’espérance, le cœur heureux d’un avenir somptueux.

— Lucie, habille-toi, je te ramène chez toi.

Je m’exécute, surprise de cette brutale demande rompant le charme d’un instant que je pensais interminable. Prise d’un doute, dans la voiture, je questionne Léo :

— Tu reviendras demain, comme convenu ?
— Demain, je ne peux pas, je regarde le match de foot avec Mat et ses trois copines. Je te ferai signe !

Je retombe sur terre, en un instant, je mesure la dualité des garçons. Oubliant toute prudence, telle une furie je me jette sur le conducteur comme une harpie. Brutalement, c’est le trou noir, la chute, l’accident.

Je me démène, je rampe, horrifiée, cherchant à me repérer. La voiture doit être écrasée, je peux à peine bouger. On va venir nous aider. Un silence total règne autour de nous. Avec la scoumoune qui me colle aux basques, c’est certain, il n’y a personne dans ce trou ! Nous sommes sur une route de campagne déserte, qui sait où ! Je cherche Léo, je tâte, je l’appelle. Je m’affole, peut-être ai-je tué Léo. Je crie de toutes mes forces afin de donner l’alerte.
— Au secours… au secours…
J’entends du bruit.Une main soulève les Airbags éclatés qui obstruent la lumière. Nous sommes sauvés !

— Lucie, que fais-tu sous ton vieux lit ? Tu es bien agitée. Inutile de hurler, si tu as trop chaud, entre à l’ombre dans la maison !

Lili
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Dernière édition par Lili le 17/06/2017 13:26:41; édité 1 fois
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MessagePosté le: 11/06/2017 15:10:51    Sujet du message: Publicité

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Camille Elaraki
Plume de Quetzal


Inscrit le: 08 Avr 2017
Messages: 27

MessagePosté le: 17/06/2017 08:46:23    Sujet du message: Cœur à cœur Répondre en citant

J'aime bien la chute, la façon dont tu alternes entre le "tu" et le "il" et les images que tu introduis dans ton texte, "un paysage à fleur de peau" par exemple.

Par contre, je trouve qu'il y a beaucoup d'adjectifs qui alourdissent le texte sans y apporter grand chose ("carreaux transparents"), et que quelques expressions tombent dans le convenu:"la dualité des garçons".

Donc en bref je pense que tu devrais le retravailler, parce qu'il y a du potentiel Wink
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Lili
Plume de Garuda


Inscrit le: 27 Oct 2015
Messages: 306

MessagePosté le: 17/06/2017 13:43:29    Sujet du message: Cœur à cœur Répondre en citant

Tu as raison, toutefois je n’ai pas discerné de surplus à l’écoute.

Effectivement, la littérature comporte, en moyenne, 13,2 % d’adjectifs.
La moyenne journalistique est de 12,2. Mon texte 18,1 %.

Est-ce exagéré ? je ne saurais le dire. Parfois c’est dû à la recherche d’une assonance.
J’applique la littératie comme l’on me l’a enseignée. À cela, tu ajoutes ma crainte d'être mal comprise.

Merci, cela me permet de mesurer mes défauts et mes tocs d'écriture.
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MessagePosté le: 28/06/2017 01:08:08    Sujet du message: Cœur à cœur

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