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Les Chroniques de MentA

 
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andre48
Plume de Calao


Inscrit le: 07 Mai 2017
Messages: 64

MessagePosté le: 11/05/2018 08:17:31    Sujet du message: Les Chroniques de MentA Répondre en citant

Ch 6 - Rêveries

Le système d’IA nommé MentA étudie Robert, un retraité français. Son amie Zoé l’a incité à se doter d’un I-Double et a adopter une libellule, micro-drone connecté à MentA.


Cela faisait bien trois semaines que Robert n’avait pas vue Zoé. À midi, il reçut son message : « je passerai demain vers cinq heures, pour le thé. ». Il était sûr qu’elle lui demanderait ce qu’il avait fait pendant tout ce temps. En cherchant bien, il finit par se rappeler de son dernier rêve spécial, « lui parler d’un rêve, ça peut l’amuser ». Il jeta quelques mots sur son ordi : tigre, lumière, sauts, salle de spectacle... Pour que le texte puisse intéresser Zoé, il devait l’enjoliver, en faire une petite histoire.
Il commença par se servir un cognac, puis il laissa flotter son imagination. En deux heures, il avait en tête quelques phrases à assembler. Après son souper il ouvrit son traitement de texte. Une heure après, il disposait d’un premier jet. En fin de nuit, le rêve revint, se compléta,à son réveil, il savait comment l’améliorer.
---

Quand Zoé entra, elle lui tendit un petit paquet.
« Salut, j’ai pris des macarons, comment va Max ?
— Bien, elle m’apprivoise.
— Ça t’occupe un peu, quoi de neuf ? »
Elle voulait toujours du nouveau, lui, à son âge, ça devenait difficile. Évidemment, si on a les moyens de faire partie de la jet-set, c’est plus simple. On a divers sujets de conversation : un aller-retour à Sydney pour entendre Aïda, l’achat d’un pied-à-terre à Londres, la chasse au lion en Afrique… ou, il serait devenu président honoraire d’une association, genre Écologie et Équité…
Heureusement que Robert avait bossé son histoire de tigre, il put se lancer :
« J’ai fait un rêve.
— Comme Martin Luther King ?
— Non, comme un gamin, j’ai pris le temps de l’écrire.
— C’est nouveau ?
— Rêver, non ; en faire une petite histoire, oui.
— C’est sur quoi ?
— J’ai rêvé d’un tigre volant, dans une salle de spectacle, je l’ai appelé Leon.
— Je peux le lire ?
— Euh, il y a certainement des trucs à améliorer.
— Max t’a aidé ?
— Pas du tout. »
Elle parcourut le texte, tout en sirotant son thé.
---

Léon le Tigre
Le vieux théâtre finissait de se remplir. Le présentateur, tout en marchant devant le rideau rouge de la scène, répétait inlassablement le texte affiché à l’entrée.
« Première partie inoubliable, depuis le haut de la salle,
Léon le Tigre bondira sur des spectateurs. Vous ne risquez rien, arrivé sur vous il pèsera moins qu’un petit chat, qu’une peluche, qu’une plume. Il doit arriver dans vos bras.
N’ayez pas peur, restez confiant ».
Les spectateurs s’installaient en hésitant : être près des allées pour fuir en cas d’urgence, ou au milieu de la foule… stratégie, stratégie. Sceptiques, ils ne croyaient pas que Léon pût passer d’un coup de son poids de grand fauve à celui d’un chaton. Les enfants, impatients, escaladaient les genoux de leurs parents. Ils le voulaient sur eux pour le caresser. Les mères inquiètes tentaient vainement de les mettre fermement à l’abri dans leurs bras.
L’attente fut interminable. Puis, d’un seul coup, les lumières s’éteignirent, prenant la salle par surprise. Le brouhaha devint un chuchotement ténu, teinté d’inquiétude. Comme au cirque, un fort roulement de tambour, et, dans un cercle de lumière blanche, Léon apparut. Magnifique. Il déambula en se déhanchant, roulant des épaules sur l’air de la Panthère rose.
Puis, une musique forte, rythmée, bien en cadence, il fit quelques bonds sur place, rugit de façon effrayante. À à la vitesse de l’éclair il parcourut en tous sens la salle. C’était un numéro bien rodé, une chorégraphie associant parfaitement lumière, sons, gestuelle.
Ce tigre en totale liberté liquéfiait les spectateurs. Léon savait bien jouer avec les nerfs de ses clients. Il rugit à la figure de quelques-uns, leur donna des coups de patte dans le vide, leur fit de gros clins d’œil. Il choisissait avec soin ses partenaires d’un soir. Un vieux monsieur adipeux succédait à une jeune fille magnifique, un mec tatoué à un couple de petits retraités. Il devenait complice et câlin ou bruyant et agressif…
Puis l’artiste devint sérieux. Il se figea quelques secondes pour être parfait sur le grand écran et permettre à chacun de prendre d’excellentes photos. Il réussit aussi à faire sentir son haleine à nombre de spectateurs. C’était un animal féroce, effrayant et aussi un gros chat qui ronronnait et faisait des cabrioles.
Il devint sérieux. Léon chauffeur de salle, laissa la place à l’artiste. Tout en haut, dans son rond de lumière, lentement il s’accroupit, caché à la vue de la plupart des spectateurs. D’un coup, en diagonale, dans un arc coloré, il fit un bond de plus de vingt mètres et atterrit sur un couple de petits vieux impassibles. Dans leurs bras, sur le dos, il quémanda des caresses sous le menton, avant de leur donner un gros coup de langue. Souriant, il les quitta nonchalamment. La foule debout applaudit. D’une démarche tout en souplesse il regagna le haut du théâtre.
La lumière le poursuivit lors de sa deuxième performance. Il fit un genre de looping et plana une fraction de seconde, sur le dos, toutes pattes écartées, pour arriver sur les genoux de trois jeunes enfants ravis. La salle lui fut tout acquise, dans les ovations, il continua pitreries et cabotinages. Idole des enfants, il faisait de moins en moins peur.
Le troisième bond, fut incroyable, tout en tournoyant et rugissant, il visa une femme qui se serrait contre un homme en costume jaune. Le couple affolé se jeta à terre dans l’allée et Léon s’écrasa sur leurs fauteuils.
Un bruit sourd et étouffé de grosse caisse retentit. Tous comprirent de suite que le fait de ne pas avoir été accueilli lui avait laissé tout son poids. La foule en ébullition siffla, hua le couple qui dut s’éclipser.
Léon sortit lentement, en boitant, les bras appuyés sur les épaules de deux malabars. Tournant la tête, il fit des petits signes de la patte, des sourires à ses fans. Le présentateur, réussit vite à reprendre la foule en main et annonça le spectacle principal.
Dans les coulisses, l’imprésario de Léon le félicita.
« Bravo, avec la sono parfaitement synchro, même moi j’ai cru que tu pesais une tonne.
— Ne parle pas de malheur, heureusement que je suis léger comme une plume, sinon comment faire de tels bonds.
— C’était bien ce soir, mais on doit varier le final…
— Je pourrais tomber sur une côte de bœuf placée sur le devant de la scène … dit Léon.
— Ou faire semblant de me dévorer, plaisanta l’imprésario.
— Pourquoi pas, c’est très plausible, après tout je suis légèrement féroce. »
---

Elle l’encouragea, « C’est bien, c’est original.
— Ça m’a bien occupé, je fais souvent des rêves sympas.
— Écris les et demande à Max de vérifier ton français.
— J’ai aussi lu le Maître des rêves de Roger Zelazny, un jour on y arrivera.
— À quoi, Bob.
— À créer, assembler, stocker, utiliser les rêves. Peut-être comme dans ce livre, à les faire vivre à une autre personne… »
Elle resta muette, comme nous elle connaissait ce livre.
Bob venait d’affleurer le projet RêveStock.



_________________
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Dernière édition par andre48 le 05/07/2018 07:36:18; édité 5 fois
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MessagePosté le: 11/05/2018 08:17:31    Sujet du message: Publicité

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jeeves
Plume de Griffon


Inscrit le: 30 Aoû 2012
Messages: 1 788

MessagePosté le: 16/05/2018 07:51:43    Sujet du message: Les Chroniques de MentA Répondre en citant

Pour moi, la seule réflexion après lecture est : Ensuite...Que va-t'il arriver ?

Je ne connais pas "Le maître des rêves" mais je vais essayer de le trouver à la bibliothèque car je pense que la clé de ton texte s'y trouve ?
Je suppose qu'il ne fait pas partie des Princes d'Ambre.
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andre48
Plume de Calao


Inscrit le: 07 Mai 2017
Messages: 64

MessagePosté le: 16/05/2018 10:21:03    Sujet du message: Les Chroniques de MentA Répondre en citant

Bonjour Jeeves.
Le maître des rêves est un livre qui ne fait partie d’une série.
Je l’ai découvert après avoir commencé à écrire mes chroniques de MentA (je ne me sens pas capable d’écrire un roman).
Si tu ne le trouves pas, je peux te l’envoyer en epub : gouyneau.ac@gmail.com
Je souhaite écrire une vingtaine de chapitre avant un dénouement.
Bonne journée
_________________
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MessagePosté le: 17/08/2018 17:44:35    Sujet du message: Les Chroniques de MentA

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