A vos plumes ! Index du ForumA vos plumes !
Forum littéraire, qu'on se le dise !

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Les textes

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    A vos plumes ! Index du Forum -> Jeux de plumes -> Le jeu presqu'hebdomadaire -> Jeu 271
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
tobermory
Administrateur


Inscrit le: 06 Juin 2007
Messages: 7 747

MessagePosté le: 14/05/2018 13:34:38    Sujet du message: Les textes Répondre en citant

A la recherche du talent perdu

Athènes ; - 714 avant J.-C

Cette nuit-là la température avait chuté, la lune éclairait son éxomide débraillée qui commençait a partir en lambeau, trouée çà et là. Marcellus Proustos au gré de ses pérégrinations sur l’acropole était glacée jusqu’aux os. Donnant à sa pâle figure d’ancien esclave, le teint bleuâtre d’un cadavre sur pieds. Depuis trois jours maintenant, toute la cité d’Athènes entendait ses plaintes délirantes.

- Ô Tyché, qu’ai-je dont fait de si mal pour que vous me punissiez ainsi ? N’ai-je pas mérité d’être affranchi et de gouter aux bonheurs simples du mortel ?

La colère de Marcellus semblait intarissable et faisait gronder le parthenon ou il mendiait sa pitance depuis que son maître lui avait rendu sa liberté. Aucun destin ne fut plus cynique que le sien…

Il était fils de nobles et n’était pas promis à autre chose qu’à une existence faite d’opulence. Seulement, il devint orphelin à l’âge de cinq ans suite à la mort accidentelle de ses parents et fut par un hasard forcené vendu au marché d’esclave et troqua par la même son devenir de noble aisé et celui de misérable, dans l’indigence absolue.
Cependant Marcellus Proustos avait gagné sa liberté ! Oui il avait loyalement gagné sa liberté.
Cela faisait un an et six jours qu’il avait élu domicile au pied du parthenon dans une cache discrète faite de quelques morceaux de bois pour le protéger du vent et d’un monceau de paille qui lui servait de lit de fortune. il alternait irrémédiablement au désespoir du crépuscule, l’espérance d’une aube emplie de promesse.

Or peu après le commencement des panathénées, cette majestueuse cérémonie religieuse, dans laquelle Proustos plaçait beaucoup d’espoir dans sa quête perpétuelle d’une obole satisfaisante, celui-ci avait croisé un noble faste et vertueux qui avait reconnu en lui raconte-t-on, comme une intuition, les traits d’un fils de noble. Aussi lui fit-il un don que Marcellus considéra avec dédain. Ce noble lui offrait une statuette d’argile représentant Zeus, dieu des dieux !

- Je n’ai que faire d’une statuette, est-ce ainsi que ceux de mon sang traitent les leurs ?

il n’en pu plus après ces trois jours d’errement, fou de rage il jeta la statuette à terre qui se brisa laissant échapper un disque scintillant. Il se pencha prudemment et ramassa l’objet de sa convoitise. Il s’agissait bel et bien d’un talent d’or. Alors Marcellus Proustos pris conscience qu’il avait en sa possession un talent cachée.

On raconte que le noble à la statuette d’argile loin de toute mansuétude avait simplement perdu un talent qu’il avait cherché vainement et qui avait finit dans la figurine non par hasard mais par les main habile de la facétieuse et juste Tyché déesse du destin des hommes sur terre.
On raconte également que Marcellus Proustos, grâce à ce talent, était devenu un grand poète dont les vers chantent encore en olympe le courage et la persévérance d’un homme qui décide d’être plus fort que sa condition.

Charlie

Le rideau n’est pas tiré, pas tiré, le rideau, pourquoi le rideau n’est pas tiré, le rideau en bas, près de la fenêtre, les livres on les voit on ne doit pas voir les livres...
Perché sur la plus haute marche de l’escalier, tétanisé comme s’il avait vu le diable, Charlie attend, inquiet, muet, les yeux rivés sur l’étagère où sont entassés pêle-mêle des livres menaçants tandis qu’autour de la table, en silence, le reste de la famille petit-déjeune à l’arrache avant de vaquer à ses occupations. Le père s’énerve.
– Que quelqu’un ferme ce foutu rideau !
L’un des frères se lève et d’une main rageuse fait claquer le rideau sur la tringle.
– Quel gogol !
Sa mère le foudroie du regard, il baisse les yeux. Alors seulement Charlie descend. Une marche, deux marches... Il remonte d’une marche, se dandine, évite un nœud dans le bois et compte mécaniquement le nombre de miettes sur la table avant de reprendre sa progression en évitant de regarder le motif du carrelage. Et l’étagère, bien sûr. Un jour, il est resté une matinée à contempler le dos des livres, incapable de bouger, perdu dans le grain du cuir et les défauts du lettrage. Sa mère le guide.
– Assieds-toi. En face du bol rouge. Les céréales sont dedans.
Charlie s’installe. En face du bol rouge. Toujours à la même place, les yeux baissés. Les yeux, ça change tout le temps, la lumière qui joue dans l’iris, insupportable. Assourdissant. Il regarde le lait, plutôt, ces milliers de gouttelettes qui tombent en cascade dans le bol et qu’il a le temps de compter comme s’il les voyait à travers un prisme. Le lait, ça va. Le père se lève.
– Dépêche-toi, je t’emmène à la banque, aujourd’hui.
Il a été prévenu, on le lui a répété cent fois, c’est prévu, un jour par semaine, il accompagne son père au bureau, une petite agence familiale où tout le monde le connaît.
– Vendredi...
Sa mère le rassure.
– Oui, vendredi. Tu sais que le vendredi tu vas avec Papa à la banque.
– La banque...
Autour de lui on s’agite avec retenue, l’habitude. Pas trop de bruit, sinon il se bouche les oreilles. Horripilant. Les grands prennent le bus, les petits rejoignent leur école à pied, dissimulés sous leur cartable.
– On y va.
Ou pas. Charlie se lève de table quand la grande aiguille de l’horloge rejoint le chiffre 12, jamais avant. Il est huit heures moins une. Trop tôt. Le temps s’étire mollement comme du chewing-gum, il en profite pour explorer les méandres d’une toile d’araignée. Puis, quand l’aiguille se cale sur le bon chiffre d’un claquement sec qu’il est le seul à entendre, il se lève. Sort. Monte dans la voiture. Un quart d’heure de trajet qu’il passe à compter les passants. Gauche, droite, rien ne lui échappe, tout est consigné.
À la banque, c’est la vedette. « Bonjour, Charlie », « Oh ! Charlie ». On simule des high fives, surtout ne pas le toucher ni le dévisager avec trop d’insistance. Il s’installe dans un coin où on lui a préparé une pile de billets, des dizaines et des dizaines. Parfois, il travaille même en direct devant le client. Fascinant. Il prend le billet d’une main experte et le compare à l’image eidétique qu’il a dans la tête. Pixel par pixel, les ombres, les reliefs, l’hologramme. S’il dépose le billet à sa gauche, c’est qu’il est faux. On ne vérifie jamais. Son visage se transfigure, il sourit, immergé dans l’immensité du paysage imprimé qui s’ouvre à lui. Alors tout devient compréhensible et bienveillant.

Octobre bleu

La rampe de projecteurs grésille, un accord de piano jazz suspend un instant le brouhaha de la petite assemblée assise dans la pénombre. Soudain une pulsation stroboscopique déchire l’épais brouillard de fumée, de petites étincelles bleutées scintillent et se rapprochent. Un tonnerre d’applaudissements monte puis éclate : Mishka plonge dans le faisceau blanc frénétique.


La cale C56 était le rendez-vous improvisé du vendredi soir pour les équipages en escale. Mishka appréciait cette ambiance fraternelle où le mot camarade gardait encore un sens profond. Bières et vodka y coulaient à flots, les marins chantaient et racontaient leurs escapades dans les ports du vaste monde. Mishka, lui écoutait et reprenait de sa voix ardente les refrains des chansons. Il voyageait ainsi en rêve avec les marins, longeant des plages paradisiaques au crépuscule, respirant les parfums du matin sur les marchés exotiques, caressant du bout des doigts toutes ces filles sublimes vêtues de tenues flamboyantes. Andreï, le lieutenant de vaisseau lui disait souvent qu’un jour il lui en ramènerait une de Macao ou même de Paris, il lui répétait aussi « la chenille se transformera en papillon ». Mishka lui renvoyait un clin d’œil un brin désabusé sans savoir si le capitaine évoquait son vieux sous-marin ou s’il décelait en lui quelques talents enfouis sous son épais blindage.


Dans les chantiers navals de Vladivostok, rafistoler les sous marins atomiques ou les âmes brisées était pour Mishka une seule et même vocation, souder l’acier ou les gens donnait du sens à sa terne existence. Mais comment décoller quand on a pour métier de précisément joindre de lourdes plaques de métal, ses histoires sans mots le laissaient souvent en cale-sèche. Ce n’était pas tant que la sorcière Baba-Yaga se soit penchée sur son berceau, il avait toujours été un bon élément, sans histoire justement mais il lui semblait simplement attendre son heure bleue.


Ce vendredi l’équipage du Typhoon était particulièrement joyeux et les embrassades à la russe s’éternisaient se transformant volontiers en danse d’ours. Andreï fit signe à l’équipage de s’approcher à sa table, il sortit d’un grand sac avec une lenteur toute orchestrée, une étoffe si fluide qu’elle ondulait comme une houle légère. Il tendit à Mishka une magnifique robe de soirée d’un bleu électrique iridescent, des brodures de strass dessinaient des immenses ailes dans le dos. Le capitaine attrapa fermement le regard du mécano et jeta comme une paire de dès : Un bâton de rouge à lèvres, un tube de mascara et une perruque blonde bon-marché.
Les camarades se tordirent de rire, sifflant et minant des mains le fameux quatre-vingt-dix, soixante, quatre-vingt-dix.
Andreï avait tenu parole, à sa façon certes mais cela comptait énormément pour Mishka qui souffla un long baiser de la main balayant tous les marins hilares avant de s’éloigner avec son attirail roulant outrageusement des hanches.


Il ne ressentait aucun trac, une sensation d’évidence l’envahit, son blindage avait littéralement fondu et des ailes immenses se déployaient dans son dos.


La lumière aveuglante, Mishka ne la connaissait que trop bien, sous son masque de protection, ce crépitement, ces étincelles au bout de son pistolet de soudage. Ce soir l’arc c’était lui, cette énergie bleue qui danse sur le pont et il avait tant d’histoires à raconter.

EUDERBE

— À cette vision si terrible, la jeune fille tomba d’effroi. Tout son être se glaçait d’épouvante. Quelle horreur !


Les corps pendus à des crochets comme de vulgaires carcasses de bœufs, écorchés et saignés jusqu’à la moindre goutte de sang, se balançaient doucement, au rythme de la brise entrée par la meurtrière, en courant d’air avec la porte laissée ouverte. Ces corps dépecés, aux viscères putrides, répandaient l’odeur fétide de la mort au son des chaînes, sinistres et rouillées qui les maintenaient là, tête en bas, pieds en l’air.


C’est alors qu’un bruit terrible résonna dans le château.
Les vantaux de chêne ! Il était là, il était revenu !
Elle entendit sa voix :
— Princesse Euderbe ? Où êtes-vous ? tonna le maître des lieux.


Ses mots résonnèrent sous la haute voûte de la pièce, enchâssée dans la troisième tourelle, démultipliés par l’écho du granit.


Son cœur bondit dans sa poitrine. Tel un gibier, affolée, elle scruta la pièce de bout en bout, ne voyant aucune issue, implorant le ciel de venir à son secours. Si seulement on avait le signal ! Mais là-haut, tout là-haut, perchée sur l’échauguette, la mince silhouette de sa sœur ne faisait aucun signe.


Les pas, inexorablement, montaient l’escalier. Il montait !
Elle sentait déjà l’odeur de son cuir, de son vin. Un goût de sang se mêlait à sa propre salive : sensation olfactive qui lui venait de ce lieu immonde.


— Euderbe ? rugit le monstre. Tu es là-haut, hein ? Perfide !


Ce dernier mot éclata en morceaux sous les voûtes, traînant en longueur dans un sillage de vocifération et de rage mêlées.
Elle allait mourir !


Un sanglot inhumain déchira sa poitrine. Si jeune... et déjà périr sous la main d'un tyran cruel, d'un assassin sadique, un scélérat, un violeur, un tueur d'enfants qui les embrochait pour les rôtir, vivants ! ...


L'instinct de survie lui fit claquer la porte. Un gros tonneau, niché dans un coin... Elle s'y adossa énergiquement et avec la frénésie que donne l'ultime espoir de continuer à vivre, réussit à le mouvoir et à le placer devant la serrure. Un remugle fort et poisseux en émanait. Le maître buvait le sang de ses victimes...


L’ogre tambourina à la porte.
— Ouvre, vermine !


Elle se tut. Le monstre tira sa rapière. Sa lame tranchante, affûtée comme un couperet, ébranla la porte dans un fracas assourdissant.
La jeune fille hurla de terreur.
Ses cris redoublèrent lorsqu’elle vit la pointe de l’épée surgir de son côté, élargissant à coups hargneux, l’estafilade que l’arme venait de tailler dans le bois.


— Tu l’auras cherché ! hurla le monstre, sûr de son avancée.


Grandjean fit alors une pause.
Ménagea son auditoire pour mieux l’éprouver. Fixant l’assemblée d’un regard circulaire et brusquement, son poing s’abattit sur la table avec la force d'un hachoir à viande.


Tous hurlèrent en même temps.
Mais il y eut aussitôt un grand rire partagé.


— La suite, tout le monde la connaît, n’est-ce pas ? lança Grandjean dans une œillade enthousiaste. Ça marchait du feu de dieu ! Jamais il n'aurait cru !
— Oui ! répondit-on à la cantonade.
— Racontons-la ensemble ! reprit Grandjean. Avec moi !
Et se levant, prenant une mine désespérée, le haut du corps en avant, les bras tendus, il déclama dans un cri larmoyant :


— Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?



— Il est vraiment doué ! dit le conservateur des Arts et Patrimoine.
— Oui ! Et c’est sa première expérience de conteur, répondit son assistant.
— Embauchons-le ! Pour animer le festival des Traditions Orales du canton, il sera parfait !

Comptine

Ce fut en pleine réunion que Régis comprit enfin qu’il possédait un talent pour la poésie. Tout commença par une comptine, un de ces petit poèmes saugrenus mais riches en rythme et en rime et qui ravissent les enfants.

Régis était assis à la grande table du Conseil d’Administration de la société avec une quinzaine d’autres membres. Tous portaient costume-cravate et les visages affichaient le sérieux austère qui sied à ce genre de réunion. On n'était là ni pour rire ni pour rêver. On avait des décisions à prendre, du dégraissage à envisager et des mesures d’optimisation fiscale à définir. Les interventions des uns et des autres bourdonnaient du lexique de la finance, cliquetaient de chiffres, de séries de chiffres qui s’emboitaient les unes dans les autres pour produire d’autres chiffres dans un carrousel sans fin.

Régis avait les mêmes préoccupations que ses collègues, utilisait un vocabulaire identique et donnait tout autant l’ impression d’un homme raisonnable, les pieds sur terre et la tête dans le CAC. Mais il se trouva qu’un rayon de soleil vint se poser devant lui éclairant de biais le bois sombre de la table dont il fit ressortit les lignes et les minuscules reliefs. Tout un paysage avec ses chemins, ses vallées et ses montagnes. Une porte s’ouvrit dans la mémoire de Régis. Les années s’abolirent et le déposèrent dans un instant précis. Il était l’écolier à son pupitre, s’évadant dans la contemplation des dessins du bois tandis que la maîtresse faisait lire une comptine à un autre élève.

Une voix tonitruante vint heurter ses oreilles. C’était le PDG qui évoquait les dettes de la société et lui demandait son avis. Dans son cerveau les deux mondes se superposaient, la salle de classe à celle de la réunion, la maîtresse au Président, la comptine aux comptes et à la dette. Dette, dette…
Il se leva et improvisa :
« Odette a fait des dettes
C’est ça qui l’embête
Mais Odette
N’est pas une andouillette
D’un coup de balayette
Elle envoie la dette
Sous la carpette. »

Silence dans la pièce. Les regards effarés bombardèrent Régis. Durant le reste de la réunion, on ne lui posa plus de questions, on ne lui adressa plus la parole. Il devait être fatigué, disait-on, il ferait bien de prendre des vacances. Qui sait, il est peut-être au bord du burnout ou alors il fait de la sénilité précoce.
Tandis qu’il rentrait chez lui au volant de sa BMW, la comptine repassait en boucle dans sa tête, puis ce furent d’autres mots qui vinrent le solliciter, danser pour lui, s’attirer, se repousser, s’embrasser, se héler, se répondre, chanter ou crier ensemble. Il était tellement occupé à ce spectacle intérieur qu’il ne prêtait plus attention à son itinéraire et s’aperçut qu’il roulait dans un quartier inconnu. Sur le trottoir un jeune homme s’agitait dans un rap effréné ; autour de lui une douzaine de garçons et filles tapaient dans leurs mains. Régis s’arrêta, descendit de la BM et se dirigea vers le groupe. Sa tenue souleva une onde d’hostilité. Pourtant quand il se mit à scander ses mots de la voix et du corps on ne tarda pas à l’applaudir. Quand il eut fini, les garçons lui donnèrent l’accolade, les filles lui sourirent.

C’était comme une seconde naissance, tellement plus prometteuse que la première. Sa muse si longtemps muselée s’épanouissait, elle allait rattraper le temps perdu, toutes ces années passées à égrener des chiffres gangrèneurs d’esprit, à entretenir des rouages broyeurs de vie, de joie et de poésie.
_________________
Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement (G. K. Chesterton)
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 14/05/2018 13:34:38    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    A vos plumes ! Index du Forum -> Jeux de plumes -> Le jeu presqu'hebdomadaire -> Jeu 271 Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com