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Les Chroniques de MentA - 8

 
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andre48
Plume de Calao


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Messages: 62

MessagePosté le: 05/07/2018 04:34:42    Sujet du message: Les Chroniques de MentA - 8 Répondre en citant

Ch8 - Le projet RêveStock

Alan est le concepteur des libellules– micro-drone IA – l’une d’elles -Max- équipe Robert Dunant. Elle est la secrétaire, la confidente de ce retraité qui vit seul à Orléans. Zoé, petite-fille d’un couple d’amis, le rencontre souvent Elle préfère l’appeler par le diminutif Bob, « plus sympa ».

La diffusion mondiale des Libellules- des micro-drones - assure à son concepteur Alan des revenus plus que confortables. Elles assistent quantité d’humains et sont les yeux et les oreilles de son système d’IA : MentA. Il se consacre maintenant au projet RêveStock : récolter, stocker, étudier les rêves de ses semblables et pouvoir un jour les faire rêver à volonté. Cette dimension un peu magique de l’imaginaire et du rêve manque encore à l’IA. Il y a déjà longtemps que par imagerie cérébrale on avait pu savoir à peu près à quoi rêve un dormeur. Une vague forme d’automobile, oui, mais quelle marque, quel modèle ? Pour chaque rêve, seul le sujet est capable de renseigner le scientifique.
Les ordinateurs quantiques dévorent presque instantanément des masses de données inimaginables. Le but ultime est de modéliser nos 14 milliards de neurones, chacun pouvant se connecter avec 25000 autres.
Il convient de rendre accessibles au moins une partie des 128.000 rêves et cauchemars de chaque vie humaine. Alan a recruté quelques rêveurs lucides parmi les étudiants du MIT de Boston. Là, existe depuis des décennies un des meilleurs écosystèmes pour la robotique, les androïdes et la recherche sur le cerveau.
Les rêveurs lucides peuvent diriger à volonté le cours de leurs rêves. Si lors de leur sommeil une personne les poursuit dans la rue, ils s’échappent en planant au-dessus de la ville. Envie de vacances ? Ils se retrouvent à Venise, en Islande, sur un anneau de Saturne…
La nuit, les rêves aident à mémoriser, à résoudre des problèmes... Notre cerveau lance nombre de simulations et se fait du cinéma…. Rêver de lever un bras muscle ce bras, sans qu’il bouge ! Bien des inventions, des tableaux, des poèmes, de la musique… en résultent. Pour Alan, la maîtrise des rêves est le progrès scientifique qui ouvrirait toutes les perspectives : santé physique et mentale, éducation, divertissement… et un moyen supplémentaire de manipulation les masses.
Sur son site participatif RêveStock, particuliers et scientifiques partagent expériences et connaissances, des masses de données oniriques s’y accumulaient sans cesse.
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Les chercheurs réussissent à insuffler des embryons de rêves pour lancer le dormeur vers un sujet précis. Le faire rêver selon un scénario très détaillé n’est pas encore envisageable. Salle 23, dans un des scanners du MIT, Megan, une jeune étudiante dort tranquillement. Elle fait des rêves lucides depuis l’âge de sept ans.
Pour deux cents dollars de l’heure, la jeune femme accepte le bonnet à électrodes, l’analyse faciale et se soumet à la réception de diverses ondes magnétiques et sonores. Les spécialistes ont déjà réussi à recréer des images approximatives de quelques courtes séquences de ses rêves. Aujourd’hui elle doit rêver sur commande. Les images et signaux injectés dans son cerveau vont la faire sauter en parachute dans un massif montagneux.
Dans le labo, Brian, le responsable de l’expérience, regarde les écrans où scintillent des courbes de quatre couleurs et l’image du cerveau avec quelques zones colorées fluctuantes. Deux assistants guettent, le sommeil de Megan. Brian donne le top pour les enregistreurs.
« C’est parti.
— Le programme parachute & montagnes 1.00 est lancé. !
— Aucun mouvement du corps.
— Les zones cérébrales actives se modifient.
— Dans dix minutes on la réveille, ordonna le chef.
Toute l’équipe se concentre, les chiffres en rouge du compteur défilent. Un bip résonne enfin.
— Stop, réveil du sujet »
Une assistante éveille l’étudiante en douceur. Une technicienne la débarrasse de son bonnet et autres connexions, une main l’invite à s’assoir sur le bord su lit.
L’équipe est impatiente. Megan commence son récit.
« J’suis en Europe avec des amies. On parle de nos projets de vacances, puis, on décide d’aller dans un restaurant. Après environ quatre kilomètres, on arrête la caisse devant une ferme. On pousse une porte à petits carreaux. La salle est rustique avec trois longues tables en bois, des bancs, au plafond pendent des lustres en cuivre. Les haut-parleurs couinent, certainement de la zic irlandais. On hésite à s’asseoir. Le mec au bar nous remarque enfin, il change la musique, pas les lustres.
On prend tous la formule pizza et bière. On se tape quelques barres, surtout quand ma copine Zyda nous raconte ses problèmes avec son canard. Top résume, c’est cool : la bouffe est bonne, la bière aussi et on peut s’y ambiancer facile.
J’paye trente-cinq euros et on s’arrache. On part vers la campagne, vers un petit aérodrome. Il n’y a qu’un seul petit zinc, un jeune pilote est là, blouson choc, rebanes, il est trop mignon.
« Vos amis vous offrent un saut en parachute. » j’dis OK, il me met un parachute sur le dos et m’aide à monter. Quand les maisons sont devenues grosses comme des boîtes d’allumettes, il me dit « saute ».
Le vent est froid, le bruit de l’avion s’éloigne, c’est partout la campagne, avec quelques villages et des cimetières. C’est mon premier saut, d’instinct j’écarte les bras et les jambes comme j’l’ai vu à la télé. C’est trop sensass ! Une légère secousse et tout se ralentit, plus de vent, le silence et je descend entourée d’oiseaux. Près du sol, je plie les jambes et boule à terre,. Mes amies me félicitent et … »
Brian n’en peut plus de ce récit, il la presse.
« Des montagnes, as-tu vu des montagnes ?
— Non pas du tout, des champs, la plaine.
— Même dans l’avion, quand tu te jettes dans le vide ?
— Non, pas de montagnes.
— Réussite à 50%, c’est correct pour un début, affirme Brian un peu déçu.
— Je n’ai pas encore tout décrit en détail. La serveuse est en tenue Bavaroise, avec deux grosses tresses blondes, j’ai choisi une bière blanche à seulement 2,5°, sur la note, la TVA est à 21%, l’avion est blanc, la queue rouge, le pilote …
— Megan, c’est bon, tu nous écris tout ça dans ton rapport.
— J’ai raté quelque chose d’important ?
— Non, mais, les montagnes, tu aurais dû les voir lors de ton saut en parachute. »
Megan hocha la tête, elle veut écrire vite fait son rapport. Puis, ils l’interrogeraient de nouveau, seulement après viendra le virement tant attendu. Elle les salue de la main et partit, légère et insouciante.
Dans l’équipe, les remarques fusérent.
« Avec elle, c’est détails sur détails, c’est grosse tranche de vie assurée.
— Elle va nous en sortir onze pages bien tassées.
— Heureusement que son rêve n’a duré que trois minutes !
— Je vous rappelle que rêver quelques minutes peut donner l’illusion de vivre toute une journée, voire plus, précise Brian.
— Vous avez vu, chez Megan, c’est récurrent, quel que soit le rêve, elle se précipite pour manger dans un restaurant.
— Stop, dit Brian, on doit revoir la technique pour qu’elle puisse voit nos montagnes. »
Alan lit le compte-rendu et réfléchit. Il note : « pas des montagnes en général. Ce doit être une montagne précise : Mont Blanc, Kilimandjaro, Mont Fuji... une image connue, précise, que chacun a en tête. Après, quand cela sera acquis, les montagnes seront programmées en cristal, flottantes, mouvantes… »
En France, son équipe Senior33 étudie consciencieusement son cobaye Robert Dunant, doté d’une libellule qu’il appelle Max. Son soudain engouement pour les rêves permet de l’inclure dans le projet RêveStock. À Boston c’est Megan, à Orléans ce sera Robert. Il voit les deux bouts de la chaîne ; une toute jeune femme moderne, pétillante et un ancêtre à cheval sur les deux siècles. Il lance un texto à Max : « svp incite Robert à participer à RêveStock. Son amie Zoé doit pouvoir le convaincre /asap/ Alan. »
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_________________
Vraiment riche est celui qui porte dans son âme plus de rêves que la réalité n’en peut détruire”. Hans Kruppa
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MessagePosté le: 05/07/2018 04:34:42    Sujet du message: Publicité

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